Savonnières
en Perthois (1/4) Il s'agit de l'immense souterrain de Savonnières en Perthois. C'est une carrière en un seul tenant, comportant une bonne dizaine d'entrées. J'ai navigué sur les grands roulages en allant d'entrée en entrée, une pause à chaque, environ toutes les deux heures. C'était agréable parce que c'est une carrière labyrinthique dont les aspects sont très variés. On passe d'un creusement type Vassens avec constellation de graffitis à des champignonnières laissées intactes et vierges de traces de passages. En plus, les porches d'entrées sont exceptionnellement beaux, surtout celui de la concession "Belgique". C'est une longue tranchée remplie de lianes et surmontée de poutres. Ca forme un espèce de tunnel au milieu de la jungle, dans lequel le sentiment de "ville abandonnée" est magnifique. Je traverse la carrière dans tous les sens et ne cesse de faire des belles découvertes. Je noterais plus particulièrement la présence d'un secteur dans lequel l'arrêt de l'exploitation est une photographie. Tout est figé sans aucune dégradation : les blocs en débitage, les blocs en équarrissage, les outils encore plantés dans la pierre, les comptes de débitage inscrits sur les murs (en toises), les cordes qui servaient à tirer les blocs, les gants dans un coin de repos... A tourner dans tous les sens, la fatigue s'accumule beaucoup. Vers 17 heures, je vais dvisiter les réseaux Marlière et Espérance. Là, ce sont des champignonnières laissées intactes. On y retrouve encore une fois tout le matériel : ventilateurs, groupes frigo, tracteurs, charrettes, caisses, tickets de champignonnistes... A noter aussi la présence de nombreux tubes en métal de 50 centimètres de long, diamètre 5 centimètres. Je n'ai aucune idée de leur utilité. Pour décrire cette carrière, il est indispensable de parler de la présence des grottes. Le réseau est régulièrement recoupé par des réseaux naturels. Ce sont des trous de formes bizarres dans lesquels tombe une pluie drue. A La Sonnette comme La Grande Viaille, j'ai été étonné par les aspects de ces endroits. Ca n'a pas l'air accueillant. J'admire les spéléos qui vont là dedans. Il y a un endroit où les concrétions commencent à engloutir une brouette, un autre endroit où c'est un tonneau qui subit le même sort. En 12 heures, j'ai eu le sentiment d'avoir fait le tour de l'essentiel de la carrière. J'estime que pour la visiter vraiment méthodiquement, il faut 24 heures. Je décide de sortir et d'aller explorer "La résurrection" et "La Belle Epine", autres entrées pointées bien plus au sud. Si la première est une carrière à ciel ouvert, la seconde se révèle être un tarn de chez tarn, 4 mètres de long. Avec le parcours dans la forêt, je suis complètement trempé. Du coup, je rattrape au plus cours le souterrain, à l'entrée de "La Gare". De là, je rejoins par le dessous "L'espérance" afin d'y faire dodo. Il est temps, je ne suis plus du tout attentif et je me perds une fois. Sur le chemin, à noter la présence d'un escalier magnifique, appelé Tourelle. La vérification en surface le lendemain montrera que cet escalier mène à une tour ronde dans un jardin. Je sors encore
par une autre entrée (non pointée, près de l'Espérance)
et je vais dormir dans une écurie. C'est un ancien bâtiment de l'exploitation.
Les auges sont en pierre de taille, il y a de beaux anneaux. Je suis lessivé
! Mais faut dire aussi que je suis heureux. C'est de l'aventure à l'état
pur, de la découverte et du bonheur. L'église sonne trois coups,
j'éteins l'acétylène. Puis tout d'un coup, j'entends chip
chip chip... Gloups, c'est quoi ça ? Je rallume l'acéto avec le
peu de gaz qui reste et je vois deux yeux rouges qui me fixent. Le
lendemain :
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