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Tchorski
L'église Saint-Pierre de Maintenon (1/2)

 
Un enregistrement de la cloche Henriette sur quelques images de Maintenon

Cette page est un petit documentaire campanaire sur l'église Saint-Pierre de Maintenon. Je remercie la mairie de Maintenon et monsieur le Maire Michel Bellanger de m'avoir permis de réaliser ce reportage ; je remercie de même le Presbytère de Maintenon concernant les aspects pratiques de la visite.

L'église Saint-Pierre de Maintenon est de style baroque (ce qui est rare pour la région) et a été bâtie sur l'ordre de Françoise d'Aubigné, Madame de Maintenon. Jean Cottereau, créancier des anciens seigneurs de Maintenon, serait le constructeur, car on trouve cet épitaphe : Sous quatre roys par service estimé, le chastel fist, cette église fonda en ses vieux jours où repos se donna. On date donc la construction de l'église au XVIIème siècle (1692 pour la demande, 1694 pour la construction).

Certains documents citent la première construction au XIIème siècle, mais aucune pierre sur place ne semble témoigner de cette époque (En 1160, Guillaume de Maintenon fait donation à l'église de Notre-Dame de Maintenon, Eccclesie Béate Marie, in Mestenone constructe, pro anima, me prioris cunjugis, de cinq sous de rente). Le comte de Mongommery, un huguenot, aurait ruiné l'église. La première pierre a été bénite par Monseigneur le Vayer, vicaire général de l'évêché de Chartres, et posée par Monsieur Manseau le 17 juillet 1694. Le 24 juin 1696 a eu lieu la cérémonie de consécration. Le samedi 17 juillet 1694, nous avons béni l'Eglise paroissiale de Saint-Pierre-de-Maintenon, que très haute et très puissante dame Françoise d'Aubigné, Mme de Maintenon, en continuant les effets de sa piété ordinaire a fait nouvellement bastir dans la ville de Maintenon. Signé : de Cugis, curé de Maintenon ; Ramier, vicaire ; Coulloch, Pierson, Huet (Archives de V Eure-et-Loir, G.-G. 3). Le premier baptème a eu lieu le 1er août 1694, par Monseigneur de Cugis. Le 24 juin 1696 a eu lieu la dédicace et consécration de l'église, par Monseigneur Godet des Marets, évèque de Chartres.

La façade est en grès, probablement en provenance d'Epernon. L'intérieur est un lambris recouvert d'un plâtras. En effet, au XVIIème siècle, les lambris en bois faisaient pauvre, c'est en tout cas ce qui était considéré de manière étonnante. C'est pourquoi on a recouvert de fines plaques de plâtre, certainement sur ordre de Madame de Maintenon. Les lieux ont été récemment restaurés (2012). En 1899 a eu lieu une entière rénovation du clocher. Durant la guerre 39-45, l'église a subi de graves dommages aux vitraux et à la voûte.

La tour est intermédiaire entre clocher et clocheton. La flèche est fort élancée. Les cloches sont à l'air libre, ce qui est assez rare pour la région, il n'y a pas d'abat-son. A cause de l'humidité qui est générée, le sol est recouvert d'un litage en zinc, afin d'assurer l'étanchéité. Le beffroi est en métal. Afin d'éviter la propagation des vibrations, ce beffroi est posé sur une structure en poutres de bois, sous le litage en zinc. La charpente de la flèche est fort attaquée par l'humidité. Il y a deux cloches. Les marteaux ont été rénovés peu de temps auparavant, mais pas les battants. Les cloches n'ont pas de mouton.

Ces deux cloches sont des Louis et Etienne Cancel de 1822. Le beffroi est à double travée. L'actionnement horaire est électrique depuis 1954, la transmission est à chaîne et volant. Les sonneries sont automatisées par un (probable) système Mamias. La cloche sonne un angelus à 12h05 et 19h05. Il y en a probablement un à 7h05, mais je n'en garde pas souvenance. Seule la cloche Henriette sonne. La cloche Marie-Antoine est uniquement utilisée en vue de l'appel à la messe et les grands évènements.

Cloche 1 - Marie-Antoine. Louis et Etienne Cancel. 1822. Poids : 380 kg. Note : La.
Inscription : (croix) L'AN 1822 LE 24 JUIN SOUS LE REGNE DE LOUIS LE DESIRE 16è DU NOM DE FRANCE ET DE NAVARRE A ETE (main) BENITE PAR mgr DELATIL EVEQUE DE CHARTRES APRES AVOIR ETE NOMMEE MARIE ANTOINE PAR MONSIEUR LE (main) MARQUIS DE NOAILLES ANCIEN AMBASSADEUR PRES LES COURS D'ANGLETERRE ET DE VIENNE PLUS ANCIENNEMENT (main) MINISTRE A LA HAYE ET HAMBOURG MARECHAL DE CAMPS GRAND CORDON DE L'ORDRE DE ST LAZARE CHEVALIER (main) DE ST LOUIS ET PAR MADAME LA COMTESSE DE CONVAY ETAIT ALORS CURE Mr LAVERGNE MAIRE Mr COUTURIE (main) Ntr ROYAL MARGUILLIERS MM L HOTTRON P ROBERT B MESSONNIER P DUPONT
L ET ETIENNE CANCEL FRERES FONDEURS

Cloche 2 - Henriette. Louis et Etienne Cancel. 1822. Poids : 280 kg. Note : Si.
Inscription : (croix) L'AN 1736 A ETE BENITE PAR Mr JEAN FRANCOIS DEREYROLES CURE NOMMEE HENRIETTE PAR (main) TRES HAUT ET TRES PUISSANT SEIGNEUR Mgr JEAN PAUL FRANCOIS DE NOAILLES COMTE D'AYEN MESTRE (main) DE CAMP DU REGIMENT DE NOAILLES CAVALERIE GOUVERNEUR ET CAPITAINE DES CHASSE DE ST GERMAIN EN (main) LAYE EN SURVIVANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'AYEN SON PERE ET PAR TRES HAUTE ET TRES PUISSANTE (main) DAME MADAME HENRIETTE ANNE LOUISE DAGUESSEAU DE FRESNE COMTESSE D'AYEN REPRESENTEE PAR Mr MATHIEU (main) YBERT LIEUTENANT GENERAL DU BAILLAGE DE MAINTENON ET PAR MME ANNE MARTINE ARTERIER EPOUSE DE Mr (main) ET DE MARTINCOLLIN AVOCAT EN PARLEMENT LE Sr COLLIN MARGUILLIER ET LE Sr JOSEPH RAGOULLEAU BAILLY DE ST (main) MARTIN PROCUREUR A MAINTENON MARGUILLIER EGLISE ST PIERRE DE MAINTENON

Attention, il existe un terrible anachronisme dans les littératures. La cloche 2 est enregistrée comme étant une anonyme de 1756 ou 1736. Or, la dédicace mentionne le décès de Louis de Noailles (1713-1793). Cette cloche ne peut donc pas dater du 18ème siècle. Il s'agit d'une Louis et Étienne Cancel de 1822, comme Henriette. A ce titre, les dédicaces et techniques de fonte sont très semblables, voir notamment les cordons en fourniture.


Le clocheton dans le soleil couchant.


La tourelle est l'escalier d'accès au comble de nef.


Vue de la façade avant en grès d'Epernon.


Petite et grandes clés !


La nef, avec son lambris plâtré.


La nef et l'orgue.


L'escalier d'accès au comble de nef.


La soufflerie de l'orgue.


Le comble de nef et la charpente de toiture.


Le comble du choeur.

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