Tchorski
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L'aqueduc de Maintenon (1/3)

Cette page est un documentaire sur une galerie souterraine totalement méconnue, extrêmement dure d’accès. Cette galerie est localisée à Maintenon. Elle fut accédée en avril 2006 et juin 2007 via l’équipement d’un puits désagréable à parcourir, c’est-à-dire assez profond et d’un accès malaisé. La galerie pose question du fait qu’elle se trouve exactement dans l’axe de l’aqueduc. Longtemps pensée comme étant une prolongation de l’ouvrage, les recherches actuelles et mises à jour en 2018 laissent à penser que la fonction est autre.

Quoi qu’il en soit, il est éminemment difficile d’affirmer. Dès lors voici la synthèse des informations disponibles.

Le puits a une profondeur mesurée de 22 mètres, lequel se poursuit encore de 3 ou 4 mètres sous le niveau de la nappe phréatique. La cote de niveau de la tête d’ouvrage est 130. La cote de niveau de la Voise est 110.

Nous avons dressé deux étapes de topographie, afin d’y voir plus clair. L’une est le mesurage réalisé dans la galerie en 2007, l’autre est une vérification des données et un recollement.

L’axe de l’aqueduc est tracé en jaune. La partie située à l’ouest est existante, il s’agit d’un gros ouvrage maçonné extrêmement connu du public. Une ligne bleue trace l’endroit où l’ouvrage s’arrête abruptement. A l’est plus rien n’existe. L’ancien « hôtel de la gare » forme l’arrêt brutal de l’ouvrage. La suite est la gare de Maintenon. On pourrait croire que c’est la construction de la gare qui forme l’arrêt de l’ouvrage, mais c’est une erreur d’appréciation. En effet la carte de Cassini, bien qu’imprécise, mentionne aussi un arrêt de l’ouvrage. La topographie n’est pas étrangère à tout cela. En effet la partie située à l’est de la gare est un coteau qui peut former en certains endroits des pentes abruptes.

Bref donc, nous considérons la ligne jaune comme l’axe existant et théorique de l’aqueduc. Le puits permettant d’accéder à la galerie est figuré par une croix bleue.

La galerie est figurée par le tracé rose. De légères corrections d’axe et de distance ont été faites. Il en ressort un tracé globalement orienté vers le sud. Les déductions qui sont faites sont les suivantes :
1) Le creusement a un aspect ancien. Cela ne permet pas une datation, mais en tout état de cause, il est certain que cette galerie ne possède pas un creusement récent.
2) Un ancien puits formant cheminée, aujourd’hui obturé par une grosse tôle, est localisé sous un bâtiment longeant la voie. Ce bâtiment est aujourd’hui un local technique utilisé sporadiquement par la SNCF.
3) Le fond de la galerie est un murage, lequel est figuré par un trait bleu.

Nous avons été sur place, en bas, au jour. En bord de voirie, sur la route reliant Maingournois à Houx, il se trouve aux lieu nous intéressant deux vastes dolines relevant de creusements anthropiques. Nous avons toujours cru qu’il s’agissait plus ou moins de marnières creusées à ciel ouvert. Visiblement c’est faux.

Au vu du tracé, nous pensons que visiblement, le murage se situe quelque part en dessous d’une de ces deux dolines, et assez probablement de surcroît dans celle localisée le plus à l’ouest, c’est-à-dire la plus petite.

Que déduire de cette topographie ? Le puits est équipé en tête d’un très vieux système de pompage. A ce titre le tuyau et la crépine sont visibles ; l’encombrement du puits s’en trouve d’ailleurs non négligeable. Le niveau du murage n’est rien d’autre que la Voise, au vu que la profondeur du puits est 22 mètres et la dénivelée approximative (considérant la précision de la topographie) de 20 mètres. Peut-on en déduire que la galerie servait à pomper dans la Voise ?
Allez, oui, c’est chose assez claire.

Ce que nous pouvons ajouter sans trop en douter, c’est que la route de Maingournois à Houx est postérieure. Dès lors elle a coupé l’ouvrage. Il en ressort le murage et l’obturation partielle de la doline. Cela permettrait d’expliquer la présence de cet ouvrage souterrain et dès lors de couper court à 11 ans de tergiversations à son sujet. Reste que c’est pile dans l’axe de l’aqueduc et ça laissera toujours, quoi qu’il en soit, une énorme part de doute.

D'après Martial Mérant, le puits servait à l'approvisionnement en eau des locomotives à vapeur. Il daterait selon lui de 1838. Le bois attenant était le plus grand dépôt de munitions de la Luftwaffe en France.


Voici l'aqueduc de Maintenon en hiver dans sa partie la plus connue. Ce sont les arches qui traversent le golf. Cet ouvrage, construit sous Louis XIV, était destiné à acheminer de l'eau. C'est un édifice inachevé.

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On y accède par un puits totalement oublié et resté durant longtemps une terra incognita.

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Ce puits fait 22 mètres de profondeur. Là, c’est la situation en bas du puits. Sous mes pieds, il se poursuit encore sur 3 mètres de profondeur environ, mais c'est entièrement noyé.

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On accède à une galerie très basse. Elle est inondée. Pour la parcourir,
il faut s'immerger jusqu'au ventre dans une eau glaciale.

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On accède à une galerie basse. Elle est inondée. Pour la parcourir, il faut s'immerger dans une eau glaciale. Il n’est pas possible de porter des wadders du fait que le parcours est acrobatique. Cette galerie n'est pas rectiligne. Elle sinue, globalement vers le sud.

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Au lieu où la galerie oblique, on rencontre une cheminée. Le passage de la barre d'acier qu'on voit ici est pénible. Derrière cette barre, on trouve un puits de 3 mètres de profondeur, noyé comme on peut le voir. Vers le haut, il se poursuit puis arrive à un bourrage en béton, situé sous un bâtiment technique SNCF. Était-ce le fameux lieu permettant d’alimenter les locomotives à vapeur ?

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La galerie est orientée vers la Voise.

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Nous arrivons à un troisième puits, toujours aussi profond. En contrepartie, la cheminée n'a que deux mètres de hauteur, avant d'arriver à un bourrage en tôle.

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La galerie change d'aspect. Au fur et à mesure, sa cote monte et il y a moins d'eau.


Nous quittons un creusement dans les marnes et silex, les murs deviennent de plus en plus maçonnés. Cependant, la structure et très abîmée. Avec le temps, les moellons se sont agglomérés entre eux.


Soudainement, la galerie se stoppe sur un murage. Il est probable que cela se situe sous les craies de la doline précitée. Que de mystères, il restera bien des surprises si des recherches sont à nouveau menées.


En bord de Voise, le lieu du débouché supposé, en bord de route de Maingournois à Houx.


Une des deux dolines bien propices au débouché de la galerie.

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