Reportage de juin-juillet 2005. Quelques mots à propos de cette usine abandonnée : Un début de journée radieux. Le ciel est magnifiquement bleu. Le temps de bouger un petit doigt, c'est devenu tout grisouillant. Nous retrouvons Michaël au même endroit que la semaine dernière, au Château Beaulieu de Machelen, définitivement sa nouvelle demeure. Aussitôt, nous partons pour la même destination que la dernière fois. Henk décrit l'usine comme étant "merveilleuse". Il avait raison. L'aspect extérieur peu engageant cache une usine esthétique à l'intérieur, très agréable à visiter. Les premiers pas dans l'usine ne sont pas du plus extraordinaire. Grands halls vraiment très sombres, humides, lieux plutôt vides. On se trouve devant de la friche bien traditionnelle. Là où ça commence à changer, c'est lorsqu'on découvre les premières pièces avec des posters aux murs. Ce sont de belles dames avec des collants, dans toutes les postures et situations possibles et imaginables. C'est là comme si ça avait été attaché la semaine dernière. Plus ça ira, plus on trouvera des lieux préservés et étonnants. A l'étage, on découvrira un vaste hall comportant deux machines à coudre. Il faut préciser que ce sont des machines grosses comme des voitures. Elles sont intactes, même le fil y est encore tendu. D'ailleurs, il n'y a quasiment pas une seule vitre cassée. Plus loin, ce sera découverte sur découverte. Grands tas de bobines de fil, sapin de noël, tas de collants, tas de dentelles, tas d'échantillons de chaussettes, une montagne de bordel. On passerait sans peine des heures et des heures à fouiller là-dedans. Dans un second vaste hall, on trouve un métier à tisser tellement neuf qu'on se demande s'il va se mettre en marche lorsque j'appuie sur on. Les Astres s'amusent à faire une sculpture de bobines et de dentelle tandis qu'avec Michaël, nous ne cessons de faire les pitres. Par la suite, Les Astres sèmeront à tous vents des jarretières, des soutiens-gorge et autres dentelles fines qui plairaient beaucoup à François. Hall après hall, on trouve des machines de teinture, des ateliers de réparation, des hall de stockage, des magasins d'usine, etc... Le choc, c'est l'administratif. C'est situé complètement devant l'usine et donc à deux pas de là où était le gardien deux semaines auparavant. Lorsque je vois le bureau du chef, j'ai un choc. Ouargh, on est rentré dans un truc en activité là... Un pont au dessus de la route relie les deux lieux ensemble. Dans le bureau du chef, il y a encore tout. Dans la salle de réunion, pimpante, il y a la carafe en étain et la bouteille de genièvre, encore à moitié pleine. Certaines tasses ont encore du café. Un mail imprimé nous informe que la curatelle aurait agi jusqu'en mai 2002. Ensuite, gardiennage, et puis nous voilà aujourd'hui. Le
site est livré à lui-même. Un ferrailleur est en train de
démonter les huit ascenseurs. On ne l'a pas vu et je n'ai pas vu de traces
de son travail. Malgré tout, la découverte de ce site par les pilleurs
et les ferrailleurs viendra sans trop tarder, bien malheureusement. J'espère
que tous les passionnés pourront visiter avant que ce soit massacré...
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