Tchorski
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La mine de Lambusart

C'est une mine d'anthracite située entre Lambusart et Moignelée, hameaux de Fleurus. L'entrée est un cavage très masqué dans la végétation, recouvert de branches et totalement indécelable pour qui ne le connaît pas. En se faufilant dans cet accès malaisé, on arrive dans une galerie de roulage cintrée. Il y a de nombreux effondrements, au bout de quelques mètres la circulation d'air devient catastrophique. La visite est intéressante mais extrêmement dangereuse à cause du niveau d'oxygène très bas, il y a entre autre deux berlines, un objet ressemblant à une tonne à eau, des rails, les restes d'une recette de puits, une belle veine d'anthracite visible derrière les cintrages : noire, luisante, presque graisseuse, un cabestan (parce que les berlines étaient tirées par câbles).

Ce lieu est envahi de Co2, un gaz inodore qui est un poison. La respiration est anormale après la première chatière et la situation est extrêmement dangereuse après la seconde chatière. C'est pour ça que je ne referrai jamais de photos de ce lieu. C'est une galerie très dangereuse que nous avons rebouchée, l'entrée n'existe plus. Cela est bien sûr décevant parce que nous n'avons pas pu aller au bout de la galerie, elle passe sous la voie rapide. Les trésors d'archéologie industrielle sont cachés trop loin pour que nous puissions y accéder.

Au niveau de l'ancienne recette du puits actuellement comblée, il reste une berline et quelques rails.
Le gros tas de terre du fond est le puits d'un chevalement détruit. C'est ce genre d'obstruction qui entraine que les galeries s'aèrent mal et c'est la cause des problèmes de nappes de Co2 dans les points bas. Il n'est pas envisageable de procéder à une désobstruction parce que cela entrainerait les terres des terrains du dessus à s'effondrer, arbres et constructions y compris.


Ces rails entassés là devaient être sortis. Une fermeture prématurée de la mine aura décidé le contraire.


Cette petite galerie passe en dessous d'une route à grande circulation. Ce qui est visible en bas est un cabestan. Les berlines étaient tirées avec des câbles. Cet appareillage est destiné à gérer la courbe.


Une concrétion assez glauque le long des ceintres TH.

La documentation ci-dessous provient de Benoît Goffinet. Un remerciement très charbonneux lui
est dédié pour ces copies car c'est lui qui m'a fait découvrir l'existence de ces galeries.

Les mines de Lambusart et Moignelée sont regroupées sous le nom commercial des Charbonnages de Bonne Espérance. A Lambusart, le début de l'exploitation du charbon daterait de 1689, bien sûr par des travaux artisanaux et réduits. Le charbon servait uniquement de chauffage domestique, il n'y avait pas de commercialisation. Le début de l'industrialisation du bassin date du 30 mai 1827. Une concession est accordée à messieurs Anciaux et Lefèvre et consorts. Cette concession régularise une exploitation illicite qui s'était déroulée durant 50 ans, constituée du nombre de 19 fosses où sont employés 90 ouvriers. En date du 5 décembre 1827, la concession de Lambusart est phagocitée par la société des Charbonnages de la Basse Sambre. En ce qui concerne Moignelée, le début de l'exploitation remonterait à 1747. Le 11 janvier 1812, Monsieur Bernard Degeffe et consorts introduisent une demande de concession aux Etats du Hainaut, afin d'obtenir l'autorisation d'exploiter des veines de houille dites "aux Français et Petit-Engin. La régularisation des travaux existants sous forme de concession "Charbonnage de Bonne-Espérance" date du 3 novembre 1841. On retrouve plus tard des demandes de maintien de concession pour les veines de houille dites "Veine aux Haies" et "Veine Fontaine-Spitaels". La fusion des concessions de Lambusart et Moignelée date du 30 juillet 1888.


Monsieur Meilleur, administrateur gérant en 1912.

La société des charbonnages de Bonne-Espérance comportait un siège avec trois puits. Aujourd'hui, l'un de ces puits a la tombe fendue en deux et de l'eau sourd par une fissure. Il y avait deux puits d'extraction et un puits d'aérage. La concession avait une étendue de 184 hectares et 90 ares. L'extraction en 1929 était élevée à 126.800 tonnes de charbons anthraciteux à 8-8 % de matières volatiles. Cette année là, le nombre d'ouvriers s'élevait à 650. D'après la documentation dont je ne possède pas les sources, la société était gérée avant 1888 par monsieur Acarrin et monsieur Devries. De 1888 à 1912, monsieur Piérard était le directeur gérant. En 1912, monsieur Meilleur prend le relai.


Vestiaire du lavoir des mineurs.
Annales des Mines de Belgique, Bruxelles, 1907.


Vestiaire et cabines douche.


Photo du charbonnage, Benoît Goffinet. Installation aujourd'hui démolie.

Aujourd'hui, le charbonnage existe toujours. Il est la propriété (intellectuelle ou physique ?) de la SA Bem Invest, rue t'Serclaes de Tilly 1, 6061, Montignies sur Sambre, qui a pour charge de couvrir l'exécution des obligations qui incombent pour la réparation de dommages causés aux propriétés de la surface, sur la base de la législation en vigueur après le 1er janvier 1998.

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