Ce documentaire est un reportage
sur la structure d'un caisson de viaduc. Merci à monsieur Lecomte
pour l'autorisation de publication. Ce viaduc n'est pas nommé pour
des raisons de préservation du patrimoine. Il n'est pas utile que
des dizaines de personnes s'y rendent dans le but d'y boire une canette
de bière. De toute façon, que ce soit à Millau ou
le Jules Verne d'Amiens, la structure est quasiment la même. Il
y a deux grandes catégories de techniques mises en oeuvres, les
viaducs à caissons métalliques et ceux à caissons
béton précontraint ; les deux catégories se déclinent
en viaduc à hauban, à arc, les bow-string, etc. Nous présentons
ici ceux en acier avec dalle participante. Le but de cette page est de
faire comprendre de manière simple la structure d'un grand ouvrage
d'art : un viaduc à caisson, tout en se focalisant sur le caisson,
la partie la moins connue du public.
Vous
pouvez écouter l'ambiance sonore de ce lieu ci-dessous, en cinq
enregistrements sonores semblables. Si cela se ressemble beaucoup (piochez
au hasard), vous découvrirez que cette ambiance de vrombissements
et de chocs est celle d'une certaine violence. Vu la vitesse des véhicules,
les contacts se trouvent augmentés de manière exponentielle.
Le bruit est tel, le bourdonnement intense de basses est si prenant, que
la plupart des enregistrements sont saturés.
Qu'est-ce
qu'un viaduc ?
D'après Wikipedia, un viaduc est
un ouvrage d'art routier ou ferroviaire qui franchit une vallée,
une rivière, un bras de mer ou tout autre obstacle et qui présente
une hauteur ou une longueur, plus grande que celle qu'exigerait la seule
traversée de la rivière ou de la voie à franchir.
Une confusion est souvent faite avec le mot « pont ». On parle
de pont et de ses viaducs d'accès. Néanmoins une extension
s'est faite dans le temps de la notion de « viaduc » à
tout ouvrage ayant un grand nombre de travées. Ainsi certains ouvrages
peuvent avoir deux dénominations on parle de pont de l'île
d'Oléron mais aussi de viaduc d'Oléron.
Est-ce
qu'un viaduc est plein ? Non. Les viaducs sont tous
creux, que ce soit à grande ou petite échelle. Il y a des
vides dans les piliers, qu'on appelle des piles. Il y a des vides dans
les goulottes quand c'est de petits espaces horizontaux dans lesquels
passent des câbles. Il y a des vides dans les grands espaces horizontaux,
qui sont les caissons. On parle beaucoup de caissons ici, parce que c'est
ce qui est représenté sur les photos. Le but est de montrer
ce que peu de gens connaissent : un viaduc c'est creux.
Un caisson ou une pile seraient pleins, ça pèserait des
millions de tonnes. Ca serait très coûteux en achat de matériaux,
en mise en oeuvre, ce serait immensément lourd. Faire des structures
creuses permet de s'affranchir de ces problèmes.
A quoi sont utilisés ces vides ? Principalement à la circulation
d'un être humain, pour vérifier s'il y a de la fissuration
ou de la déformation, éventuellement au passage d'un robot
équipé d'une caméra, bien que ça soit plus
rare. C'est donc pour cela que dans une pile, on trouve des échelles.
Dans les caissons, on trouve une foule de choses : des canalisations d'évacuation
des eaux de pluie, des boîtiers électriques pour l'éclairage,
une alarme, etc.
Est-ce que vous pouvez visiter un caisson ? Non, ce n'est pas fait pour.
Seuls des techniciens des directions des routes et des autoroutes peuvent
y aller. Pour se prémunir des tags et autres dégradations,
les caissons sont équipés d'alarmes aux portes de culées,
ce sont des alarmes de contact. Un dispatching qui tourne 24/24, est prévenu
si une porte est ouverte.
Pourquoi
fabrique-t'on un caisson ? C'est une grande question,
toute la page en parle ! Un pont se constitue d'un grand nombre d'éléments.
