Tchorski
Tchorski
Les galeries de la Dyle et de la Thyle (1/2)

Ce documentaire concerne trois pertuis souterrains de rivières, sous Court-Saint-Etienne. Ces photos ont été réalisées en 2004 et 2008. Ce n'est absolument plus représentatif de ce qui existe aujourd'hui. L'un des pertuis, qui était le plus long à l'époque, a été en large partie démoli lors de la construction du site Henricot II. Merci dès lors de ne pas utiliser ces photos à des fins polémiques.

En 2004, il fut réalisé le passage sous le pertuis 1, à savoir la Thyle sous la place du marché. Le pertuis 2, situé sous l'avenue de Wisterzée, a été visité quelques jours après. En 2004, une incursion a été faite dans le pertuis 3 sous Henricot II. Cela s'était soldé par une visite pour le moins difficile. En 2008, la visite approfondie de ce pertuis 3 a été réitérée. En cause, nous savions que la démolition liée au chantier Henricot II était proche. A ce jour, les paysages souterrains sont profondément modifiés ou bien disparus.

Pourquoi des pertuis souterrains ? Les réponses sont très simples.
- Les pertuis 1 et 3 sont liés à l'usine Emile Henricot. La place du marché correspond à l'ancienne usine I et le pertuis 3 à l'ancienne usine II. Au tout-tout départ l'usine Emile Henricot était basée sur un moulin sur la Thyle. L'extension logique et fulgurante des usines s'est naturellement faite sur les rivières.
- Le pertuis 2 correspond 'en quelque sorte' à un pont sur l'avenue de Wisterzée. Ce pertuis est né de l'urbanisation galopante liée à l'extension grandissante des usines Henricot.

Une autre question : pourquoi s'intéresser, ici comme ailleurs, aux pertuis souterrains de rivières ? En effet, précisons qu'il y en a plusieurs : à La Hulpe, à Mont-St-Guibert, à Gembloux, à Clabecq, à Oisquercq, à Wavre, à Bruxelles (la Senne). Souvent un peu ignorés du public, ce sont des paysages souterrains méconnus. Ce sont parfois des lieux de peu d'intérêt, mais il est en tout cas quelque part méritant de vérifier, documenter et refermer le volet sur la question.

Le compte-rendu de la visite de 2004 relate comment s'est déroulée l'exploration. Nous précisons qu'il s'agit d'un cours d'eau non navigable. Ne prenez donc pas l'initiative de procéder de même que nous. En effet, d'office nous devons dire qu'il y a deux dangers : une fosse profonde à l'entrée du pertuis 3 et un dangereux tourbillon à l'intérieur du pertuis 3. La navigation dans de tels lieux demande de l'expérience. En bien des endroits, on n'a pas pied. La noyade dans les rapides n'est pas chose impossible.

Le récit de 2004 : Au tout départ, il y a d'abord la traversée de la ville avec le bateau. Les gens me regardent avec étonnement car rien ne justifie à Court en ce jour la présence d'un bateau. La plage est loin et les gens pensent plutôt à aller à la boulangerie. Je me fais le plus discret possible, mais disons que ce n'est pas parfaitement évident. J'embarque non loin de la maison communale. Des canards apprécient moyennement ma présence et s'engouffrent dans le tunnel. Je vérifie une dernière fois le matériel de sécurité et je lance le bateau dans le courant.

Dans la partie sud, le premier tunnel (le pertuis 1) : il n'y a aucun promontoire de boue, il y a 2 mètres de fond et le courant est fort. Je n'ai donc que des photos minables. Comme je devais guider le bateau, il est impossible de faire autrement. Dans cette partie, le voûtement sous la voie ferrée est en parfait état. Il y a quelques repiquages d'eaux pluviales, mais rien qui semble dédié aux eaux sales. De plus, ces derniers sont complètement ensablés, ce qui témoigne de la désaffection des rejets. La partie sud défile rapidement. Elle n'est pas très intéressante.

Proche du CCBW, je remarque un gros collecteur d'eaux pluviales sur la droite, rectangulaire, d'une hauteur de 1m20. Il s'agit de la déviation effectuée vers la Dyle afin de soulager les niveaux de la Thyle en cas de crues. A la fin du pertuis 1, j'arrive au point difficile, les rapides. C'est une chute difficile à passer au vu de son niveau non négligeable. Ca ne se passe pas trop mal, mis à part que ça mouille fort. On arrive très rapidement sur un croisement, au milieu des maisons et des jardins. A gauche, un autre tunnel : c'est la Dyle qui vient rejoindre la Thyle, c'est le pertuis 3. L'utilisation d'un bateau y est indispensable au vu de l'existence de deux fosses en entrées et sorties.

La suite est donc le tunnel nord, beaucoup plus long : ce que j'appelle le pertuis 3. Il passe sous l'usine Henricot. Je ne peux que très difficilement sortir du bateau au vu des niveaux élevés. Ceci est dû au fait qu'en une certaine part, il y a un radier en béton. Les ouvriers de l'usine Henricot n'ont pas lésiné sur les travaux à l'époque. Les lieux sont habités par des rats musqués bien gras et des canards très mécontents. L'un d'eux ne cesse de me crier dessus. La sortie du pertuis est plus que chaotique au vu de la présence de tourbillons. Je classe la visite dans un certain niveau de danger à maîtriser.

Les mises à jour à signaler sont comme évoqué nombreuses.
- Dans le pertuis 2, en 2005, un collecteur d'eaux usées a été abaissé afin de ne plus obstruer la galerie. Ces travaux ont créé, souvenez-vous, une ouverture du fonds de voirie au croisement rue François et avenue de Wisterzée.
- Le pertuis 3 a été démoli sur une longueur que j'évalue à deux tiers. Seule la partie située le long de l'ex-modelage existe toujours. Tout ce qui était bétatron est devenu la via Fregona. Aussi, ce qu'on pourrait appeler un pertuis 4, à hauteur de l'avenue des Métallurgistes, a été démoli.
- Des travaux importants sont créés sur la Thyle et le ry de Beaurieux, afin de mettre en place des zones d'immersion temporaires. Ces travaux sont réalisés afin de diminuer les crues de la Thyle.
- Les égouts des rues de la Résistance, Wisterzée et Belotte, visibles sur certaines photos, ont été déconnectés de la rivière.

Le pertuis de la carrosserie DH a été visité en 2014. Il n'a pas été documenté en photos étant donné que l'espace d'air accessible est très faible. Il faut visiter couché dans le bateau. Le pertuis est constitué d'une voûte en claveaux. Les lieux n'ont pas d'intérêt.

Voici donc une visite en photos. Cela concerne assez essentiellement la Dyle sous Henricot II.

La Dyle souterraine

Le point de vue de Cédric
Toutes photos : Cédric De Keyser. 2008, avant la démolition du pertuis.

Le point de vue de Nicau
Toutes photos : Nicau Elias. 2008, avant la démolition du pertuis.

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