Tchorski--------------------------------------
Tchorski
Le carillon de Nivelles (2/5)


Voici le battant du bourdon. On voit que la bélière est à plateau. Le battant est matricé.


Ce dessin s'observe dans la cloche. Je l'ai trouvé ici à Nivelles, aussi dans l'église St-Etienne de Court-St-Etienne, un autre à Chatelet, encore dans de nombreuses autres. Theo Wilsele n'existe pas comme nom. Par contre, Wilsele est un village au nord de Louvain. On constate que Clock-O-Matic sont basés à Holsbeek, ce qui est "vraiment" à quelques pas de Wilsele. Après une enquête de Bernard Sebille, Theo est un horloger de chez Clock-O-Matic, basé à l'époque à Wilsele, aujourd'hui à Holsbeek.


Dans cette cloche Van Aerschodt, on voit la bélière à plateau, qui a percé le cerveau en quatre points.


Le double tintement. Celui du fond correspond au tintement électro-magnétique de la ritournelle automatisée. Le second gros marteau, en premier plan, est une pièce en pierre qui est actionnée mécaniquement par la tringlerie reliée au bâton du carillon. Pourquoi de la pierre ? Parce que cela génère un son plus doux qu'un marteau en acier.


Un autre marteau en pierre. Ce type de matériel est le nec plus ultra.


Ici, c'est le détail du tintement. Les fils électriques correspondent à l'électro-magnétique. Le ressort, c'est la tringlerie équilibrée du carillon. La pièce est tirée par le câble tout en haut à droite et le ressort la ramène dans sa position initiale. On a tendance à voir ce système dans les anciens tintements électromécaniques. Ici, c'est tout simplement un montage astucieux.


Une des cloches Van Aerschodt. Sur la robe, on y voit des inscriptions en écriture gothique. Cette cloche
est la plus ancienne des Van Aerschodt, les autres ont une police classique.


La Van Aerschodt dans sa splendeur. Comme c'est une cloche ancienne,
on voit qu'il y a des ébréchures à la pince. (5)


On y reconnait le détail très ouvragé des anses van Aerschodt, que nous verrons plus loin dans le cloître.


Comme on peut le constater, il n'y a aucun mouton au dessus de la cloche et son axe d'oscillation est entièrement au dessus du cerveau.
C'est ça le lancé-franc.

Robert Ferrière et le clavier du carillon

Le carillonneur de Nivelles est Robert Ferrière. Suite à candidature auprès de l’office du tourisme de Nivelles, il remplace Nicole Gérard. Il est aussi l’organiste de la collégiale, c'est d'ailleurs sa formation de base (conservatoire). Outre ses fonctions à la collégiale de Nivelles, il est professeur de solfège et dirige également une chorale de musique du monde. Robert Ferrière participe au festival de carillonneurs de Nivelles. Son répertoire est principalement constitué de pièces classiques au sens large, adaptées pour carillon.


Robert Ferrière. (7)


Il nous montre une petite Van Aerschodt, rescapée, qui est stockée à côté
du carillon en mémoire de l'incendie. (18)


Le carillon se joue en frappant les bâtons.


"Frapper" ne veut pas dire massacrer les bâtons, loin de là ! Les cloches les plus petites sont légères, donc il est facile de les tinter et il faut le faire avec délicatesse. Par contre, il est beaucoup plus dur d'actionner le gros bourdon. Il faut appuyer plus fort sur le bâton. Le carillonneur doit donc mesurer la force à appliquer selon les notes. (19)


Les mains du carillonneur.


Le jeu, sans être extrêmement fatigant, reste quand même une activité physique !

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