On a tout d'abord un tablier. C'est en quelque sorte la couche de roulement
sur laquelle roulent les voitures, même si en réalité
le mot tablier concerne toute la dalle horizontale constituant la base
de roulement des véhicules. Les piliers sont comme on l'a dit des
piles. Le tablier repose sur les piles. Entre le tablier et les piles,
il y a une couche d'élastomère, un caoutchouc à très
haute résistance, qui absorbe les déformations, ce qui évite
que les piles encaissent un nombre important de chocs et de vibrations.
Ce sont des amortisseurs. Sous le tablier, on place un ou deux caissons.
Pourquoi fait-on ça ? La réponse va être très
simple. Prenez une feuille de papier et pliez là en quatre, de
manière à faire un petit immeuble. Vous la disposez verticalement,
donc comme pour faire une tour d'appartement. Maintenant, essayez de l'écraser.
Vous allez remarquer que la feuille résiste vaillamment avant d'être
aplatie. Imaginez maintenant que cette feuille soit en plaques d'acier
très épaisses... Un caisson, c'est un élément
de raidisseur. Ca permet de durcir la structure du pont.
L'intérieur d'un
caisson.
Les
bracons A l’extérieur du caisson,
on voit assez souvent des pièces métalliques qui ressemblent
à de grosses tiges. Ce sont des barres qui partent du bas du caisson,
vers l’extrémité du tablier. Ce sont en quelque sorte des
pièces de soutènement, depuis un axe central, les pièces
tiennent les extrémités du tablier. Ces éléments
s’appellent des bracons. L'emploi de ces pièces métalliques
permet d'alléger de 30 % la dalle supérieure du tablier
en béton. Le caisson central peut être ramené à
un tiers contre deux tiers pour les encorbellements latéraux. L’utilisation
de bracons comme soutènement permet donc :
-De diminuer la largeur de caisson.
-De soutenir le tablier par un système
de poutrelles enchevêtrées légères.
-D’éviter du poids de matériau
à mettre en œuvre et à porter, ce qui implique donc une
structure plus facile à mettre en œuvre.
Les bracons sont des pièces
qui subissent de la compression et surtout des efforts de flexion. Imaginez
la barre utilisée lors d’un saut à la perche, lorsqu’elle
se tord, c’est de la flexion. Ces bracons peuvent aussi bien être
en métal qu’en béton. S’ils sont en béton, ils ont
tendance à être monumentaux et placés longitudinalement
(viaduc de la Grande Ravine). Dans le cas de notre ouvrage, ils sont en
métal, tubulaires, et placés latéralement. S'ils
sont placés longitudinalement, on a tendance à les dénommer
des béquilles.
Les fissures typiques du cisaillement sont
à 45 degrés. Cela s'observe sur du béton, ce qui
n'est pas notre cas puisque nous sommes en acier. L'intérêt
des pièces d'acier, c'est qu'elles peuvent subir une certaine déformation
sans aller directement à la fin de service. Les ouvrages sont sur-dimensionnés
dans le but de se prémunir des déformations et des ruptures.
Si cela peut paraître un peu compliqué, on peut conclure
que les bracons ont pour but de soutenir les bords des tabliers.
Le
tablier De manière simplifiée
mais juste, c'est la dalle horizontale sur laquelle roulent les voitures.
Cette dalle est constituée d'une certaine épaisseur de béton.
Cette dalle est renforcée par une structure métallique,
elle s'appelle alors une dalle orthotrope. A l'intérieur du béton,
on place une surarmature en plaques d'aciers spéciaux, qui forment
des trapèzes. Cette armature permet de renforcer la dalle au niveau
des efforts de cisaillement et de traction. Le béton est quant
à lui excellent en matière de compression. La dalle de béton
est recouverte de plusieurs couches d'enrobés hydrocarbonés
(en principe trois), ou d'une seule à haute performance. Ce sont
des enrobés spéciaux, qui sont drainants et qui surtout
ont une capacité à absorber les déformations. On
calcule la déformation du pont dans ce qu'on appelle en résistance
des matériaux les règles neige et vent. Les enrobés
sont fabriqués à la centrale en fonction des contraintes.
Cela peut être un RMB, un spiltmastixasphalt, etc.
