Savonnières en Perthois Quelques
mots sur ces souterrains : Je traverse la carrière dans tous les sens et ne cesse de faire des belles découvertes. Je noterais plus particulièrement la présence d'un secteur (que je ne veux pas nommer ici) dans lequel l'arrêt de l'exploitation est une photographie. Tout est figé sans aucune dégradation : les blocs en débitage, les blocs en équarrissage, les outils encore plantés dans la pierre, les comptes de débitage inscrits sur les murs (en toises), les cordes qui servaient à tirer les blocs, les gants dans un coin de repos... En un seul mot, un immense -Magnifique- A tourner dans tous les sens, la fatigue s'accumule beaucoup. Mais c'est un souterrain exactement comme je les aime, un réseau labyrinthique et photogénique. Vers 17 heures, je commence à peiner, je retombe toujours sur les mêmes roulages. Je décide donc de sortir et d'aller visiter par une autre entrée (généralement, c'est ce qu'il y a de plus efficace). Je vais donc visiter les réseaux Marlière et Espérance. Là, ce sont des champignonnières laissées intactes. On y retrouve encore une fois tout le matériel : ventilateurs, groupes frigo, tracteurs, charrettes, caisses, tickets de champignonnistes... A noter aussi la présence de nombreux tubes en métal de 50 centimètres de long, diamètre 5 centimètres. Je n'ai aucune idée de leur utilité. Pour décrire cette carrière, il est indispensable de parler de la présence des grottes. Le réseau est régulièrement recoupé par des réseaux naturels. Ce sont des trous de formes bizarres dans lesquels tombe une pluie drue. A La Sonnette comme La Grande Viaille, j'ai été étonné par les aspects de ces endroits. Ca n'a pas du tout l'air accueillant. J'admire les spéléos qui vont là dedans. Il y a un endroit où les concrétions commencent à engloutir une brouette, un autre endroit où c'est un tonneau qui subit le même sort. En 12 heures, j'ai eu le sentiment d'avoir fait le tour de l'essentiel de la carrière. J'estime que pour la visiter vraiment méthodiquement, il faut 24 heures. Je décide de sortir et d'aller explorer "La résurrection" et "La Belle Epine", autres entrées pointées bien plus au sud. Si la première est une carrière à ciel ouvert, la seconde se révèle être un tarn de chez tarn, 4 mètres de long. Avec le parcours dans la forêt, je suis complètement trempé. Du coup, je rattrape au plus cours le souterrain, à l'entrée de "La Gare". De là, je rejoins par le dessous "L'espérance" afin d'y faire dodo. Il est temps, je ne suis plus du tout attentif et je me perds une fois. Sur le chemin, à noter la présence d'un escalier magnifique, appelé Tourelle. La vérification en surface le lendemain montrera que cet escalier mène à une tour ronde dans un jardin, d'une beauté à toute épreuve. Je sors encore par une autre entrée (non pointée, près de l'Espérance) et je vais dormir dans une écurie. C'est un ancien bâtiment de l'exploitation. Les auges sont en pierre de taille, il y a de beaux anneaux. Je suis lessivé ! Mais faut dire aussi que je suis heureux. C'est de l'aventure à l'état pur, de la découverte et du bonheur. L'église sonne trois coups, j'éteins l'acétylène. Puis tout d'un coup, j'entends chip chip chip... Gloups, c'est quoi ça ? Je rallume l'acéto avec le peu de gaz qui reste et je vois deux yeux rouges qui me fixent. Aaaah ! J'ai peur !! En faisant du bruit, la bestiole s'enfuit. Ouf ! Ce fut une nuit glaciale. Le lendemain : Au matin, je suis quasiment agressé par deux rougequeue qui ne tolèrent pas ma présence sur leur territoire. Ils me tournent autour en scandant des "tchip tchip" à quelques centimètres du visage. Bon d'accord, je m'en vais ! Il est 9 heures lorsque j'arrive chez Christine, la boulangerie de Savonnières en Perthois. Je demande trois couques au chocolat puis m'en vais un peu plus loin pour manger. En ouvrant, je découvre qu'il y en a quatre et elles sont super bonnes en plus. Merci Christine ! Je profite d'une heure de temps libre pour faire des investigations, je vais poser des questions aux gens du village et je suis systématiquement bien accueilli. C'est chouette ! A 10 heures, je retrouve Benoît et c'est le retour vers Lisle Rigault. Ce souterrain, ce fut une découverte passionnante, bien qu'un peu difficile.
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