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L'église St-Pierre St-Paul de Gallardon (1/7)

Ces quelques pages sont des photographies de la nef et clocher de l'église Saint-Pierre Saint-Paul de Gallardon. Je remercie Monsieur le Maire de Gallardon, Yves Marie, de m'avoir permis de réaliser ce reportage et je remercie de tout coeur Monsieur Anthony Douézy pour son enthousiasme, sa confiance et son professionnalisme. Grand merci aussi à Jacques Proutheau pour la seconde visite.

La fondation de l'église date du début du XIème siècle. Il existait une petite ville autour du château fort. L'évêché était sous la direction de l'évêque Fulbert (de 1007 à 1028). L'archiviste Decoin place la fondation de l'église en 1020. Cependant, les écrits de l'époque mentionnent souvent une date de bénédiction ou de première utilisation, ce qui est postérieur à la construction, on peut donc estimer que la première pierre a été posée entre 1015 et 1018. L'église aurait été construite par le chef bâtisseur Alberti Galardonensis. La preuve provient du cartulaire de Bonneval : Ecclesiam quoque de galardone, sicut ad alberto, ejustem castri domino, fundata est cum incrementis et donis quae herveius ejus filius, eidem ecclesias conticit et his omnibus quae postea filli ejus hugo et garinus addiderunt sicut canonici qui ante vos in eadem ecclesia fuerant possederunt et in scriptis ejusdem ecclesiae continectur.

Jusqu'à la fin du 11ème siècle ou tout début du XIIème siècle, la nef s'arrêtait au niveau du pignon d'entrée du choeur. Il y avait donc pour église le portail et la nef, très classique des structures romanes d'Eure & Loir. Au premier quart du XIIème siècle débute la construction du choeur et du déambulatoire. On construit aussi à cette époque le clocher, haut de 76 mètres. Il a une forme très élancé et il possède la particularité d'avoir subi une torsion (comme on peut le voir ici ailleurs). Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner ces ouvrages des compagnons charpentiers : flammés, vrillés, tors, tordus, tournés, torsadés, hélicoïdaux, en spirale, en limaçon... La forme était-elle voulue ou accidentelle ? Il est possible qu'elle ait été construite torse depuis le départ, mais cela peut être aussi le cas de charpentes mouillées, qui se torsent en séchant, mais on obtient alors des ruptures. Le 17 juillet 1788, le clocher est démoli par un ouragan, on ne connaît donc ce clocher que par gravure.

Les cloches utilisées à ce jour sont actuellement au nombre de deux, par le passé, elles ont été trois, puis cinq, puis trois, puis une, puis deux ! La première, qui sert de timbre, date de 1403, c'est la plus petite des cloches. Le 22 juillet 1601, la seconde cloche est baptisée, c'est la moyenne, elle est nommée Sainte-Marie, nommée par erreur cloche de Sainte-Barbe. La plus grosse date de mai 1562. Elle est nommée Saint-Pierre, et baptisée par le curé Pierre Vigoureulx, fondue par Thomas et Denis les Mouflet, demeurant à Chartres. Ces trois cloches sont accompagnées de deux clochettes. Jusqu'en 1773, il y avait 5 cloches. Le 4 août 1762, lors de l'enterrement de Monsieur de Bonelles, l'une des cloches se fêle puis casse. Les autres commençaient à devenir discordantes.

Le 25 ventose an 12, le citoyen Brillot, charpentier, signale que le beffroi est pourri, il y a risque de chûte. Le beffroi est réparé en 1804. Après diverses péripéties, fêlures, cassures, la dernière cloche est brisée en 1811. Le 7 octobre 1813, la grosse cloche (Saint-Pierre) est fondue en deux cloches de taille moyenne. Elles sonnent le mi et le sol, elles sont nommées Sainte-Marie et Saint-Pierre. Marie est fêlée en 1937, puis refondue, elle est nommée Thérèse-Denise.

Vous pouvez visualiser la volée (après l'angélus) ci-dessous.

 

Vous pouvez écouter les cloches ci-dessous, d'abord le tintement de midi, ensuite la volée.

