Ce documentaire concerne le chantier de creusement du tunnel Schuman-Josaphat. Un très grand merci à l'entreprise Votquenne pour son accueil.
Bruxelles connaît, comme de nombreuses villes, un important flux migratoire journalier. Il s’agit du transit des gens qui vont travailler à la capitale. Bruxelles a la particularité d’être tout particulièrement engorgée, le ring zéro est quotidiennement bloqué, les trains sont bondés, les réseaux de métro et tram ne sont pas beaucoup plus beaux à voir en heure de pointe. De ce fait, le pouvoir politique a décidé il y a quelques années de réaliser de grands investissement sur le réseau ferré, dans l’espoir de désengorger le pourtour de la capitale. C’est ce qu’on appelle les travaux RER, une série de 13 chantiers pour un budget de 1850 millions d’euros estimés. Une partie de ces chantiers sont suivis au jour le jour par des ouvriers passionnés, par le biais de reportages photo ou des explications techniques, sur « Passion Chantier », un lieu que je vous recommande si le monde des travaux vous intéresse. Nous allons ici nous focaliser sur une partie bien précise des travaux RER, le creusement du tunnel Schuman-Josaphat. Ce chantier est un peu hors du commun, parce que pour limiter les nuisances aux riverains et protéger l’aspect de Bruxelles, il a été décidé de réaliser ce tunnel sans ouvrir depuis la surface, au grand contraire de la jonction Nord-Midi, qui a balafré Bruxelles durant des décennies dans les années 50. Cet ouvrage permettra de fluidifier le trafic de la ligne 161, entre Ottignies et Bruxelles, la voie ferrée la plus asphyxiée de Belgique. Le but est de relier la gare Schuman existante au tunnel de la ligne 26 (Hal-Vilvoorde), déjà existante - jonction qui se fera au niveau du boulevard Plasky. D’autre part, le nombre de voies de la 161 sera doublé.
Le chantier a commencé en juin 2008. La durée projetée du chantier annoncée est de 1645 jours. Il est réalisé en deux phases. En premier lieu, c’est le creusement de la coque, c’est ce que nous allons visiter et décrire. En deuxième lieu sera réalisé le chantier de pose de voie. Nous aurons peut-être la chance d’en parler un jour. Pour la première partie, un an et demi de chantier, achèvement fin 2011. Ensuite ce sera l’équipement des voies : trois ans, de fin 2010 à fin 2013. Le tunnel doit être opérationnel en 2013 et le RER en 2016. Le montant des travaux du tunnel est estimé à 210 millions d’euros, financés par Beliris, le fonds de coopération signé entre l’Etat fédéral et la Région Bruxelloise. Les coûts d'équipement des voies n'est pas encore connu du grand public. Le présent reportage date de mi-2009.
La longueur de l’ouvrage souterrain est de 1250 mètres. Il est construit sous le tunnel routier Belliard (aussi appelé Cortenbergh), puis passe ensuite sous la place de Jamblinne de Meux et l'avenue Plasky. A cette occasion, l’entreprise a découvert d’anciens vides de carrières. Quelques vides avaient déjà été mis à jour il y a une quinzaine d’années sous la place Jamblinne de Meux, attenants au tunnel, ces vides avaient été remblayés d’après le GRSMA, un ancien groupe de recherche sur les souterrains de creusement anthropique. Ce qui a été découvert il y a peu donne donc une suite logique, il y a eu dans le passé une vaste carrière souterraine à cet endroit. D’autres vestiges souterrains existent peut-être encore… Aujourd'hui, les vides résiduels ont été remblayés.
La grande particularité de ce chantier, c’est que le creusement n’est pas réalisé au tunnelier ou à la haveuse. Il a été préféré des techniques douces de creusement à la main pour diverses raisons : parce que les fondations du tunnel existant doivent être conservées, parce qu'on passe sous les caves de batiments, considérant aussi le problème de placer un puit de grande envergure dans Bruxelles. Cette technique du creusement manuel en galerie a été utilisée lors des travaux de la jonction souterraine passant sous la gare d'Anvers-Central. L'association d'entreprises LEOPHAT a été adjudicataire du marché, elle regroupe Jan De Nul, Galère, Cei-De Meyer, Franki Geotechnics, Wass & Freytag. C'est un marché dont Beliris est le pouvoir adjudicateur. Votquenne a été prise comme entreprise sous-traitante pour les travaux miniers. Quatre puits d’accès au tunnel existent ou sont en voie d'exister. Ils sont situés dans la rue Archimède, dans le tunnel du Cortenbergh, avenue Plasky et rue Emile Max. Ce derniers puits est la fin du raccordement du tunnel, le chantier s'arrête là. Le chantier est effectué en deux pauses, de 6 heures à 22 heures. Quand l'entreprise sous-traitante Jan Stallaert terrasse, ils font 22-6. La vidéo ci-dessous est très loin d'être d'une qualité professionnelle. Elle est le simple souvenir d'un passager du tunnel. La première partie, c'est l'acheminement des matériaux par le tunnel Belliard. La seconde partie, ce sont les ouvriers qui creusent dans le tunnel. Nous allons maintenant partir à la découverte du tunnel.
| -o-
|xxxxxxxxxxxxxxx|
--- | o = vous êtes ici. Dans les galeries latérales seront réalisées des fouilles blindées qui serviront de mur du tunnel. || -o-
|xxxxxxxxxxxxxxx|
--- || Entre les
deux latérales viendront des galeries transversales afin de réaliser
la dalle de toiture. || ---
|xxxxxxxxxxxxxxx|
---
|| Les voies seront posées et le train pourra passer. ||
--- |xIxTxxxxxxxTxxxx|
---
||
|