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Notre-Dame de Tangissart (1/2)

Il s'agit de photos des combles et clocher l'église Notre-Dame de Tangissart. Un tout grand merci au Père Luc pour son chaleureux accueil. Les données historiques proviennent intégralement du livre de Fernand Vanvrekom, Tangissart en roman païs de Brabant-Wallon, édition du Chirel, pages 224-239.

Tangissart a longtemps fait partie de Baisy-Thy, à présent sur Genappe. Avec le regroupement des communes et suite à quelques étrangetés historiques locales, Tangissart s'est retrouvée rattachée à Court-Saint-Etienne. C'est à cause de cette particularité historique que le village se retrouve un peu à part dans l'entité stéphanoise, je parlerais en fait d'une identité forte et simple. Au delà de Faux ou La Roche, il y a un patriotisme de Tangissartois qui se ressent depuis le bas de la ruelle Foriaux jusqu'en haut du Ghête.

L'église se situe place Notre-Dame, parfois appelée place Edouard Brunart dans de vieux toponymes. Cette église a été bâtie à la place d'une ancienne chapelle, démolie pour faire place à la nouvelle église. Le tout début de la construction aurait débuté le 1er janvier 1872. Le 11 juillet, le curé de la paroisse a posé la première pierre. Cinq maçons ont travaillé à la construction de l'église, il s'agit de Fidelis et Charles Bourmorck, Joseph, Emile et Grégoire Goffart. Malgré le faible nombre de bâtisseurs, l'église est vite bâtie. La première messe est célébrée à l'avent.

A peine achevée, l'église a commencé à s'enfoncer dans le sol. Diverses sources sont évoquées, probablement toutes valables : le terrain est marécageux (il l'est toujours aujourd'hui), il y a un manque de fondation. Pour l'anecdote, monsieur Vanvrekom rapporte que pour tester la solidité du sol pour la fondation, l'architecte provincial Coulon demanda à un maçon de rester debout dans un trou, immobile, durant trois heures, afin de mesurer son enfoncement dans le sol. Autant dire que le supplice a dû être efficace ! Après de longues tergiversations communales, il fut décidé de consolider l'église en 1910. Les fondations furent renforcées au béton armé.

En 1923, l'église a été enjolivée sous l'impulsion de l'abbé Graulus. Des statues sont placées, ainsi que des peintures et des vitraux. Les vitraux sont largement le fait de donateurs privés, pour la plupart paroissiens. En 1953, la sacristie a subi un incendie, les réparations furent assez lourdes. En 1977, un tireur abîme des vitraux avec une 22 long-riffle. Aujourd'hui, l'église est quasiment inchangée et vit sa petite existence villageoise. Elle surveille les joueurs de balle-pelote sous le soleil et sonne à chaque demi-heure.

A propos du campanaire

Le clocher comportait une grande cloche (630 kilos) et une petite cloche (100 kilos). La grande cloche a été volée par les allemands entre 1940 et 1944 afin de la fondre. En 1949, il est décidé de remplacer la cloche manquante par un jeu de trois cloches. Elles sont :
Joséphine - 470 kilogrammes - sonne le la.
Hubertine - 345 kilogrammes - sonne le si.
Marie - 240 kilogrammes - sonne le do dièse.
Elles sont bénies le 25 septembre 1949 par le curé Derèse.
L'ancienne cloche de 100 kilogrammes n'est pas refondue mais revendue au ministre Wigny de Perwez.
Les trois cloches sont en rétro-mitigé. Vu les anses et l'épigraphie, ce sont des Slegers.

