La
carrière de Comboire (1/2)
L'usine
de Comboire en 1927.
Si
je publie librement, c'est parce que l'entrée de ce réseau (X :
862483 Y : 2020571) a été démolie par la construction d'un
lotissement. Il n'existe donc à ce jour plus aucun moyen d'y aller. L'entrée
du golf de Seyssins a été démolie quant à elle en
mars 2005 pour d'évidentes raisons de sécurité.

Plan
du réseau, cliquable pour une plus haute résolution.
Au
tout début des recherches dans le ciment, les réseaux souterrains
se situaient, comme on l'a vu dans l'historique, dans le pourtour immédiat
de Grenoble. Peu après, les Ciments de la Porte de France se sont étendus
dans la grande couronne de Grenoble. Tout particulièrement, la société
a exploité la colline de Comboire, située sur les communes de Seyssins
et Claix. D'anciens documents semblent mentionner la présence de ciment
à Seyssinnet-Pariset, mais cela n'a pas encore été retrouvé.
Il
est fort probable que le creusement sous Comboire formait un seul réseau
à l'époque, mais aujourd'hui, on se retrouve devant deux réseaux
distincts, nord et sud. Ils sont soit reliés par un ou des puits, soit
par des galeries effondrées, soit pas reliés du tout (qui sait ?!).
Le manque de topographie empêche les récolements et la mise en place
de suppositions fiables.
Le
réseau accessible à partir de Seyssins donne dans un roulage axé
nord-sud long de 1,5 à 2 kilomètres. Il se dirige vers l'exploitation
Comboire2 et Comboire3. La fin du travers banc de Seyssins est un puits montant
dans lequel souffle énormément d'air. Il n'est pas possible de le
grimper. Dans le réseau de Seyssins, on trouve un lourd équipement
minier pour peu de tailles. Les 5 étages vers le bas et les 6 étages
vers le haut ont un développement relativement ridicule face à l'ampleur
des installations. De ce fait, cela viendrait conforter l'idée que les
réseaux de Comboire communiquaient avant : les ciments de Comboire pouvaient
sortir par Seyssins.
Dans
le réseau de Seyssins, demandant une peu plus d'une demi-journée
de visite, on trouve quelques jolis vestiges du roulage : voies, aiguilles, berlines
et un funiculaire. De nombreux secteurs sont inondés, de nombreux autres
sont effondrés.
Le
réseau de Claix, appelé Comboire2 et Comboire3, est beaucoup plus
complexe que la partie de Seyssins. On accède à deux parties distinctes
de réseau, en enfilade, séparés par une faille. La progression
dans le réseau est facile au départ, puis devient de plus en plus
difficile à cause des multiples effondrements. A la fin du roulage, un
gigantesque effondrement obture toutes les tailles.
Même
si cette exploitation ne comporte plus beaucoup de matériel roulant, elle
est un modèle type d'extraction du ciment, on y comprend sans peine comment
s'organisent les tailles et les roulages.
Une originalité tout de même...
Au contraire du Mont Jalla où les matériaux ne font que descendre
le long des tailles, ici les matériaux extraits montent dans deux funiculaires.
J'en déduis le fonctionnement suivant :
Les extractions de Comboire3
(entrée Comboire) sortaient par le roulage de Comboire et étaient
cuits aux fours attenants. Les extractions de Comboire2 (le fond de l'exploitation)
sortaient par Seyssins au moyen d'un roulage aujourd'hui effondré. Les
matériaux étaient bennés dans une trémie, qu'on retrouve
au pied du puits de Seyssins. Le puits de Seyssins ne servait qu'au passage du
personnel et les tuyaux d'air comprimé, d'où la grande citerne qu'on
retrouve au puits de Seyssins. Ceci n'est bien sûr qu'une supposition, il
est impossible d'en démontrer l'exactitude ainsi que la fausseté
puisque des éléments sont manquants. En tout cas, dans l'état
actuel des constatations, je trouve que l'Usine de Seyssins est surdimensionnée
par rapport à l'exploitation immédiatement attenante. On pourrait
arguer que la faille qui coupe en deux Comboire leur posait problème.
Une
autre particularité des réseaux de Comboire, c'est d'avoir été
exploités sur deux couches distinctes séparées par une couche
de stérile. On appelle cela le réseau de 4 mètres et le réseau
de 3 mètres. La progression dans le second réseau est plus difficile
parce que les tailles sont pentues et lisses. Ce second réseau comporte
peu de matériel.

La
vue sur la Chartreuse est magnifique.


L'entrée
en 2005, démolie quelques semaines après mon passage.

Aujourd'hui,
un lotissement remplace ce lieu.

Un
reste de charette.

Des
bases de berlines, massacrées par du ferraillage.


Un
quartier peu pentu au départ de l'exploitation, côté sud.

Malheureusement,
c'est une mauvaise photo.
C'est un plan incliné qui permet aux berlines
de rejoindre le roulage par le biais d'une plaque tournante.

Quelques
berlines au fond des quartiers d'exploitation.

On
y voit le pendage qui n'est pas très élevé.

Cette
photo montre un glouton vu d'en bas. C'est par là qu'étaient bennés
les matériaux.


Un
glouton, avec quelques restes de rails, à deux pas de la grande salle.

L'un
des funiculaires.

Le
haut du grand funiculaire, en état plus qu'incertain !

Le
haut du petit funiculaire, en bon état.

Une
ancienne entrée comblée.

François
devant un bloc de glace, non loin de l'entrée démolie à ce
jour.