Tchorski
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La carrière de C. (1/2)


L'usine de C. en 1927.

Si je publie librement, c'est parce que l'entrée de ce réseau a été démolie par la construction d'un lotissement. Il n'existe donc à ce jour plus aucun moyen d'y aller. L'entrée du golf de S. a été démolie quant à elle en mars 2005 pour d'évidentes raisons de sécurité.


Plan du réseau, cliquable pour une plus haute résolution.

Au tout début des recherches dans le ciment, les réseaux souterrains se situaient, comme on l'a vu dans l'historique, dans le pourtour immédiat de Grenoble. Peu après, les Ciments de la Porte de France se sont étendus dans la grande couronne de Grenoble. D'anciens documents semblent mentionner la présence de ciment à Seyssinnet-Pariset, mais cela n'a pas encore été retrouvé.

Il est fort probable que le creusement sous C. formait un seul réseau à l'époque, mais aujourd'hui, on se retrouve devant deux réseaux distincts, nord et sud. Ils sont soit reliés par un ou des puits, soit par des galeries effondrées, soit pas reliés du tout (qui sait ?!). Le manque de topographie empêche les récolements et la mise en place de suppositions fiables.

Le réseau accessible à partir de S. donne dans un roulage axé nord-sud long de 1,5 à 2 kilomètres. Il se dirige vers l'exploitation C.2 et C.3. La fin du travers banc de S. est un puits montant dans lequel souffle énormément d'air. Il n'est pas possible de le grimper. Dans le réseau de S., on trouve un lourd équipement minier pour peu de tailles. Les 5 étages vers le bas et les 6 étages vers le haut ont un développement relativement ridicule face à l'ampleur des installations. De ce fait, cela viendrait conforter l'idée que les réseaux de C. communiquaient avant : les ciments de C. pouvaient sortir par S.

Dans le réseau de S., demandant une peu plus d'une demi-journée de visite, on trouve quelques jolis vestiges du roulage : voies, aiguilles, berlines et un funiculaire. De nombreux secteurs sont inondés, de nombreux autres sont effondrés.

Le réseau appelé C.2 et C.3, est beaucoup plus complexe que la partie de S. On accède à deux parties distinctes de réseau, en enfilade, séparés par une faille. La progression dans le réseau est facile au départ, puis devient de plus en plus difficile à cause des multiples effondrements. A la fin du roulage, un gigantesque effondrement obture toutes les tailles.

Même si cette exploitation ne comporte plus beaucoup de matériel roulant, elle est un modèle type d'extraction du ciment, on y comprend sans peine comment s'organisent les tailles et les roulages.
Une originalité tout de même... Au contraire du Mont Jalla où les matériaux ne font que descendre le long des tailles, ici les matériaux extraits montent dans deux funiculaires. J'en déduis le fonctionnement suivant :
Les extractions de C.3 (entrée C.) sortaient par le roulage de C. et étaient cuits aux fours attenants. Les extractions de C.2 (le fond de l'exploitation) sortaient par S. au moyen d'un roulage aujourd'hui effondré. Les matériaux étaient bennés dans une trémie, qu'on retrouve au pied du puits de S.. Le puits de S. ne servait qu'au passage du personnel et les tuyaux d'air comprimé, d'où la grande citerne qu'on retrouve au puits de S. Ceci n'est bien sûr qu'une supposition, il est impossible d'en démontrer l'exactitude ainsi que la fausseté puisque des éléments sont manquants. En tout cas, dans l'état actuel des constatations, je trouve que l'Usine de S. est surdimensionnée par rapport à l'exploitation immédiatement attenante. On pourrait arguer que la faille qui coupe en deux C. leur posait problème.

Une autre particularité des réseaux de C., c'est d'avoir été exploités sur deux couches distinctes séparées par une couche de stérile. On appelle cela le réseau de 4 mètres et le réseau de 3 mètres. La progression dans le second réseau est plus difficile parce que les tailles sont pentues et lisses. Ce second réseau comporte peu de matériel.


La vue sur la Chartreuse est magnifique.


L'entrée en 2005, démolie quelques semaines après mon passage.


Aujourd'hui, un lotissement remplace ce lieu.


Un reste de charette.


Des bases de berlines, massacrées par du ferraillage.


Un quartier peu pentu au départ de l'exploitation, côté sud.


Malheureusement, c'est une mauvaise photo.
C'est un plan incliné qui permet aux berlines de rejoindre le roulage par le biais d'une plaque tournante.


Quelques berlines au fond des quartiers d'exploitation.


On y voit le pendage qui n'est pas très élevé.


Cette photo montre un glouton vu d'en bas. C'est par là qu'étaient bennés les matériaux.


Un glouton, avec quelques restes de rails, à deux pas de la grande salle.


L'un des funiculaires.


Le haut du grand funiculaire, en état plus qu'incertain !


Le haut du petit funiculaire, en bon état.


Une ancienne entrée comblée.


François devant un bloc de glace, non loin de l'entrée démolie à ce jour.

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