Tchorski
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L'ardoisière de Warmifontaine


L'ardoisière de Warmifontaine en activité, en 1994.
Très intéressant à voir, on y reconnait toute l'activité ainsi que les vestiges industriels
encore existants de nos jours, bien qu'en état de ruine.

Ce documentaire concerne l'ancienne ardoisière de Warmifontaine. Il s'agit d'un petit hameau localisé sur le territoire de Neufchâteau (Belgique). La visite a été réalisée en 2003. Nos remerciements à Maurice Celis, ancien exploitant du site ardoisier, ainsi qu'à Louis Soquay, ancien ouvrier ardoisier. Ce dernier fut notre guide en ce jour de découverte de l'exploitation.

L'ardoisière souterraine de Warmifontaine était exploitée de longue date par José Goffinet, soit plus précisément depuis 1988. A la suite d'un contexte économique extrêmement défavorable, ce principalement dû à l'ardoise espagnole extraite dans des conditions de coûts très bas, l'ardoisière de Warmifontaine a fait aveu de faillite en 2002. Suite à cette faillite, le site fut brièvement repris par Maurice Celis. En 2003, ce dernier, avec une petite équipe, a exploité les remblais présents dans les chambres. Cette exploitation fut principalement axée sur la production de dallage ardoisier.

Toutefois, de multiples découvertes de dynamite dans les remblais ont provoqué l'intervention couteuse de démineurs. A la suite d'une énième découverte malchanceuse, Maurice Celis fut obligé de déclarer à son tour l'établissement en faillite. A ce jour Maurice Celis exploite dans le secteur de Lierneux l'entreprise Ardenne Coticule, qui produit une pierre à aiguiser de qualité exceptionnelle.

Après cette faillite, le site est racheté en 2005 par un exploitant de Liège, en vue d'utiliser les remblais. Cependant faisant suite à une situation litigieuse, l'ardoisière est fermée sur base d'une décision judiciaire. Elle est dès lors rachetée par un limbourgeois en 2010, qui principalement en cette époque possède des vues sur les terrils de remblais.

A ce jour le site ne fait plus l'objet de travaux extractifs visibles. Les pompes sont arrêtées. L'ardoisière est noyée. L'eau est présente dans la descenderie à une profondeur approximative de 20 mètres. Un puits de secours existe au hameau Le Plane. Il serait situé dans un corps de bâti. S'il s'agit bien de ce lieu, c'est un bâtiment à l'allure industrielle, désuet, d'un aspect peu avenant. Il est fermé et totalement rempli d'objets de nature diverse.

L'ardoisière de Warmifontaine est localisée à une profondeur approximative de 170 mètres. Des travaux intermédiaires existaient, lesquels nous restent inconnus. Une partie non négligeable de la fosse a subi un effondrement total en 1912, ravageant par l'occasion une section majeure du village, entre la fosse actuelle et Le Plane. A ce jour il ne reste plus rien de visible de cet évènement, localisé globalement sous la sapinière. La fosse visitée en 2003 s'étend dans les pâtures sous la rue des Vanettes.

Le compte-rendu de visite de 2003

Nous avons rendez-vous à Warmifontaine pour la visite d'une ardoisière souterraine dont l'intérêt est majeur.

Le carreau est esthétique. Il s'y trouve des bacs d'ardoises prêts au départ, un peu partout, d'une contenance approximative d'une tonne. Nous retrouvons Louis, notre guide et Maurice, le patron de l'ardoisière. Présentations faites, nous nous équipons et nous dirigeons vers le puits.

La descente est d'un folklorique rare. C'est un puits de 172 mètres incliné à 50 degrés voire plus en certains endroits - c'est donc un beau puits, comme ceux décrits dans le livre de Léon Voisin.

L'appareillage de descente ressemble à ce qu'utilisent les déménageurs en vue de déplacer les cartons dans les appartements : un lift, une plaque qui évolue sur un guide métallique incliné. Sauf que là, le matériel est vieux, les rambardes sont branlantes. Dans la descente ça bouge dans tous les sens et s'incline également avant-arrière droite-gauche. Le ciel est très proche du visage, de l'eau coule et dégouline sur la voie de passage de l'ascenseur ; les poutres sont quelquefois corrodées. Bref... La descente est mémorable.

