Tchorski
Tchorski
La manufacture d'impression (1/5)


Au milieu de la forêt,


Nous allons découvrir cette usine.

Avertissement important : A la lecture de ce document, vous allez éventuellement ricaner, ou bien vous allez condamner notre travail. La description des lieux représente uniquement une lecture du paysage, la manufacture textile n'est pas notre métier. Il s'agit en quelque sorte d'un travail d'archéologie industrielle. Pour prendre un exemple, nous avons découvert quelques fragments de poteries et nous essayons de reconstituer quelle était l'oeuvre d'art peinte sur la terre cuite. Nous avons tenté de décrypter le paysage pour le comprendre, le documenter, le mettre en valeur ; et par là, donner de l'importance du travail des femmes et des hommes de ce lieu aujourd'hui fermé. Alors, s'il y a inévitablement des inexactitude, ne ricanez pas mais s'il-vous plait, contactez-moi pour que je corrige. Si vous estimez que je n'avais pas à faire ce documentaire, alors méprisez-vous la mémoire des hommes, les sommes de compétences, de bonheurs durant des années et les chocs lors des licenciements ? Ce document n'a qu'un seul but : valoriser ce qui est beau dans le travail ouvrier, que me condamne celui qui trouve ce comportement injuste.

La ligne pliage

Ce vaste hall s'appelle la ligne de pliage. C'est mentionné sur un document de pointage des ouvrières et ouvriers. Pourquoi spécifiquement le pliage, ça restera une énigme. Il est certain en tout cas qu'à la fin de ligne de process, les draperies étaient soient pliées soit roulées.

Ces machines sont des gratteuses, comme le témoigne une affiche du temps de l’usine, destinée à expliquer l’affectation des pièces mécaniques. C’est une machine d’ennoblissement textile. L’étoffe passe dans des rouleaux qui sont équipés de petites pointes en métal qui servent à gratter le tissu. Cela en retire l’ouate, en quelque sorte des peluches à la surface des tissus. Les ouates sont alors stockées dans un sac sur le côté mur de la machine. Cet atelier de grattage devait être assez poussiéreux et surtout fort bruyant.


Ce pupitre de commande permet de tendre le tissu sur le rouleau et donc d'augmenter
la pression de grattage sur les fibres.


Voici les rouleaux de grattage.


De près, cela correspond à de minuscules picots.

Ce pupitre de commande permet de régler la vitesse du tissu et en quelle manière on veut qu'il soit gratté, soit fortement pour avoir un tissu rêche du genre pour la vaisselle, soit velouté, comme pour des draps. Ce réglage s'appelle le veloutage. On peut y régler aussi le gitage, c'est à dire une opération de démêlage des fibres. A la fin de tout ça, on a la possibilité de brosser pour enlever l'ouate, ou bien d'effectuer une succion, en quelque sorte un aspirateur qui extirpe l'ouate résiduelle.

Le pupitre du poil. Le feutrage consiste à mêler les fibres entres elles pour leur donner tenue et épaisseur. Le lainage est une opération qui consiste à soulever les fibres des fils d’un tissu, pour le rendre plus moelleux et souple. En résumé simplifié donc, avec le feutrage on lie les fibres entre elles pour avoir un tissu dur et fin, avec le lainage on délie les fibres pour avoir un tissu velouté.

Comme on l'a vu, les rouleaux brossent le tissu avec les pointes métalliques. La rotation des rouleaux, en rotation inverse l'un contre l'autre, soulève le poil. En variant la vitesse de rotation et l'implication des pointes, on obtient un lainage superficiel ou profond. Les rouleaux de lainage ont les pointes orientées dans deux sens opposés : un à poil orientés dans un sens de rotation et d’avancement du tissu, l'autre à contre poil, mettant le poil en mode désordonné.


Mécanisme d'entraînement des rouleaux à poil et contre-poil.


Etait-ce un travail épuisant ? Ce qu'on voit derrière est un sac d'ouate.


Autres gratteuses.

Cette machine est un jigger. Cette machine sert au blanchiment de l’étoffe, lavant et possiblement teignant. Ce n’est pas toujours le cas. Disons qu’ici, comme il reste entre les rouleaux une étoffe bleue, on devine que ça devait servir à la teinte. Cette machine utilisait très probablement des produits chimiques de déteinte et ensuite des pigments. Etant donné que c’est une machine fort complexe, il est probable qu’une grande part du process était automatique, le rendant flexible et commode.


Pièce de détail, affectation inconnue.

Ces machines sont probablement des rame d'apprêts à thermofixer. Ces machines ont indiscutablement un appareillage d’échangeur de chaleur, ce qui fait penser à une cuisson. Comme les étoffes étaient préalablement grattées et passées dans une barque jet jigger (ce qui colore l’étoffe), il est probable que la fin du process logique est une autoclave qui sert à chauffer l’étoffe et fixer le colorant.

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