(dans la vie d'un reporter de presse, il y a des moments où il faut savoir prendre des risques)

Lors d'un reportage à l'étranger dans un pays que je nommerai pas pour éviter tout risque de conflit nucléaire à l'échelle mondiale, si ce n'est interplanétaire, un étrange hasard m'a fait entrer dans une zone ultrasecrète baptisée le monde des kitch. Une main solitaire a bien tenté de me rattraper, au hasard d'une tisane au tilleul, afin de me prévenir dans des mots chuchotés et discrets que je courrai un grand danger, mais ce fut vain, je n'en eus que faire et n'eus (d'ailleurs) cure de me réjouir : chaque image engrangée était un grand coup dans le popotin d'Ahmadinejad, Kim-Jong-Il et leurs sbires réunis. Il va de soi que la nuit suivante fut difficile. Sous couvert de justifications factices et peu crédibles - un accident de voiture qui ravagea la moitié de la cuisine - la vérité un peu plus crue était que j'étais roué de coups, les larbins de l'axe du mal tentaient de me voler les photos. Vous devinez sans peine la bravoure de votre serviteur, musclé comme un cadre de vélo, les barbouzes filaient sans traîner dans le fin fond de Biercée (sous une volée allègre de coups de poings énergiques) au grand dam de Paul F., inquiet des retombées internationales et diplomatiques sur le petit village.

Je vous invite donc, au péril de votre vie, dans un reportage dont vous ne ressortirez pas indemne.
Sachez que, outre tous les jugements de la presse people qui tomberont ivres de mépris sur mon compte, j'ai bien évidemment décidé d'arrêter désormais tous les reportages photos. Il ne peut y avoir de sensation de meilleur achèvement que cet énigmatique centre infra-terranucléaire souterrain, qui représente je le sais tout rêve de photoreporter un tant soi peu épris d'intégrité.


C'est un vrai lieu, je peux en témoigner de vive voix devant un tribunal créé tout spécialement pour l'occasion, ce ne sont pas des images de synthèse, je le jure.


L'espèce présentée ici serait un podoaltus gigantum, assez réputée pour sa nocivité en rayons bi-დ


Ici, nul doute sur la situation, il s'agit du Coccinellum-Drachum, décrit par Zosime de Panopolis dans Agnostos Theos, Untersuchungen zur Formengeschichte religiöser Rede, Leipzig, 1913, p. 246-250.


Quant à l'abominable Boaconstrictum Terrifiopolis, accompagné de son Canardum Affreusis Varieta Rosum, je vous imagine d'emblée en train de ressentir des sueurs froides, vous venez de comprendre que vous allez mourir dans d'immondes douleurs.


Le coup de grâce vient du Krabus Platipum Affectuosis, dont vous reconnaissez sans peine la description dans la fin du livre "La machine à explorer le temps" d'Herbert George Wells - The Time Machine - page 243, édition originale de 1895 annotée de l'auteur.


Un Monocycloposis Tripattis, cher aux Iraniens pour ses hautes radiations en rayons tri-ჭ.
Les trois cerques du bas sont les tripatosomiases émissives.


Par contre, cela mérite explication. C'est une Nemopilema Nomurai. C'est une méduse lumineuse dont le toucher peut contaminer sur 15.000 générations de suite, d'après les tests de Collins AG, Schuchert P, Marques AC, Jankowski T, Medina M, Schierwater B. 2006. Medusozoan phylogeny and character evolution clarified by new large and small subunit rDNA data and an assessment of the utility of phylogenetic mixture models. Syst Biol. 55:97-115.


Sous son apparence ahurie de gentil ourson tricolore à tendance saucisse Bi-Fi, ce შავთეთრიფოტო est en fait une horreur transgénique kitchiesque.


Une Tarentula Orangis Poiluvorbis, cachée dans la végétation.


Ce Gastropodus de variété lamproie-affable est en cours de développement et n'est pas encore en capacité de nuire à la double-moitié au carré de la terre entière, comme on le voit à son sourire.


Le laboratoire pris en caméra cachée sous mes vêtements.


Un Debilus Crapaukaris se cache dans la végétation dense du laboratoire.


Végétation d'ailleurs suspecte, puisque ressemblant étonnamment aux descriptions obscures de Platon sur les lianes densiformes de la Panapolique Antique.

Je jure auprès de ma Nation la Belgique Unifiée et solidaire devant le danger, Herman Van Rompuy, SAR Albert II, que ce reportage est sincère et véritable. Je mets en garde l'univers entier d'un danger omniprésent qui se cache dans ce laboratoire difficile d'accès. Moi, Vincent Duseigne, journaliste d'investigation, ait ce 7 mars réalisé un reportage durant la nuit. C'est sous la pression du KERN que je révèle au grand jour mes informations, ne supportant plus le poids que la presse fait porter sur moi. A vous tous ma famille mes amis, je vous ai toujours aimé. Adieu. Vincent Duseigne.