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La basilique de Saint-Hubert (1/6)

Ce petit reportage concerne la basilique de Saint-Hubert, un édifice merveilleusement beau, et se concentre sur les aspects des parties hautes, c'est-à-dire les cloches et les combles. Merci à monsieur Philippe Goosse pour l’autorisation de réaliser ces images. Merci à Patrice Niset pour le soutien très actif à la réalisation du sujet. Merci à Pierre Chantrenne pour sa présence.

Outre l’étude de l’aspect campanaire, ces photos ont pour but de renforcer l’iconographie de la paroisse de Saint-Hubert.

Saint-Hubert est le patron des chasseurs. Il figure en proue au sommet de l’église, entre les deux tours. Il domine une scène de chasse réalisée en pierre de France. La représentation consiste en la conversion de Saint-Hubert. Elle est devenue assez peu lisible avec le temps.

La basilique de Saint-Hubert marque majestueusement le centre ancien de cette ville du cœur des Ardennes. Elle est impossible à rater, elle se dégage avec force du bâti resserré. La nef est d'une beauté à couper le souffle. Si nous sommes habitués à être dithyrambique sur les cloches, il faut bien dire que dans cette partie haute, ce sont surtout les combles qui sont superbes. On y trouve par exemple une cage à écureuil absolument fantastique, ce qui est un objet relativement rare (Tournai, Malines, Liège et donc ici, Saint-Hubert). Nous ferons tout de même l’inventaire des cloches, car c’est bien utile.

Cette église a été promue basilique en 1927. Dans le passé, il s’agissait de l’église abbatiale de Saint-Hubert.

Le clocher contient trois cloches, de trois fondeurs différents : une Causard, une Van Aerschodt, une Slégers.

Cloche 1 : Il s’agit de la plus petite. C’est une Causard datant de 1849. Elle a un balancement rapide par rapport aux deux autres cloches.

Cloche 2 : C’est la moyenne. C’est une Séverin Van Aerschodt, datant de 1866. Elle possède une épigraphie très classique par rapport à son œuvre. Seule la figure est différente. Elle représente Saint-Hubert. Cette figure est d’une exécution remarquable, comme bien souvent dans le travail de ce fondeur. A noter que sous les guirlandes, on peut encore deviner le numéro d’enlèvement de cette cloche par les Allemands. On y lit en effet A IX 147 1370 K. Ce genre de trace est devenu désormais rare et mérite d’être conservé à titre historique.

Cloche 3 : C’est la plus grosse. C’est une Georges Slégers. Elle date de 1953. Elle a un poids de 1650 kilogrammes. Elle a un balancement lent et un joug fort imposant. Le balancement est assez impressionnant par le volume en marche. Très équilibrée, cette cloche se pousse avec peu d’énergie.

L’accord des trois cloches est mi1, ré#1 et do#1. Cet accord est un peu bancale mais ne donne rien de choquant à l’écoute, au contraire. C'est probablement grâce aux harmoniques. Les systèmes de volée sont différents, deux cloches possèdent des contrepoids tandis que la petite est à joug arqué. Cela oppose un balancement rapide pour la petite à deux balancements lents pour les autres. A noter que d’après Pierre Chantrenne, le battant de la Van Aerschodt frappe un peu trop haut, ce qui fait que l’amplitude sonore est un peu moindre. Le commandement de ces cloches est réalisé par un boîtier d’automatisation Campa, de Tellin. Les chaînes sont très bien graissées et le beffroi tout à fait propre. C’est un lieu entretenu qui est bien agréable à parcourir.

Ce qui est tout à fait particulier à Saint-Hubert, et mérite d’être signalé, c’est la pratique de l’angélus. Habituellement, il s’agit de trois fois trois coups sur une cloche moyenne, puis une volée sur une cloche petite. Ici, ce sont trois coups sur la petite, trois coups sur la moyenne, trois coups sur la grosse, puis une volée sur la petite. C’est une pratique originale que nous avons eu la chance d’enregistrer et donc je vous en propose une écoute.

