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Les Grès, Vassens

Introduction : Les communes concernées sont situées au nord-ouest de Soissons, elles sont peu nombreuses ; par contre, le patrimoine souterrain y est très important, tant en longueur développée qu'en nombre de sites. Ces communes sont : Vassens, Nampcel, Audignicourt, Morsain, Vézaponin, Nouvron, St-Christophe à Berry, Autrêches. Ces villages ont une architecture typique, qui diffère fondamentalement avec les alentours (Chauny, Laon, Compiegne). Les maisons y sont basses, en pierre de taille. Il peut paraître superflu de signaler ce matériau de construction, je signale toutefois le fait par exemple que l'intégralité des maisons de Lezennes sont en brique - ce qui étonne finalement au vu des milliards de mètres cubes de pierre extraits.

Par commodité, l'ensemble de ce patrimoine souterrain sera nommé "Vassens", ce village de 130 habitants représentant en effet en quelque sorte l'épicentre du creusement.

Caractérisation : Les creusements sont situés soit dans du calcaire lithographique, soit dans un calcaire grossier de très bonne qualité. La pierre a dans le premier cas tendance à vieillir en produisant une poudre très fine, noire en surface, laissant des traînées blanches dès qu'on l'effleure. Dans le second cas, la surface du matériau s'oxyde et devient légèrement grisâtre. Les creusements sont de faible profondeur (de 6 à 10 mètres), situés géographiquement sur un isobare situé entre 130 et 140 mètres d'altitude. Les entrées sont toujours sous la forme du cavage, en plus ou moins bon état. L'intégralité de ces sites relève de la propriété privée.

Les premiers creusements : Ils se reconnaissent à Vassens par le fait de cavages en mauvais état. Ils sont encombrés de remblais de terre, ils s'élèvent en hauteur du fait d'éboulement de la voûte, ils sont encombrés de clématite. Le creusement est très reconnaissable. Les galeries sont inexistantes, les excavations ont été menées de manière tout à fait anarchique. On circule ainsi au beau milieu de vides complètement difformes. La méthode utilisée était la chambre et pilier. Certains piliers ont d'ailleurs des formes incroyables, dont les diamètres frisent l'inimaginable question sécurité (20 centimètres en une seule masse). Ces carrières sont toujours situées près des villages, elles ont des diamètres restreint, n'excédant jamais 300 mètres de diamètre. Ce sont des sites intéressant du point de vue des vestiges historiques. On y trouvait encore il y a peu des vestiges de chaussures, des pics, pieux, bois de roulement. On retrouve par contre peu de graffitis. Il est donc difficile de donner une date de début de creusement. Etant donné que cette région a longtemps été une forêt marécageuse (dans des temps très reculés), je doute que le creusement soit antérieur à 1400.

Les exemples sont nombreux, il s'agit de Maigremont, Ginard, Carrière aux loups, carrière aux cérithes, Brenneçon, Paillot...

Les premières systématisations : le modernisme et la richesse des lieux ont poussé les exploitants à systématiser leurs actions de creusement. Cette période de creusement un peu intermédiaire constitue numériquement la majorité des sites. Il s'agit de toutes petites carrières, vaguement sous la forme de chambres et piliers. Afin de caractériser précisément, il s'agit plutôt d'avancées dans la pierre par multiples chambres à peine commencées. On se retrouve alors face à des sites dont le diamètre n'excède pas 30 mètres. Le stéréotype qui les fait reconnaître de manière certaine est la présence de stries sur les parois. On observe en effet des saignées verticales très régulières. Ce sont des carrières généralement peu intéressantes parce que complètement vides. On retrouve toutefois quelques exceptions magnifiques, liées à des réutilisations durant la première guerre mondiale. Auges, autels sculptés, anneaux pour tenir les chevaux, les exemples sont multiples.

Il s'agit de la Croisette (Hôpital), du pc du colonel Reboul, de Bois Blanchard...

La haute époque : les techniques de modernisation mises au point, on observe alors un creusement frénétique. Ce sont des carrières peu nombreuses, mais dont le développé linéaire est très impressionnant. On observe un creusement en galeries, quelque fois chambres et piliers aussi. Les piliers ont parfois plus de 100 mètres de diamètre. D'autres endroits ont des hauteurs d'exploitation de 22 mètres. Le creusement, comme partout à Vassens, est toutefois réalisé sur un seul étage. Ce sont des sites passionnant par leur complexité. Certains recoins comportent encore des machines magnifiques, d'autres des pierres de taille toutes prêtes à sortir. Les graffitis sont peu nombreux et plus liés à une fréquentation extérieure aux carriers (militaires réfugiés, enfants du pays). Le stéréotype amusant de ces sites est la présence très commune de voitures brûlées (Les Grès, La Pelle).

Les exemples de sites sont peu nombreux : Les Terrages, La grande pièce, La Fosse Mortier, Les Puiseux. On retrouve d'amusants exemples de carrières avortées, à La Roche, l'Ormelet. Ce sont des sites étonnants par leurs résonance sonore. La pierre de Vassens a été exportée très loin, comme peux le témoigner un tract publicitaire de "La Pierre de Vassens", de 1957. Paris évidemment, mais aussi des villes beaucoup plus lointaines du sud de la France. Certains exploitants comme M. Cabaret y retrouveront avec émotion peut-être des restes quasi-immuables du passé.

La dernière : Il s'agit d'une seule carrière, creusée dans le calcaire lithographique le plus pur qu'il soit. L'arrêt d'exploitation est très récent, certains panneaux d'indication sont encore présents. La taille est réalisée à la haveuse, les parois sont d'un rectiligne inégalé ailleurs, d'une hauteur rarement inférieure à 10 mètres. Le matériel d'exploitation est encore présent, Saviem, haveuse, clés de contact des camions, lampes, ventilateurs... C'est d'ailleurs une carrière qui communique avec des travaux plus anciens. Aujourd'hui, elle est réutilisée comme cave pour des pommes de terre. L'exemple est unique donc, il s'agit de Lebel.

Conclusion : Outre les vestiges naturels (bancs à vérins), ces 130 et quelques carrières présentent l'avantage de présenter un creusement varié. La question reste largement posée quant à leur préservation. Très majoritairement placés sous des champs, ces sites sont amenés à plus ou moins long terme à se dégrader. Certaines questions sont posées quant à la sécurité bien évidemment, mais aussi sur un relevé systématique des valeurs archéologiques que peuvent présenter ces lieux. Il serait dommage de perdre sans mémoire ces lieux qui ont bouleversé le cours historique de ces si paisibles villages.

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Se reconnaîtront-ils ?

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Photo de ZAZA (promise durant des mois durant)

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Un reste de scie

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Celle que Cécile préfère

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Belle moisissure, non ?!

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