Tchorski
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La mine d'Halanzy (1/3)


Une carte ancienne de la mine d’Halanzy

Les mines de Halanzy-Warnimont et de Musson sont les seules exploitations de minette en Belgique. Il y a eu des excavations réalisées dans le fer fort, mais elles n'ont rien à voir, autant en qualité de creusement qu'en développement. La mine d'Halanzy est en deux parties : le Bois-Haut et Warnimont. A côté, il existe la mine de Musson qui est aussi appelée parfois la mine de Grand-Bois, mais ce sont deux concessions différentes. Sous terre, ça ne se rejoint pas.

La mine de Halanzy par l’entrée Warnimont commence par un tunnel ferroviaire d'un diamètre assez petit, 3 mètres de hauteur tout au plus. Ca débouche assez rapidement sur un roulage et des quartiers d'exploitation. La spécificité par rapport au bassin lorrain de minette, c'est que c'est une mine ancienne, un peu à part du point de vue historique. En effet, c'est une mine qui n'a eu que très peu de rapports avec les exploitants français ou luxembourgeois (seuls quelques contacts avec la mine de Coulmy) et c'est une mine dont les premiers développements sont très anciens, ce qui est plutôt rare. Effectivement, dans les quartiers ouest, on retrouve de l'exploitation basse, avec des piliers à bras et des murs à sec. En plus, on peut distinguer au sol une trace de brouette. Malheureusement, ce secteur de quartiers commence à se dégrader et à disparaître peu à peu sous les effondrements.

Nous suivons la grande galerie principale de roulage et les découvertes s'accumulent. Nous trouvons une poudrière, une écurie, un secteur où les consolidations de murs sont faites en tôles de berlines. Une assez longue galerie transversale comporte de nombreux nids d'abeilles. Cette dénomination vise une structure toute simple : on superpose et entrecroise de nombreuses traverses de chemin de fer en vue d’en faire un pilier. La plupart sont ravagées par le temps et l'humidité, mais il en reste quelques-unes. Elles sont penchées et menacent de tomber. Un peu après se trouve la galerie K, qui possède de beaux murs en pierre sèche et un front de taille intéressant.

Le roulage sinue et en fin de parcours, nous arrivons sur la mine d’Halanzy proprement dite. Elle possède son travers banc d’accès et donc son entrée, distincte de Warnimont. La galerie de travers-banc est effondrée, une masse de marnes est tombée au travers de la galerie. Cette masse se contourne par quelques petits quartiers d’exploitation. Au sein de la mine d’Halanzy, plus moderne que Warnimont, nous pouvons apprécier plusieurs belles pièces d'archéologie industrielle : une salle de repos de mineurs, avec les tables et le spot pour s'éclairer, une poudrière de constitution plus récente, un atelier de réparation, une aire de chantier avec des traces de taille à la lance.

En fin de parcours, nous faisons une incursion dans l'appendice de réseau existant en territoire français. En effet, les deux sociétés minières ont fait un échange, l'une évacue son eau tandis que l'autre évacue sa fumée. Dans le réseau du Coulmy accessible via Halanzy, on retrouve exactement la même structure que celle située à Longwy : grosses galeries carrées systématiquement ancrées avec des plateaux déformants, une exploitation faites uniquement avec des machines sur pneus. Cet appendice de réseau ne débouche plus au jour. Ca n'a jamais rejoint la mine de Coulmy proprement dite (celle qui fait partie de Mont-Saint-Martin), à cause de la rivière du Coulmy qui scinde profondément le terrain avec une vallée.

Le minerai d’Halanzy est plus chargé que celui du bassin ferrifère français. On a ici une teneur située entre 38% et 40%. De ce fait, le minerai a une teinte ferreuse ocre prononcée. Sa masse est sableuse et se désagrège facilement entre les doigts. L’aspect oolithique est prononcé. On retrouve de nombreux fossiles, comme des bélemnites ou des ammonites.

La mine a été initialement documentée en 2003, et ces anciennes photos sont disponibles ici. Le présent documentaire date de 2014. Une visite estivale a été organisée, afin de compléter et clôturer le sujet. Les portes à chiroptères sont en voie d’être définitivement soudées.


L'ancienne poudrière.


Une jolie galerie de quartier.


L'ancienne écurie.


Dans l'autre sens.


La galerie de roulage principal.


Direction Warnimont.


Au sommet d'un tas de terre. Il s'agit en fait d'un puits qui a été comblé. La terre s'est déversée dans la galerie, ce qui permet cette vue en hauteur.


Un autre joli quartier.


Trois chandelles.


Les nids d'abeilles sont toujours bien présents. Ils penchent fort.


La voie est doublée, une pour les espacements de 50, une autre pour les 70.


A gauche, on devine le quai de chargement.


Vers la mine du Coulmy, partie nord.


Les confortations sont faites en rails.


Le travers-banc de Warnimont.


Nous sommes ici dans le quartier le plus ancien de la mine.


Il s’agit d’un secteur labyrinthique relativement bas.


L’aspect est joli, il y a de nombreux murs à sec. Par contre, des fissures bien peu avenantes sillonnent le ciel.


Quant au bloc qu’on voit ici, il ne demande qu’à se détacher.

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