Les tabliers sont posés
par travées. Une travée, c’est un bloc entre deux piles.
C’est pour ça que lorsqu’on roule sur un viaduc, on a des joints
dans la voirie, ce sont les joints de dilatation qui sont situés
soit aux culées soit aux jonctions de tabliers. Un tablier est
posé soit par grutage, soit par lançage. Le lancement d’un
tablier de viaduc est l’une des opérations les plus délicates.
Les tabliers peuvent peser 36.000 tonnes (viaduc de Millau par exemple)
et sont à placer au millimètre près. Le tablier est
lancé grâce à des translateurs, qui sont de véritables
muscles d’acier. Le tablier se retrouve suspendu dans le vide, parfois
à plus de cent mètres de hauteur. Le translateur doit lever
le tablier de 2cm. Ensuite, le translateur doit pousser le tablier, cela
se fait par portions de 600mm, chaque opération dure environ 4
minutes. Le translateur repose le tablier sur la pile, le bout est retenu
par un avant-bec et d’un pylône avec haubans. Pour des viaducs de
grande dimension, le placement peut prendre 3000 cycles de poussée.
A un moment précis, le tablier est suspendu dans le vide sans sa
pile, c’est très impressionnant. Dans notre cas, les tabliers ont
été lancés, soutenus par des mats de levage. Le caisson
a été monté en premier, les encorbellements ensuite,
la dalle orthotrope en dernier. Il y a six travées existantes dont
la plus longue fait 150 mètres. La technique de montage utilisée
donnait lieu à des déformations importantes de l'ouvrage
dues au poids propre. Dès lors, il a été nécessaire
de prévoir le montage du pont sur des appuis provisoires, plus
haut. Après l'assemblage, l'ouvrage a été abaissé
au moyen de vérins.
Les dalles de béton
d'un tablier sont en éléments précontraints. Le béton
possède des propriétés mécaniques intéressantes
en compression alors que la résistance en traction est limitée
et provoque rapidement sa fissuration et sa rupture. La précontrainte
consiste à tendre les aciers constituant les armatures du béton,
et donc à comprimer, au repos, ce dernier. Ainsi, lorsque la structure
est sollicitée, ces armatures s'allongent et le béton a
tendance à se décompresser sans toutefois se mettre en traction,
puisqu'il était déjà en partie comprimé. Selon
que cette tension appliquée aux armatures (appelé câble
de pré-contrainte ou toron de pré-contrainte) est effectuée
avant la prise complète du béton ou postérieurement
à celle-ci, on distingue la précontrainte par pré-tension
et la précontrainte par post-tension.
La dalle orthotrope possède
donc, comme nous l’avons vu, des encorbellements, soutenus par des bracons.
La dalle orthotrope a été assemblée par soudure,
les assemblages des âmes des caissons, de la semelle inférieure,
des raidisseurs et des plats à bulbe ont été réalisés
par boulons à haute résistance. La dalle de béton
a une épaisseur de 25 centimètres, recouverte d'une couche
d'enrobés, dite couche de roulement, de faible épaisseur.
Ces enrobés, dans les meilleurs des cas, sont des enrobés
à module élevé (EME et BBME). Ce genre de bitume
peut s'appeler une orthochape si elle est de grande performance.
Un matériau est dit
orthotrope s'il a deux plans de symétrie de comportement mécanique.
A l'intérieur de la dalle en béton se trouve une structure
métallique. Le tablier comporte des plaques portantes en acier
raidies, soit longitudinalement, soit transversalement, voire dans les
deux directions. Cette structure permet au tablier de reprendre directement
les charges de trafic, tout en participant à la capacité
portante et à la résistance globale du pont. La dalle orthotrope
peut être autoportante, posée sur une grille de traverses
et longerons, ou sur un treillis d'entretoises et de raidisseurs. Les
éléments raidisseurs jouent plusieurs rôles à
la fois : ils améliorent la résistance de la dalle à
la flexion en reprenant le poinçonnement des charges localisées
qui sont redistribuées dans les raidisseurs principaux. Ils augmentent
aussi la section résistante d’acier dans l’épaisseur de
la dalle, ce qui accroît naturellement la capacité portante
en flexion du tablier.