En bas, l'eau s'écoule par venues régulières dans le puits. Au sein d'une fosse, une exhaure est réalisée, bien que la pompe n'ait pas une capacité importante. On nous accompagne jusque la première chambre d'exploitation, la seule où règne l'activité actuellement.

Les ouvriers vident une chambre qui avait déjà été creusée. En fait, elle est pleine de stériles. Déblayer, c'est une opération qui leur prend plus d'un an, parce que la chambre est immense (l=40 x L=20 x h=20). Les déblaiements sont réalisés avec une pelleteuse électrique, dans un va-et-vient incessant de berlines.

C'est l'heure de la pause des ouvriers. Louis nous décrit le moindre détail de l'exploitation et des aspects de la sécurité. Le mineur doit être en contact avec son environnement. Les détections de problèmes sont simples mais nécessitent un regard aigu sur les parois. Plus loin, les chambres d'exploitations sont pleines. Nous les visitons et continuons jusque loin au fond du site. Il existe de nombreux étages intermédiaires, prendre connaissance de toute l'exploitation est consommateur de temps.

L'heure du retour arrive. Remonter, c'est encore plus impressionnant, surtout quand ça penche en arrière. En haut, nous pouvons visiter l'atelier de refente. Les ouvriers produisent environ 1000 ardoises par jour.

Les photos de l'époque

Vous pouvez écouter l'ardoisière ci-dessous


La descente dans le puits de Warmifontaine. L'enregistrement n'est pas de bonne qualité parce que ça bougeait dans tous les sens, mais ça reste un son mythique, celui de la descente de la trapanelle dans le puits.
La chambre d'exploitation de Warmifontaine. Son d'assez bonne qualité, on y entend bien les machines en train d'extraire.
Un chargement de berline dans le puits, la berline est encagée, puis remontée. L'opérateur donne des instructions. Au milieu de la pluie, les sons sont sourds. Enregistrement intéressant.
La pompe et l'exhaure. Bruit strident peu agréable à écouter.
La machinerie du puits. Ce qu'on entend, c'est la machine de traction qui remonte une berline dans le puits.

A la suite de la faillite, il nous fut brièvement possible de visiter le bâtiment d'extraction, entrant peu à peu dans une situation de ruine. Nous vous invitons à découvrir ce bâtiment, qui mériterait amplement une action de préservation. En effet les toitures sont dans un bien piteux état.


La rue Sérésiat. Les verdoux ont peu à peu disparu.


Une berline. Semblable à celles de Rimogne, elle ressemble à un baquet.


Les murs sont impressionnants. Une molène aventureuse en profite.

Vous pouvez écouter l'ambiance de l'ardoisière ci-dessous. Il s'agit d'une bande roublarde de moineaux, qui a colonisé les lieux. Ils sont adorables. En arrière plan peu à peu le village se réveille.

 


Entrons dans un monde tapi dans le silence et l'oubli.


La salle du grand puits Sainte-Barbe.


Fait très rare, mais pas unique, elle comporte un chevalement en bois.


La machinerie, avec au devant, le treuil.


L'entièreté du chevalement en vue panoramique.


Les trapanelles qui permettaient la descente.


De plus près. On se couchait sur le dossier de droite.


Vue générale, avec le puits qui plonge.


L'imposant et terrifiant puits.


Le câble.


Le poste de commande du treuil.


Détail sur le shunt.


Gros plan sur le câble.


Le chevalement vu de la cabine.


La nature ardennaise colonise doucement.


Passons désormais à l'atelier de refente.


Les plaques tournantes qui permettaient d'orienter les berlines.


Vue globale de l'atelier.


Le tapis de guidage des ardoises à refendre.


En bout de course, elles étaient rangées dans des bacs en bois.


Le guidage des blocs découpés est un peu plus costaud.


Vestige de scie circulaire.


A l'extrémité de l'atelier de refente.


Le boîtier électrique n'alimente plus que son triste destin d'abandon.


La partie sud est équipée des tables de refente.


Il subsiste d'ailleurs à gauche quelques blocs à fendre.


Tout est laissé tel quel dans un attristant état d'abandon.


On a peine à imaginer les travailleurs en place tant c'est vieux.


Un curieux outil manuel qui devait servir à découper une ardoise.


Au revoir l'ardoisière, en espérant que tu aies un avenir.

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