Tchorski
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La maison Pillas (1/4)


En fin décembre 2010, alors que nous enquêtions sur les maisons Launay-Couvert et Boine (voir ce documentaire), nous avons découvert une troisième bâtisse abandonnée digne d’intérêt à Pierres. Etant donné que cette maison est vulnérable et vu le triste destin de la maison Launay, nous ne donnerons aucun indice sur sa localisation. D’après nos premières recherches, cette habitation n’aurait aucun rapport avec les propriétés de Maître Couvert.

La maison est abandonnée depuis 1979, 1980, ou une date très légèrement postérieure. Nous n’avons pas pu accéder au corps principal mais seulement la cave et le grenier. Ce dernier est terriblement encombré de fientes de pigeons, les photos en témoigneront, ce pourquoi nous avons appelé ce lieu la maison du guano. Cette saleté était un peu éprouvante.

Nous avons extirpé de monceaux de guano des documents relatifs à cette maison. Ces documents étaient engoncés dans une coque de fientes, ce qui a valu un nettoyage difficile et imparfait. Ces documents sont présentés dans les photos, ce sont deux livrets de photos anciennes (des collodions, des ferrotypes). On trouve aussi un carnet de compte pour des saisonniers en agriculture, un acte de vente concernant une ferme, deux livres de cartes postales anciennes. Ces documents sont datés d’une période allant de 1898 à 1910.

Le propriétaire de cette maison, ou locataire, aurait été Marie-Thérèse Pillas. Il est possible que le corps de logis ait été mis en location pour d’autres personnes, nous n’en savons strictement rien. Il n’y a plus de Pillas répertoriés à Maintenon-Pierres. Nous n’avons trouvé aucune tombe correspondante dans les cimetières, en tout cas pour l’instant.

En annexe à ce petit documentaire, voici tous les noms que nous avons pu répertorier. Ils sont nombreux et n’ont pas fait l’objet d’enquêtes.

A Garancières en Beauce, petit village plus ou moins entre Auneau et Dourdan, nous répertorions une vente de ferme. En 1893, Charles Alexandre Désiré Butet, plus simplement Charles Butet, mari de Marie Louise Clémentine Blanvillain, plus simplement Marie Blanvillain, donne à ses trois enfants une ferme et ses terres.

Les enfants sont :
- Céline Marie Butet, plus simplement Céline Butet, épouse de Charles Pillas ; elle demeure alors à Dimancheville, près d’Ablis.
- Emile Butet, à Garancières.
- Berthe Butet, à Garancières.
La propriétaire de la maison serait éventuellement une descendante de Charles Pillas.

Dans les courriers, nous retrouvons une importante correspondance de la part d’Alice Flais. Elle a été mariée à Georges Flais. Nous ne connaissons pas ces personnes. Nous relevons aussi une importante correspondance à destination des deux sœurs Delafoy. Pourquoi cela se retrouve ici ? Aucune idée… Il s’agit de Georgette Delafoy et Henriette Delafoy. Elles ont été domiciliées au 4 place des Epars à Chartres puis rue Delacroix, même ville. Georgette aurait eu des problèmes de santé en 1910. Les Delafoy de Maintenon nous disent ne pas connaître ces personnes.

Autant les Butet que les Pillas, Delafoy et Flais ne semblent actuellement ne pas être connus à Maintenon. Pourtant, les Pillas semblent relever un souvenir d’agriculture dans certaines mémoires.

Un document proche d’un diplôme mentionne une bonne note à Alexandre Dauvillier, en 1898. La classe était dirigée par monsieur Lefroy, à l’école de Mézières en Drouais. C’est une petite commune proche de Dreux.

Mise à jour 2013 > A ce sujet, nous avons reçu un e-mail de Marianne BRUNET, nous informant des faits suivants : Alexandre Dauvillier est né à St-Lubin des Joncherets dans l'Eure-et-Loir et possédait une maison familiale à Nonancourt, non loin de Dreux, où était installé son notaire. Les archives familiales (une partie) d'Alexandre Dauvillier dont quelques photos de familles se trouvent aux Archives départementales des Hautes-Pyrénées à Tarbes. Il y aura en 2014 une exposition virtuelle à partir du site de l'Université de Toulouse (PRES) sur les archives et instruments d'Alexandre Dauvillier (1892-1979) qui fut professeur au Collège de France et chercheur à l'observatoire du Pic du Midi de Bigorre.

Dans les photographies en notre possession, nous relevons les noms : Mme Dauvillier de Cloyes, +/- 1883. La famille Coulon de Sens, la famille Thevenet-Coulon, la famille Cassegrain, Mme Simon, Claire Simon, M. Tasseau, Mme Tasseau, Blanche et Georges Tartarat, M. et Mme Coudron, Ema Bruneau, le fils Devouger ainé, la famille Devouge (faute d’orthographe ?), la famille Guy, la famille Lelong, Emilie Timon, la famille Kieffer, le fils Bordier, M. et Mme Giret, Albert Burette, Léonie Chireau.

Dans le cahier de paiement des saisonniers, nous avons répertorié les noms suivants, de 1913 à 1925 :

Thomas Sébastien, François Dauvillier, Emile Debeaux, Jules Tenier, Guero Augustine de Pontivy, Petit Mathurin, René Louet, Georges Cornaire, Edouard Cornaire, Albert Fouchard, Edouard Deneau, Auguste Davoust, M. Amicel à Maingournois, Pierre Malicot, Louis Benic (Morbihan), Emile Viguerard, Léon Ripault, François Buniel, Léon Priolet, Martial Benoist, Henri Ravenot, Albert Leuppe, Fernand Girard, Emile Chandelier.

L’agriculteur était Charles Pillas, dont la ferme était d’abord à Montleux, un lieu-dit d’Emancé, près de Gazeran. Nous relevons l’existence d’un vaste domaine : le château de Montlieu, au nord-est d’Emancé. Ensuite, Charles Pillas évoque une ferme au Parc, près de Maintenon. A notre connaissance, les trois fermes de Le Parc sont tenues par les familles Jehaney (Johaney, Johanet ?).

Nous avons retrouvé un cahier d’école primaire de Marie-Thérèse Pillas, daté de 1935. Nous pouvons imaginer qu’elle est née aux alentours de 1925 et décédée aux alentours de 2000. Nous déduisons (disons plutôt, nous extrapolons de manière aventureuse), que Marie-Thérèse Pillas est fille de Charles Pillas, lui-même beau-fils de Désiré Butet. Nous pensons que les documents sont arrivés dans le grenier parce que ces biens familiaux ont transité des Butet, des Dauvillier, des Pillas, vers Marie-Thérèse. Nous ne possédons aucune information sur les sœurs Delafoy et Alice Flais.

Nous allons à présent visiter ce grenier et voir les documents sauvegardés. Tous ces documents ont été protégés de la même manière que ceux de la famille Launay-Couvert. Un tiers des photos ci-dessous a été réalisé par Nicolas Duseigne.


Nous allons visiter un lieu pétrifié d'oubli.


Seules les araignées...


...ont tissé des draperies.


Cela se passe dans ce vieux grenier.


Où les évènements les plus récents nous paraissent éloignés.


Tout est recouvert de guano.


Chaque objet se retrouve enfoui sous des montagnes.


Le temps a méticuleusement fragilisé le moindre élément.


La balance.


Inutile désormais.


Un vieux transistor pour accompagner notre promenade.


Lieu de décès d'un pigeon.


Au revoir petit poulet.


Fouiller les cartons n'est pas chose aisée.

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