| L'église
Saint-Boniface d'Ixelles (1/3) Il
s'agit de l'église Saint-Boniface d'Ixelles (Bruxelles 1050), située
rue de la Paix. L'église
Saint-Boniface est la première église de style néogothique
de la capitale. Pour rappel, le néogothique est un style architectural
du milieu du XVIIIème siècle, sur lequel on revient à des
formes ouvragées médiévales. En quelque sorte, c'est une
volonté de retour en arrière. Le meilleur exemple du genre est la
cathédrale d'Amiens. C'est
une église à trois vaisseaux, cela signifie qu'il y a trois toitures,
donc trois tois en batière, donc six pans. Cela donne à l'église
un aspect fort large, surtout vu depuis le sommet de la flèche. Au portail,
on voit bien les trois toitures. Depuis la rue de nos jours, il est assez difficile
de se rendre compte que c'est une église aussi vaste. L'église est
engoncée dans les habitations et dans une circulation anarchique démoniaque.
Cet aspect de largeur est voulu pour aérer l'espace, c'est une tendance
de l'architecture néoclassique. Cette
église a été construite en pierre de Gobertange, ce qui est
important à nos yeux car cela répond à d'autres recherches
nous concernant : les carrières souterraines de Gobertange, dont nous ne
localisons aucune trace hormis dans les archives.
Aujourd'hui,
l'église est classée monument historique (Arrêté du
Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 18 mars 1998, classant
comme monument la totalité de l’église Saint-Boniface, en ce compris
le mobilier fixe par destination, sise 21A-23 rue de la Paix à Ixelles).
Au tout départ, la flèche était bardée d'ardoises,
dont certaines parties étaient en mauvais état. On en retrouve encore
quelques traces d'ardoises (de petits stocks abîmés), dans les niveaux
bas de la flèche. La flèche fut ensuite bardée de cuivre.
La nouvelle couverture datant de 1936 s'est rapidement révélée
défectueuse, elle fut alors remplacée partiellement par des bardeaux
d'éternit. Elle a été entièrement rénovée
en janvier 2009, les éternit ont été remplacés par
un bardage cuivré et zingué. En 2001, les arêtiers manquants
ont été remplacés avec des pièces cuivrées
neuves.
En
novembre-mars 2006, l'église a été occupée par des
sans-papiers, qui ont mené une longue grêve de la faim (conflit
documenté ici). Monsieur le Curé Norbert Maréchal a courageusement
accueilli ces hommes. Ces réfugiés, pour bon nombre Iraniens, ont
été régularisés en avril-mai 2006. Avant d'entrer
Le clocher Le clocher est extrêmement exigu. Le plancher est en bois et comporte une trappe ronde. Il n'y a pas d'abat-son, ils ont été fort probablement démontés et stockés en attente de réparation. Les remplages sont quasiment inexistants. Il est fort probable que cette dentelle a subi les attaques de la pollution athmosphérique et il n'en reste rien. Pluie acide sur du calcaire tendre = mauvais ménage. Il reste des morceaux de lancettes et de meneaux, mais on voit bien que c'est malheureusement la misère...
Les cloches ont été refondues en 1947. Le beffroi est en poutre de bois. Par contre, les axes sont en métal. Vu le décentrement de l'axe de gravité, c'est un système rétro-lancé. Les battants sont en relativement bon état tandis que les marteaux sont si dégradés qu'ils ne fonctionnent plus, ils n'ont plus de boule. Les volants sont presque encastrés dans la cloche. Ceci est dû au style flamboyant : flèche élancée, la salle des cloches est petite. Il y a trois cloches, deux grandes et une clochette, située au dessus des deux autres. Pour monter dans la flèche, on ne peut faire autrement que de s'adosser à la cloche. Il faut bien surveiller l'heure pour ne pas avoir la volée de la messe !
La flèche
Le comble de nef
|