Tchorski
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Lagazuoi (1/3)

Le Lagazuoi est une montagne aux falaises abruptes, dominant le passo Falzarego. Il s’y cache un immense dédale de galeries militaires, aussi bien italiennes qu’autrichiennes. On appelle cela des mines et contremines. Les militaires creusaient une galerie sous celle de l’ennemi et tentaient de la faire exploser. Si la plupart des galeries ont été partiellement restaurées (notamment par l’installation de via ferrata), un certain nombre d’autres sont explosées. Ces dernières sont partiellement accessibles.

En 1915 fut construite la Cengia Martini, du nom du commandant de bataillon qui l’a faite bâtir, le maggiore Ettore Martini. C’est un refuge de guerre situé dans un recoin d’une falaise alpine. Ce lieu fut le centre d’une guerre terrible, les militaires l’ont appelée ‘l’enfer du Lagazuoi’. Devant l’enlisement des combats et les pertes de plus importantes, surtout devant le recul des troupes italiennes, le commandement décide alors de quitter la guerre traditionnelle et d’opter pour une guerre de tranchées et même plus loin, la guerre des souterrains. Les premières galeries sont creusées.

Cinq galeries ont explosé, quatre autrichiennes et une italienne. C’est pourquoi les travaux autrichiens qu’il est possible de voir sont soit excentrés, soit de dimension un peu plus mineure. Le but des opérations était aussi d’isoler l’ennemi autrichien. Ainsi, un certain nombre de cratères ont été formés sur les axes de circulation, afin d’empêcher ou au moins rendre difficile les approvisionnements des troupes. En 1917, l’essentiel des troupes autrichiennes est repoussé jusqu’au Grappa et jusqu’au Piave. Les Dolomites sont libérées.

Le Lagazuoi est impressionnant par la longueur des galeries, mais aussi par leur étagement. Rien que dans le réseau principal italien, il y a 350 mètres de dénivelée, le tout dans des galeries très penchées. Une via ferrata et des escaliers viennent bien aider, parce que c’est limite cauchemardesque ! La promenade dans ces lieux, si elle n’est pas reposante, a au moins le mérite d’être étonnante et instructive. Le seul bémol de taille, c’est la fréquentation touristique écrasante. Pourtant par mauvais temps et en semaine, j’ai eu l’impression parfois d’être dans le métro. Fuyez le beau temps, le week-end et prévoyez facilement 6 à 7 heures pour faire une promenade significative.


Le plan des galeries dans la montagne de la guerre...

Avant de démarrer votre ascension dans les galeries, vous pouvez vous imprégner de l’ambiance nuageuse et du son des craves.

 

Il a été difficile de filmer tellement le vent était violent et la pluie battante ! Si la vidéo n'est pas de bien bonne qualité, ça donne tout de même une idée de l'ambiance du moment.

 


Les tranchées dans laquelle les nuages se promènent.


L'ambiance est lugubre.


Les lieux sont balayés par un vent glacial et une pluie fine.


L'être humain n'a pas sa place dans un milieu de roches austères.


Pourtant, c'est là que nous sommes, il faut faire face.


Les rappels de la guerre sont omniprésents, l'ennemi autrichien est à quelques
encablures, dans le brouillard, prêt à vous tirer dessus.


Le regard plonge dans l'inconnu, vous savez qu'en dessous, c'est truffé de galeries.


Plus que d'être austère, le milieu est hostile.


Les nuages vous enveloppent et la guerre vous éteint.


Dans les galeries, ce n'est pas mieux, car les nuages y entrent.


Le milieu est brumeux, vous les avez laissé entrer derrière vous.


Dans une ambiance aux courants d'air glaciaux, les galeries descendent dans l'antre de la guerre.


Le paysage devient flou tellement le brouillard se fait gluant


Il se terre même dans les recoins.


La lumière fait des faisceaux.


Une galerie qui part loin dans la profondeur de la montagne, la réserve des munitions.


Elle est protégée par une ligne de défense.


Une sortie vers l'extérieur.


Dans l'obscurité, un ennemi cafardeux vous suit.

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