Les
marnières de la vallée de l'Eure (1/5) Type
de souterrain : elles sont traditionnellement appelées marnières
dans la documentation historique locale. En contrepartie, au vu de leur structure
fort différente de celles du département de l'Eure (où sont
recensées à ce jour 28.000 marnières), ce sont plutôt
des crayères. Ce point sera détaillé en aval de l'étude. Je remercie tout spécialement la mairie de Jouy pour son soutien dans les recherches historiques et Monsieur René Rousseau pour sa présence et ses explications historiques. Je remercie Monsieur Bochet du passage de Saussay pour les autorisations. Vous
pouvez écouter Monsieur René Rousseau parler des marnières
ici : Les marnières sont les vestiges de creusements familiaux. Ici dans l'Eure & Loir, nous sommes loin des grands procédés industriels, le but est de tirer une craie friable afin d'amender les champs. C'est pourquoi de manière quasi-systématique, les lieux sont de dimension restreinte. La famille d'agriculteur creuse durant les périodes hivernales, où l'on a peu d'activité dans les champs. Ce sont souvent des exploitations à flanc de coteau, assez souvent à proximité immédiate des champs. Quelquefois, ces marnières ont été accessoirement utilisées pour tirer de la pierre à bâtir. D'importants bancs de silex strient les parois. Ces silex - parfois énormes - ont été collectés pour bâtir des murs. C'est un système assez similaire aux murs de meulières de la région parisienne, sauf qu'ici ce sont des silex. Ces silex sont la plupart du temps bruns et légèrement translucides, ils sont gris clair dans quelques marnières. On a tiré de ces marnières de la craie du Sénonien. Si nous devions jouer les puristes, ces souterrains s'appelleraient donc des crayères. Cela n'a que peu d'importance. Le mot marne signifiait craie en patois normand, ce qui explique la confusion. L'apparence est celle d'un matériau très blanc, granuleux, fragile, les parois sont systématiquement veinées de rognons de silex. A quelques endroits, (Les Bordes, les Clous Gaillards), on trouve des poches argileuses. Elles ont tendance à s'effondrer du fait du peu de cohésion du matériau, et donc à former des cloches de fontis. Cela n'est pas gênant car ça affecte des terrains forestiers essentiellement privés. Au niveau historique, les études du BRGM (Inventaire Départemental des Carrières Souterraines, RP-54058) évoquent un début de creusement à la période romaine. Si cela est entièrement possible, il est évident qu'aucune trace n'est retrouvée dans cette étude. Il est fort probable que le creusement des galeries présentées ait été effectué entre 1850 environ et la seconde guerre mondiale. Les vestiges de matériels agricoles datent de toute apparence d'une période allant de 1920 à 1940. Les carrières sont aujourd'hui abandonnées, à part quelques-unes qui servent de stockage à du matériel agricole ou du matériel civil (pots de fleurs, bouteilles, cageots). Dans les anecdotes, à Saint-Prest, madame d'Entragues, châtelaine, était si effrayée par les subsides et les provisions demandées par les habitants, qu'elle se fit descendre dans une marnière aux bords escarpés, afin de disparaître à la vue des habitants. Ce trou existait parait-il au début du siècle sous le nom " trou à la capuche ", surnom donné à madame D'entragues, souvent coiffée d'une mante. Saint-Prest,
la marnière Bellanger
Saint-Prest,
la marnière Les Falaises
Saint-Prest,
la marnière Les Bordes 1 Saint-Prest,
la marnière Les Bordes 2
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