Vertus,
La Faloise Quelques
mots à propos de ces souterrains Dans le Bois de Cormont, commune de Vertus, nous allons prospecter les points indiqués comme "ancienne carrière". Nous retrouvons dans les broussailles quelques vestiges de marnières en très mauvais état. Le lieu n'a pas d'intérêt particulier. De ce fait, nous entamons le chemin du retour, avec un petit détour prévu à la "grotte" de Faloise. Dans cette forêt, ce sont de larges chemins en herbe. Soudainement, François bute dans une planche, l'objet tourne un peu avant de s'arrêter près d'un bourbier. Une personne a planté des clous tout le long de la planche, les pointes dépassent franchement. Des forestiers ont probablement planté ça dans le sol afin de désembourber un véhicule. Le truc est quand même dangereux, alors nous le balançons dans les bois. Nous
décidons d'aller prospecter le lieu intitulé "Pierres de Faloise".
Des livres historiques décrivent le site comme ce qui fut un très
vaste lieu d'extraction de pierre à bâtir. Et bien non, nous étions naïfs. Pas de véhicule à désembourber. Il s'agit bien d'un piège, d'un vicieux stratagème planqué dans les herbes, avec manifestement "l'intention de nuire à autrui" (je cite le gendarme). Je suis plus touché que François. Je pisse le sang. Erreur à ne pas faire en ce genre de situation (selon le gendarme, pas le médecin) : comprimer la plaie. Bien au contraire, comme c'est une plaie profonde, il faut presser pour tenter de faire sortir tout ce qui est sale. Je ne sais dire de combien c'est rentré, les clous dépassaient de 4 ou 5 centimètres, le pied n'a pas été traversé par le clou. Nous redescendons vers les vignes. Au passage, François et Les Astres vont repérer la Faloise, qui est un site d'escalade accompagné d'une carrière souterraine. Rien de plus pour aujourd'hui, direction le médecin. Celui-ci semble vraiment sous la pression du diktat du raisin. Quant à soigner, pas de problème, il a été très correct. En contrepartie, lorsqu'il a fallu rédiger la description de l'accident afin d'avoir les papiers nécessaires pour la gendarmerie, il a pris mille et une précautions, un peu du genre : je me décharge autant que possible de toute responsabilité, je le fais parce que vous me le demandez, je ne juge pas votre décision mais... (mais je me demande si je vais me prendre une balle dans la jambe ou dans la tête si je mets telle ou telle phrase). A la gendarmerie, c'est épouvantablement long. En quelque sorte, c'est l'administration. Je ne sais pas si la plainte aboutira. Comme le dit le médecin, ici certaines choses se payent en bouteilles de champagne. Je me doute bien de l'immense vacuité de la démarche, mais bon, ça pourrait être des gosses qui se font planter, ou un vieux, ou un gars qui se fait transpercer le pied... Au
soir, la plaie est vraiment douloureuse.
Au matin, le brouillard sème une curieuse impression sur le Mont-Aimé. Lors de notre promenade sur le Chemin des Carriers, on se croirait presque dans les bois bosniaques de Hussigny. Très agréable, cela va sans dire. Nous partons visiter le site souterrain de la Faloise, repéré la veille. Ce qu'ils appellent grotte est en réalité (devenu ?) une carrière de pierre à bâtir, de texture grossière mais plutôt solide. A l'origine, c'étaient de gros volumes carrés. De nombreux remblayages et des recoupes de réseaux naturels font penser à l'aven phosphatier de Tavel. Il y a un puits étrange, deux cheminées (dont une comblée), et un développement demandant une heure de visite - un parcours assez intéressant dans l'ensemble. Les cinq étages et les spéléos perdus qu'on nous a décrits, je pense que c'est de l'affabulation. Le pied fait mal, rudement mal, mais la marche est tolérable, tant que l'attention se porte à ce que la plaie ne touche pas de cailloux par terre. En fait, tant que c'est plat, c'est faisable. Nous quittons le secteur de Vertus sans aucun regret !
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