Vous pouvez vous amuser avec
une
dalle orthotrope ici (tant qu'à faire, autant que ça
soit ludique !)
Le
caisson De manière simplifiée,
le caisson est un raidisseur. Il intervient essentiellement afin de contrer
les efforts de flexion, plus précisément de fléchissement
ou de flambement. Il agit aussi dans les efforts de torsion, dans les
cas de grands vents. Ce sont des effets dynamiques qui ont déjà
démoli des viaducs, le pont sur le détroit de Tacoma le
7 novembre 1940 par exemple, entré en résonance.
Le caisson fait 9 mètres de
largeur. C’est en fait un double demi-caisson soudé en son centre.
L’âme du caisson n’est pas inclinée. L’intrados du viaduc
est rectiligne. Par contre, on note sur les photos une certaine courbure
des poutres du caisson au niveau du toit. En effet, les deux tabliers
(voie aller et voie retour), sont chacun inclinés latéralement
de 2,0%, afin de permettre l’écoulement des eaux. L’ouvrage possède
une pente longitudinale, légère. Le fond de caisson est
raidi sur toute la longueur par des rangées de raidisseurs, entretoises
constituées en fonction des sollicitations d’augets en travées
de rive, de caissons rectangulaires sur appuis principaux et d’aciers
plats en zone à traction prépondérante en milieu
de travée centrale.
La structure est raidie
par des augets.
Les
augets Les augets sont les barres
transversales à l'intérieur du caisson. Ce sont principalement
des raidisseurs. On les voit parfaitement sur l'image ci-dessus, ce sont
les éléments inclinés. Ils sont de bons accessoires
pour minimiser les efforts de traction. En effet, le caisson peut subir
de l'écrasement, les parois s'ouvrent vers l'extérieur.
Comme l'acier est très bon en traction, les augets permettent que
le caisson reste à sa forme définie. Il est bien évident
que jamais à ma connaissance n'a été observé
un caisson éventré par un effort de traction, c'est un cas
d'école.
La structure du caisson n'est pas homogène et c'est volontaire.
On appelle souvent ce type de lieu un caisson à poutres et augets.
Les poutres constituent les éléments assurant la rigidité,
tandis que les plaques de tôles ont des épaisseurs variables,
destinées à reprendre les efforts de traction. Les lieux
les plus sollicités, soit les appuis sur piles ou les longues travées
sont renforcées en tôles 15mm plutôt que 10 ou 12.
Cinématique
des appuis
Les joints de dilatation ont pour but de ponter les joints du pont dans
la zone située à la jonction du tablier et de la culée.
Ils doivent pouvoir absorber les mouvements du pont sans provoquer trop
de contraintes. De même, la sécurité du trafic et
l’étanchéité doivent être garantis. Les joints
de dilatation sont constitués d'une partie fixe, c'est une pièce
profilée en acier moulé, boulonnée sur la culée,
puis d'une partie mobile, un volet métallique articulé,
solidaire de la superstructure du pont. Il glisse au cours du mouvement
sur la pièce fixée à la culée. Les plaques
précontraintes et articulées permettent également
des mouvements verticaux et des torsions des éléments du
tablier.
Au bout du compte, un viaduc
n'est rien d'autre qu'une merveille de résistance des matériaux,
qui se résume parfaitement par cette équation, base fondamentale
de la RDM, l'équilibre des translations en milieu déformable
:
Si le tablier appuie sur la pile, il applique
une force de compression. L'équilibre des translation, c'est que
la pile répond par une force équivalente ; force qui est
la résistance opposée par le béton en compression.
Si les translations sont équilibrées, vous avez le viaduc
que je vous présente. S'il n'y a plus d'équilibre, il y
a rupture. Tout ce que je présente ici est complètement
théorique, parce que dans un bracon, il n'y a pas que de la flexion,
il y a un mélange de compression, d'efforts tranchants, éventuellement
un peu de tout à la fois. Pour calculer ces forces en présence,
on utilise des logiciels de modélisation. On impose généralement
plusieurs niveaux de modélisations. En particulier, un modèle
tri-dimensionnel avec calcul aux grands déplacements est systématiquement
réalisé pour la vérification de l’ouvrage dans le
cas de charges accidentelles. On vérifie aussi l'ouvrage en laboratoire,
en faisant des effets de vorticité avec des ventilateurs, sur des
maquettes de diverses échelles, comme expliqué plus loin.
