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Les cloches de La Hulpe (1/2)

 

Il s’agit d’un petit reportage campanaire sur l’église de La Hulpe.
Un grand merci à Thibaut Boudart pour l’accueil. Merci à Patrice Niset et Sandy De Wilde pour la participation au documentaire.

L’église de La Hulpe est une solide église rurale datant de 1190 pour sa fondation. La tour actuelle date de 1235. C’est une assez large tour à l’aspect trapu. Elle est bâtie en pierre blanche apparentée au grès, cela lui donne un aspect éclatant lorsqu’elle est baignée par la lumière d’un soleil tardif. Au sommet de la tour, au niveau des abat-son et sous la charpente se cachent quatre cloches. Ces cloches sont placées dans un beffroi en bois, l’ensemble est admirablement entretenu. Cette église est dédiée à Saint-Nicolas, c’est le patron des écoliers. Avant de parcourir les lieux en photo, nous allons faire l'inventaire des cloches.

Cloche 1 : Il s’agit d’une Marcel Michiels Sr. La notation sénior n’est pas habituelle car normalement le sénior n'est pas mentionné, c’est pour préciser qu’il s’agit d’une cloche du père de Marcel Michiels Jr. Sans être rare, cette cloche n’est pas non plus du plus fréquent. Il ne reste qu’assez peu de vestiges de ce fondeur en Belgique. C’est donc avec un grand intérêt qu’elle est étudiée.
Elle date de 1898. C'est une date très précoce dans sa production.

Cloche 2 et 3 : Ce sont deux Bauwens-Goossens. Elles datent de 1950. Ce sont en réalité des Petit & Fritsen déguisées. Durant la seconde guerre mondiale et tout particulièrement en 1943, de très nombreuses cloches ont été volées par les Allemands, dans le but de les refondre et d'utiliser le métal afin de réaliser du matériel électrique. C’est ainsi que d’innombrables clochers ont été pillés. En vue de réparer les dommages de guerre et de recoloniser nos clochers, il a été décidé de donner une priorité absolue aux fondeurs belges. De ce fait, les fondeurs étrangers étaient exclus. C’est ainsi que quelques sociétés étrangères, malines et avides du pactole, ont créé des société belges écran. C’est le cas de Petit & Fritsen, qui a créé la société Bauwens-Goossens, basée à Gent. Le calcul des profils et les moules étaient réalisés à Aarle-Rixtel, seule la fonte était effectuée en Belgique.

Cloche 4 : C’est une Eijsbouts de 1992. Elle possède une épigraphie assez particulière dans le monde campanaire : il s’agit de la fuite en Egypte. On y voit de multiples personnages dans des positions variées. C’est une très belle iconographie. Bien que ça soit un ovni en matière d’épigraphie par rapport aux habitudes du petit monde campanaire, c’est une des trois possibilités de base chez Eijsbouts, et de facto standardisée.

Les cloches sont commandées par un boîtier automatique Campa. A cela est ajouté la possibilité de déconnecter et de lancer deux cloches en volée manuelle. Ca a un intérêt didactique pour les enfants ! Un petit système supplémentaire a été ajouté par Thibaut Boudart, responsable à la fabrique d’église, il s’agit de cordes pour faire de la coptée campanaire, un peu comme les systèmes de coptée qu’on peut rencontrer en Ligurie ou en Russie.

Vous pouvez écouter ci-dessous la volée pour la messe (6:10mn) :


Voici la belle tour de l'église de La Hulpe.


L'horloge est sous la charpente, au milieu des cloches.


Le système de coptée campanaire. Chaque corde permet de jouer sur une cloche.


Une première Bauwens-Goossens.


On y trouve l'effigie de Petit & Fritsen.


Les rinceaux, photo faite à main levée le bras tendu !


La deuxième Bauwens-Goossens.


Détail sur le rinceau de fleurs de lys.


Le baudrier.


La Marcel Michiels Sr.


Elle a une épigraphie simple mais soignée.

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