| Quelques
mots à propos de cette exploitation Nous
commençons notre reportage au fond de l'exploitation, plus précisément
au front de taille. Nous y sommes tranquilles, ce qui permet de faire de bonnes
photos. On nous explique en détail les marques aux murs, omniprésentes. La découpe d'un front prend 2 heures. Nous partirons avant ! Nous irons voir l'éclatement des blocs. Celui-ci est fait avec un coussin 7 tonnes. Pas de panique, c'est simple ! Pour extraire les blocs, ils découpent les 4 côtés à la haveuse (c'est une sorte de grosse tronçonneuse spécialisée dans la pierre). Seulement, ils ne savent pas accéder au fond, puisque les incisions sur les côtés ne font que quelques centimètres de large, soit l'épaisseur de la lame. Alors, ils insèrent un coussin dans la fente, et celui-ci est gonflé à l'air comprimé. Comme le coussin prend du volume, ça pousse le bloc. Ainsi, le fond du bloc éclate sous la pression. Le coussin semble tout puissant dans cet environnement. Sous la poussée, les blocs rompent dans des bruits sourds. Ca paraît enfantin, on dirait de gros jouets qui bougent. Pourtant, ce sont des pierres de plusieurs tonnes. Cela ne donne vraiment pas cette impression maisl'éclatement est en fait le processus le plus dangereux de l'exploitation, il convient donc de se méfier de tout basculement de bloc. Rien de violent dans ces mouvements de grandes masses, tout est fait en délicatesse. Il en va tout autrement à la découpe où nous étions quelques instants auparavant. Les pierres sont surmontées d'une couche de mauvaise qualité. L'extraction de la mauvaise couche a été faite avec une pelle godet, ce qui n'était pas vraiment l'outil adapté. L'ouvrier galérait un peu de ce fait. Avant de sortir, le chef de l'exploitation nous montre le perforateur. Là encore, il s'agit d'un appareil customisé. Ils ont monté une perforatrice à fleuret sur un vérin vertical. Ca leur permet de faire du boulonnage efficace sans devoir faire appel à des machines démesurées. C'est d'ailleurs ce qui a immédiatement frappé dans cette carrière, le ciel est partout boulonné, de manière systématique. Sous la route, c'est tellement boulonné qu'on pourrait faire passer au dessus un défilé du 14 juillet parisien sans problèmes, tanks y compris… Le front de taille
La découpe
Les
photos ont été réalisées par Vincent Duseigne et Sandy
De Wilde, Photographie Tchorski. |