La vorticité est tout simplement la formation de tourbillons, ce
qui en dynamique des fluides créée des efforts de traction
redoutables ainsi que des mises en résonance des ouvrages.
Pour réaliser les essais, on réalise
une maquette dynamiquement semblable au pont et on reproduit ensuite les
vents dominants pour mesurer les déformations occasionnées
sur le viaduc. Avec des essais de vorticité, on peut mesurer les
écart types de déplacement des piles du pont en fonction
de l’incidence des vents dominants. Les études de déformations
s'effectuent par exemple sur Femlab (aujourd'hui appelé Comsol).
Après ces étapes
préalables, on réalise des tests de mise en service en état
limite. Ainsi, on fait venir 1000 camions sur les tabliers, par exemple,
afin de valider l'ouvrage et simuler les pires embouteillages à
jamais imaginables. L'ELU est très au-delà du test imposé
à l'ouvrage.
Les
ponts vivent et meurent. C'est
ainsi que s'observent, après des années d'utilisation, ce
qu'on appelle une fatigue de l'ouvrage. Ce n'est pas qu'il n'arrive pas
à se lever le matin, c'est une usure des pièces soumises
aux contraintes les plus importantes. On observe principalement de la
fissuration, de la désagrégation et de la délamination
des structures. C'est pourquoi les ouvrages sont inspectés très
régulièrement. D'après la définition, la délamination
ou délaminage, arrive quand un matériau composite formé
par quelques couches est séparé, thermiquement ou par un
autre processus. C'est le cas par exemple dans un tablier, quand la dalle
orthotrope se trouve désolidarisée, et que cette dalle en
acier se promène dans la structure. Un nid de poule provoquera
alors un trou, avec éventuellement (en exagérant un peu),
un plongeon dans le fleuve. Le trou est un état ultime. Il faut
bien reconnaître que la délamination est rare et récente
dans l'histoire des ouvrages. Le symptôme le plus évident
est une baisse catastrophique des résistances à la traction
: 1 à 4 N/mm². Les alternances de gel-dégel sont les
principales causes de dégradation des structures. on repère
ces problèmes à l'apparition de taches d'humidité,
de faïençage, de tâches de fleurs de salpêtre,
de craquelures.
La structure du caisson est peinte. Ce n'est pas pour faire joli. On s'en
moque, on est à l'intérieur d'une structure qui n'est pas
publique. La peinture époxy est particulière, elle répond
à des besoins de protection contre la corrosion. En effet, la corrosion
du métal fragiliserait le caisson.
Le caisson est parcouru par un chemin en caillebotis, qui permet d'inspecter
la structure.
Au dessus de chaque pile, la structure change. En dessous, ce sont les
appuis sur piles, qui ont été
calés avec des vérins. L'escalier enjambe la pile.
L'installation est parcourue par un vaste ensemble de câblages électriques,
qui alimentent l'éclairage, la surveillance électronique
des vibrations, le système d'alarme. Les déplacements du
tablier au niveau des culées sont ainsi surveillés au millimètre
près, de même que les déplacements des semelles par
rapport aux puits marocains. Le tablier métallique est doté
de plusieurs accéléromètres qui contrôlent
les phénomènes oscillatoires. Les piles, soumises à
d’importants efforts mécaniques, sont équipées d’extensomètres
pouvant mesurer des mouvements au micromètre près.
Les coins sont renforcés, ce sont les éléments les
plus importants du caisson.
Au sol, on voit des lignes. Ces renforts d'armatures ont pour but de rigidifier
l'ouvrage. En effet, ces poutrelles ont une forme de I,
un peu comme un IPN. L'addition de parties horizontales aux verticales
permet d'éviter les flexions, ces structures peuvent s'appeler
des platelages.
A la culée, c'est la fin du caisson. L'escalier derrière
la petite porte monte sur l'autoroute.