Vous pouvez écouter ci-dessous l'angelus à midi (4:25mn) :

Dans l’autre tour, on trouve une horloge monumentale désaffectée mais scrupuleusement conservée. C’est une Michiels qui vaut largement une étude.

A noter que la basilique est un ensemble à cheval entre le gothique et le baroque, mais l’intérieur des tours est médiéval, surtout la base (13ème siècle). En réalité, ces tours ont été englobées dans une restauration de grande ampleur suite à un incendie en 1525. Ainsi, le paysage de pierre et de poutres est original.

Le comble est quant à lui un lieu qui ne manque pas de charme. Très bien entretenu, ce lieu plein de couleurs et de chaleur donne envie d’y habiter. On y trouve une roue à chiens d’une dimension incroyable. On appelle aussi ce genre d’installation une cage à écureuil. C’est une grande roue qui servait à aider pour la montée des matériaux. De manière relativement exceptionnelle, tout le matériel à été conservéà divers endroits de l’église : les axes de manutention, et même dans la tour de gauche (face à l’église), une cage d’emballage probablement pour une cloche. Nous verrons ceci en photos.

Les deux flèches sont identiques. Ce sont des toitures bulbeuses couvertes d’ardoises assez fines, qui clicotent dans le vent. Ca donne une impression de pluie, alors que comme le témoignent les photos, c’était un superbe beau temps d’automne. C’est amusant. La couverture est fine et réalisée avec grand soin. La charpente a été entièrement rénovée en octobre 1990, ce qui a valu un démontage complet des bulbes. Aujourd’hui, les deux sommets de clochers sont identiques.

A noter en dernier lieu le projet d’installation d’un carillon dans la tour gauche. Ce projet est très bien avancé, puisque lors de notre passage en octobre 2010, 45.000 euros étaient déjà collectés sur les 60.000 nécessaires. D’après les quelques informations en notre possession, il est avancé que dans le passé, un carillon aurait existé à Saint-Hubert, il aurait été démantelé en 1797 – la source est assez fiable puisqu’elle provient des notes d’un abbé. Il est mentionné dans ce document la présence de 34 cloches. Le projet d’installation de nos jours vise à l’implantation d’un carillon à tintement automatique pour 23 cloches et 1500 kg d’airain. Le système de tintement serait un Campa et la marque des cloches assez probablement des Eijsbouts. A ce jour, un boîtier Appolo de Clock-O-Matic propulse une mélodie sur haut-parleur, afin de motiver les riverains et les passants. Lors de notre venue, la mélodie tintée était l’internationale révolutionnaire !

Nous souhaitons bonne chance de réussite au comité « Les Amis de la Basilique de Saint-Hubert ».

En résumé, la basilique est si riche en statuaire, en gargouilles, chapiteaux, sculptures, détails de toiture, qu’on pourrait facilement y passer plusieurs jours de photographie. Les voutes en liernes et tiercerons de la nef, en briques, donnent un superbe aspect chaleureux qui ne quitte pas la mémoire. Je vous propose un petit voyage de quelques instants au paradis.


La basilique émerge majestueusement du bâti de la ville.


C'est un grand monument austère.


A l'intérieur de la nef, des filets donnent une apparence étrange.


C'est très beau mais difficile à prendre en photo.

Le comble


Avant de partir à la découverte des cloches, nous allons nous promener dans le comble.


On y trouve une roue à chiens, encore appelée cage à écureuil, de grande dimension. Ca permettait de monter les matériaux de construction. C'est une très bonne chose que ça ait été conservé.


Voici le comble.


La charpente est de toute beauté.


C'est plein de lumière et de couleurs chatoyantes.


Les voûtes.


L'abside.


On y trouve une catapulte.


Ca permettait aussi de monter les matériaux.


On voit les crochets qui tenaient les cordes.


Détail sur une poutre et son attache.


Les sablières.


Le système de fixation sur les murs.


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