Cloche 1 : ne possède aucune mention de fondeur sur la robe. Il s'agit d'une François et Nicolas HUSSON. Sonne un sol(1). Date de 1813. S'appelle Marie. Présence de figures en robe, dont un Saint-Nicolas symbolique assez joli. Les anses sont carrées sans décoration. Volée en lancé franc, ne part en volée que pour la messe. Battant thermoforgé. Belière usagée. La robe possède encore les traces de troussage. Traces d'une rotation de 90 degrés sous le cerveau, la cloche a été tournée cause usure.
Inscription : L'AN 1813 J'AI ETE BENITE SOUS L'INVOCATION DE ST-PIERRE.
Poids : 1100 kg. Diamètre : 120 cm.

Cloche 2 : sonne un sol(2). A été fondue par Louis Bollée en 1837, aidé par Armand Blanchet. Lieu de fonte : Paris, donc pas Orléans, et donc dans l'atelier de Blanchet. Possède une série de rinceaux typique de l'art des Bollée, feuilles d'acanthe pour un travail soigné et de qualité. Volée en lancé franc. Battant thermoforgé. Bélière usagée, baudrier usagé. Sert au tintement des heures et aux volées quotidiennes. Les anses sont doubles, ce qui est étonnant pour une petite cloche.
Inscription : LE 26 SEPTEMBRE 1937, J'AI ETE BENIE PAR SON EXCELLENCE MGR HARSCOUET, EVEQUE DE CHARTRES. J'AI EU POUR PARRAIN M. ALBERT DEFFAIX ET POUR MARRAINE MME GEORGES MOLLET - M. L'ABBE HUET ETANT CURE - M. G. NOLLET, MAIRE DE GALLARDON. J'AI RECU LES NOMS DE THERESE DENISE.
BLANCHET, FONDEUR A PARIS.
Poids : 560 kg. Diamètre : 99 cm.

Cloche 3 : n'est pas fréquente et n'est pas utilisée. Ancienne cloche de timbre (n'a jamais possédé de battant), aussi appelée la cloche d'horloge. Elle date de 1403. Elle se situe au niveau de l'horloge, laquelle est encore fonctionnelle aujourd'hui, bien qu'elle était placée dans la tour de flèche octogonale à l'époque. Boîtier d'automation Bodet, désaffecté. Le marteau est encore présent. Sonne un très mauvais fa dièse. Un marteau en bois semblait exister dans le temps, avant Bodet. C'est une cloche de 60 cm à la bouche, 65 cm à la robe anses comprises. Très belle dédicace en deux lignes séparées de cordons. Lettrages en onciale, bien que le Y soit fantaisiste.

La dédicace comporte comme texte : L'AN MCCC ET III POUR RELOGE FUT FONDE DU PAYS ET DES BOURGOYS DE GALLARDON LE CONTREE. Possède en sus deux ornementations de petites cloches dans un cercle et un blason végétal. L'intérieur des lettres est rempli de palmettes et les L possèdent une terminaison en fleur de lys. C'est un travail très soigné pour l'époque.


La table de lecture de la dédicace.

C'est une des cloches les plus anciennes d'Eure & Loir, si ce n'est la plus ancienne, sous réserve d'inventaire. Source : Maurice Vié.

Pour voir des images de détail de ces cloches, vous pouvez vous rapporter à l'article d'épigraphie campanaire, qui est entièrement basé sur Gallardon pour son illustration.

Nous allons maintenant visiter l'exceptionnelle église de Gallardon.


Vue générale de la ville, marquée par le donjon qui défie les lois de l'équilibre et l'imposante église.


Cette église est un grand bateau sur la mer de la ville.

Vue générale de la nef et du choeur


Panoramique de la nef depuis le porche du choeur.


Panoramique du choeur depuis la nef.

La tour


L'escalier d'accès au clocher.

Les combles


Nous sommes ici derrière le triforium.


Un assemblage par tenon et mortaise.


La forêt de bois, comble des chapelles.


Détail de jonction sur les arches du triforium.


La charpente du choeur est incroyablement belle.


C'est probablement l'un des plus beaux ouvrages d'Eure & Loir.

Le clocher


Marie a un axe métallique. Elle est en lancé-franc.


Tandis que Thérèse-Denise a un mouton traditionnel en bois, d'une épaisseur de 25 centimètres.


Vue sur le volant d'entrainement de volée de la petite cloche.

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