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L'église Sainte-Madeleine (1/3)

Voici un petit reportage campanaire sur l’église Sainte-Madeleine de Sainte-Marie aux Mines. Merci à la mairie de Sainte-Marie pour l’autorisation de visite et un très grand merci à monsieur le curé François Burger pour son accueil chaleureux et enthousiaste.

L’église Sainte-Madeleine a été bâtie en 1757, selon les plans de François-Léopold Wichard. Elle fut érigée sous l’invocation de Sainte Marie-Madeleine. Le 1er octobre 1758, on procéda à sa bénédiction, par Charles-Louis Constantin, prince de Rohan Guéméné, évêque de Strasbourg. Sainte-Madeleine est la patronne des léproseries et des maladreries. Elle est aussi la patronne des confréries de pénitents. On trouve également à Sainte-Marie l’église Saint-Louis (patron des écoliers), l’église luthérienne des chaînes et le temple réformé. Sainte-Madeleine est surtout connue pour son orgue Joseph Callinet de 1849, pneumatisé par Martin et Joseph Rinckenbach, mais elle renferme d’autres surprises. A la fin de ce reportage, quelques autres orgues Callinet des environs seront présentés.

L’église Sainte-Madeleine possède une tour assez massive, son style est Lorrain, la tour est surmontée d’un clocher à bulbe. Au premier niveau, on y trouve le sommier de l’orgue. Ce sommier est surprenant car comme le montreront les photos, le pneumatisme était manuel. On trouve donc un pédalier qu’un « pénitent » devait actionner. Au second niveau, on trouve une horloge monumentale de très grande valeur patrimoniale. Elle est en excellent état. Par contre, elle est désactivée et remplacée par une horloge électronique à quatre renvois. Au troisième niveau, on y trouve les cloches. Au dernier niveau, c’est la charpente de la flèche.

A propos de l’horloge : Elle est magnifique ! C'est une Albert et Théodore Ungerer de Strasbourg. Les Frères Ungerer sont les successeurs de Jean-Baptiste Schwilgué. On retrouve Schwilgué dans le reportage sur Saint-Georges de Sélestat. L'entreprise strasbourgeoise d'horlogerie Ungerer a été fondée en 1858. L'horloge a un mouvement à poids et balancier supporté par un bâti métallique à quatre pieds. Les engrenages sont en acier ou en laiton, échappement à ancre, écran de contrôle métallique, trois roues dentées pour la programmation des sonneries (jours, heures et quarts d'heure).

A propos des cloches : le beffroi est en petites poutres IPN de faible section. Le sol du beffroi est constitué de planches déposées à même les poutres IPN. Il faut donc approcher ces planches avec des grandes précautions, parce que ça ne tient honnêtement pas grand-chose. Il y a trois cloches. Elles sont toutes trois tintées avec des marteaux tous neufs, électromagnétiques. Les anciens marteaux reposent sur les murs extérieurs au beffroi. Un battant a été remplacé aussi, l’ancien battant repose au même endroit. Ce sont des cloches de lancer franc, il n’y a pas de mouton.

Les trois cloches sont de même facture et donc du même fondeur. Elles ont été coulées en 1808 par le fondeur lorrain Thouvenot. Merci à Campalsa pour les précisions sur le fondeur. Elles sont à anses doubles, sans ornementation. Les cloches ont des rinceaux sur le sommet de la panse, ce sont des feuilles très délicatement ornementées, par motifs doubles puis répétés. L'une des cloches est encore équipée d'un ancien marteau métallique, de type marteau rectangulaire. Il est désactivé.

 Vous pouvez écouter le tintement des cloches ici :


Vue panoramique de la nef.

L'église Sainte-Madeleine


Nous allons doucement approcher l'église.


Elle est située dans le centre ancien, à côté de la mairie.


Ici, on peut apprécier la forme de son toit en bulbe. A l'intérieur, ça se verra peu, il n'y a pas assez de recul pour qu'on puisse se rendre compte des courbes de la charpente.


Le portail. La tour est en grès rose des Vosges. La pierre a malheureusement subi l'affront de la pollution...


Nous allons maintenant entrer dans l'église.

La nef

L'orgue Callinet

Comme de nombreuses autres églises dans le secteur (le Val d'Argent), dont certaines seront présentées en page 3, Sainte-Madeleine possède un orgue Callinet. L'innovation majeure des orgues de Joseph Callinet, c'est de posséder un grand-corps à quatre tourelles et trois plates-faces, ainsi qu'un positif, plus bas, à trois tourelles et deux plates-faces. On retrouvera cette structure partout ailleurs. Cela donne un aspect harmonieux. On remarquera aussi le nombre important de décorations, dont des angelots.


Les claires-voies sont très richement décorées de fleurs.


Le sommier était alimenté, dans le temps, par un courageux qui devait pédaler pour pomper l'air. Autant dire que ça ne devait pas être une grande partie de plaisir ! Cette installation est extrêmement exiguë, il a fallu faire trois panoramiques pour pouvoir la montrer. Aujourd'hui, les sommiers sont alimentés par des pompes électriques, heureusement pour l'organiste et ses 'amis' !


J'ai appris il y a peu qu'il ne faut pas toucher aux anches afin de ne pas laisser d'empreintes de doigts, ce qui les oxyde. Il ne faut pas les déplacer parce que sinon ça va jouer faux. Il ne faut pas souffler dedans par risque de saturnisme. Bref donc, le mieux est d'être précautionneux et de ne toucher à rien.


Les vergettes. Ce sont de longues tiges de bois, fines et légères, utilisées dans la mécanique suspendue pour transmettre à la soupape le mouvement de la touche du clavier. Elle sont parfois réalisées en métal (laiton).

L'horloge d'édifice


L'horloge se situe dans cette armoire.


A la porte juste à côté, une croix de Lorraine.


Voici le mécanisme de l'horloge.


Même si elle est parfaitement entretenue, elle ne sert plus de nos jours.

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