Les cloches possèdent les inscriptions suivantes sur leur faussures :

Joséphine - Je revis joyeuse grâce à l'admirable générosité des paroissiens de Tangissart - La Roche, qui en 1949 ont rétabli ce que des mains sacrilèges avaient ravi en 1943. Je suis dédiée à Saint-Joseph et m'appelle Joséphine. J'ai comme parrain Joseph Somville et comme marraine Marthe Defrenne. C'est sous le pastorat de Jean Derèse que je fus coulée et je fus bénite par M le Chanoine Kempeneers en 1949.
Hubertine - Chers paroissiens de Tangissart - La Roche qui nous avez appelées à l'existence, avec vous toujours nous chanterons vos joies, nous pleurerons vos deuils. Je suis dédiée à Saint-Donat et j'écarte tous les fléaux. Je m'appelle Hubertine. J'ai comme parrain Roger Pilloy, bourgmestre et comme marraine Hubertine Guiche. C'est sous le pastorat de Jean Derèse que je fus coulée et je fus bénite par M le Chanoine Kempeneers en 1949.
Marie - Qu'à notre son, l'ennemi de tout bien s'enfuie. Que le peuple chrétien soit invité à la foi et fortifié dans le Seigneur. Que l'armée adverse soit effrayée. Je suis dédié à la Très Sainte Vierge et m'appelle Marie. J'ai comme parrain Auguste Graulus, curé émérite de Tangissart - La Roche 1917-1946 et comme marraine Germaine de Boël. C'est sous le pastorat de Jean Derèse que je fus coulée et je fus bénite par M le Chanoine Kempeneers en 1949.

Je vous invite donc à monter dans le clocher !


La nef de l'église. Elle ressemble au village, simple et belle.


Le choeur et l'orgue.


Sainte-Cécile. Ce vitrail est placé dans le clocher, à front de la place Notre-Dame.


Reflet de Sainte-Cécile.


Nous allons maintenant monter dans la salle des cloches.


Voici la première cloche visible depuis l'escalier, c'est Hubertine.


La salle des cloches est fort difficile d'accès. Il n'y a pas de sol. Il faut donc grimper l'échelle et puis après se débrouiller comme on peut dans un beffroi fort étroit. Ce n'est pas simple. Autant dire qu'il est préférable de demander s'il y a une volée de prévue avant de monter...


Hubertine vue de dessous.


On voit bien son battant acier, forgé d'une seule pièce. A droite, c'est le volant qui sert à la volée.


L'axe de la seconde cloche. Il s'agit d'un axe en bois, peint à la peinture argentée, surmontée
d'un joug en poutre IPN acier.


L'axe est posé sur deux coussinets. L'ensemble du mouton sert d'axe, c'est un joug arqué. En quelque sorte l'axe est un U renversé. Cette structure s'appelle un rétro-mitigé. Les pièces de rotules s'appellent des coussinets, elles fixent les deux tourillons sur un axe.


Au fond, on distingue la troisième cloche. C'était la plus difficile à photographier, il fallait faire de la
lévitation pour l'approcher. On voit que chaque cloche possède son volant, donc les trois servent en volée.


Détail sur le marteau. C'est un système à électro-aimant. Avec les marteaux, on sonne
les heures, les demi-heures, l'angelus et le glas.


L'élément vert-jaune à droite et le moteur d'entraînement de la volée.


Détail sur le mouton. On voit bien les quatre tirants. Les cloches ont quatre anses, deux en longueur, deux en largeur. Les tirants sont répartis en 2 x 2. Quelquefois, les tirants sont appelés des brides.


Le beffroi est constitué de poutres en bois, sur lesquelles sont montées une structure de beffroi métallique. Cela fait penser que le beffroi a subi une adaptation postérieure. Est-ce l'adaptation en 1949 avec l'arrivée des nouvelles cloches dans la salle ?


Le battant de la seconde cloche.


Détail sur ce battant. On voit qu'il s'agit d'un battant constitué d'un axe central puis d'une boule autonome, boulonnée en son centre. L'axe central s'appelle une jambe. On note comment la volée peut user la boule au fil des ans... Le rééquilibrage des moutons avec des pièces supplémentaires permet d'atténuer l'usure.

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