Les phosphatières de Ciply

Au matin, nous voilà partis pour une courte visite : les carrières de Ciply décrites par Caubergs comme étant "sans intérêt particulier". Il avait tort, c'est intéressant.

Nous commençons par la visite des installations du puits Sans-Pareil. C'est un puits de quatre à cinq mètres de large, assez lourdement équipé (pompe et cage) et situé dans un bâtiment esthétique, il aurait une quarantaine de mètres de profondeur et serait actuellement noyé. Ce puits est situé dans un ancien site d'exploitation à ciel ouvert plutôt lunaire. Nous ne descendons pas dans le puits faute de cordes, de temps et de volonté.

Caubergs affirme que de ce puits, bien longtemps avant, une galerie partait pour rejoindre Malogne 3. Ca parait tout à fait hypothétique.

Dans la carrière à ciel ouvert, on trouve un nombre assez important de tours à schlamms. Ce sont semble t'il des drains. Ces tours sont creuses et permettent de filtrer les terrils de craies phosphatées. Ca donne une apparence étrange et surtout relativement peu compréhensible. Ces tours sont remplies de poussiers phosphatés. Au vu de l'imposante cheminée présente juste à côté, il devait y avoir une bien belle usine de retraitement avant.

Dans le même secteur, nous continuons nos visites par l'usine Rustin. C'est apparemment un ancien atelier de criblage et de cuisson des craies phosphatées. Ils auraient fabriqué des petits nodules de phosphates pour des engrais. L'usine possède une très belle cheminée, un four rotatif en bon état et dont on peut voir l'intérieur, une salle où traînent quelques vieux papiers et dernièrement, un cyclone plus que poussiéreux.
L'usine n'est pas bien grande et ne possède pas des tonnes de matériels, mais c'est un joli petit ensemble qui s'inscrit bien dans les visites des vestiges de l'industrie phosphatière.

Immédiatement après, nous irons donc voir les anciennes carrières de Ciply. Je trouve que Caubergs n'avait pas décrit justement. D'une part, il ne connaît et ne parle que d'une petite part du souterrain, d'autre part et sur la partie qu'il connaît, sa description est fausse, c'est loin d'être un site extrêmement régulier.

C'est une carrière en piliers tournés nécessitant une bonne heure de visite. La première partie est haute (entre 10 et 12 mètres je dirais), des galeries constellées de rognons de silex et parcourues par des petits canaux aujourd'hui à sec (avant, il y avait plusieurs mètres d'eau dans ces galeries).

La seconde partie est une champignonnière très bien rangée. Les galeries sont un quadrillage quasiment parfait, les champignonnières sont des meules relativement intactes. Il ne reste pas beaucoup de matériel mais le peu qu'il y a est très préservé. On y trouve plusieurs puits, une entrée en cavage obturée, deux rejets de chiottes (et oui…) et un plan incliné.

A noter dans la première partie la présence d'une berline intacte et dans un trou, une seconde paraissant nettement plus abîmée.



Une jolie berline.


Dans la première partie, qui était sous eau avant, les galeries sont souvent hautes.


Les phosphates donnent une couleur crème voire brune, un peu renforcée par la photo ici.


Quelques hautes galeries de la première partie du site souterrain.


Les amoncellements de silex.


Un secteur à deux étages qui a été recoupé. J'ai effacé des graffitis rouges absolument hideux.


Dans la seconde partie, une champignonnière en très bon état.


Le petit plan incliné. Comme on peut le voir, c'est très bien rangé.

Ci-dessous, ce sont les plans de l'exploitation souterraine de Ciply. Les plans proviennent du livre de Michel Caubergs sur les souterrains de Belgique.

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