Tchorski
Tchorski
L'ardoisière de Warmifontaine


Ca y est, c'est reparti pour un départ à l'aube de l'aurore, mais pas pire que François et Antonin qui eux ont démarré à trois heures du matin (argh !) L'effort est dur à fournir à cause de la fatigue accumulée ces dernières semaines mais vraiment, c'est une journée exceptionnelle. Nous avons rendez-vous à Warmifontaine pour la visite d'une ardoisière souterraine dont l'intérêt est majeur. Rendez-vous avec François à Libramont, nous arrivons pile à l'heure. Faut dire que c'est normal... Notre train était prévu en arrivée à moins le quart et l'horloge du quai était en panne sur... moins le quart. Eheh ! Pratique pour éviter les retards ! Nous filons rapidement vers le petit village de Warmifontaine parce que nous avons un court délai pour arriver sur place...

Le carreau est esthétique, il y a des bacs d'ardoises prêts un peu partout, d'une contenance d'une tonne me semble t'il. Nous retrouvons Louis, notre guide et Maurice, le patron de l'ardoisière. Présentations faites, nous nous équipons et nous dirigeons vers le puits. La descente est d'un folklorique rare. C'est un puits de 172 mètres incliné à 50 degrés voire plus en certains endroits - c'est donc un beau puits, comme ceux décrits dans le livre de Léon Voisin. L'appareillage de descente ressemble à ce qu'utilisent les déménageurs pour déplacer les bazars dans les appartements, une plaque qui peut évoluer sur l'inclinaison. Sauf que là, le matériel est vieux, les rambardes sont bien branlantes, dans la descente ça bouge dans tous les sens et s'incline également avant-arrière droite-gauche, le ciel est trèèèès proche du visage, y'a de l'eau qui coule, les poutres sont quelquefois un peu complètement corrodées. Bref... La descente est mémorable. A mon avis, c'est loin d'une cage de mine classique (bien que n'en possédant pas vraiment l'expérience). On est en contact direct avec la sensation de descente, durant trois minutes de stress vraiment agréable (oui...) Il n'y a que François que ça n'a pas choqué ! Il n'a pas cessé de sortir des citations formidables au patron ! "Je ne pensais pas que ça existait encore des trucs comme ça", "Ouah ! c'est exactement comme dans le livre !", "c'est quand même pentu votre truc" et Moloko qui dit également "ouais, les poutres ça tient par habitude en fait..."

En bas, l'eau gerbe un peu. Il y a une exhaure importante, bien que la pompe n'ait pas une capacité très importante. Il est difficile pour nous d'évaluer ce genre de trucs. On nous accompagne jusque la première chambre d'exploitation, la seule où règne l'activité actuellement. Les ouvriers vident une chambre qui avait déjà été creusée. En fait, elle est pleine de stériles. Déblayer, c'est une opération qui leur prend plus d'un an, parce que la chambre est immense (l=40 x L=20 x h=20). Les déblaiements sont réalisés avec une pelleteuse électrique, dans un va-et-viens manuel de berlines incessants.

Durant les explications, un accident se produit. Une berline se met à dévaler une pente vers nous et nous cogne au passage. Nous sommes trois concernés, la berline est arrêtée et remise en place. C'était au cours de photos, l'accident est sans conséquences graves mais ça aurait pu être catastrophique : passage sous berline, renversement d'acéto et incendie, écrasement sous paroi, etc... C'est lourd une berline, faut pas croire... Personne n'a remarqué ce problème, c'est étonnant.

C'est l'heure de la pause. Les ouvriers posent des questions sur notre présence. Louis nous décrit le moindre détail de l'exploitation et des aspects de la sécurité. Le mineur doit vraiment être en contact avec son environnement, les détections de problèmes sont simples mais nécessitent un regard très aigu sur les parois. Plus loin, les chambres d'exploitations sont pleines. Nous les visitons et continuons jusque loin au fond du site. Il existe de nombreux étages intermédiaires, prendre connaissance de toute l'exploitation prendrait du temps. Louis est un fameux guide, il a travaillé dans toutes les ardoisières du coin : Martelange, Bertrix, Warmifontaine...

L'heure du retour arrive. Remonter, c'est encore plus impressionnant, surtout quand ça penche en arrière, aaah ! En haut, nous pouvons visiter l'atelier de refente. Il semblerait que fendre une ardoise, c'est une technique très difficile - mais eux le font en un coup de main puisqu'ils produisent environ 1000 ardoises par jour. L'ardoisière de Warmifontaine est en cours de remise en route (après multiples faillites). D'ici quelques mois, la chambre déblayée sera remise en exploitation. Avec une haveuse, ils débiteront 20 mètres plus en profondeur. Franchement, avec la gentillesse de leur accueil, on leur souhaite toutes chances de réussite...

    

Vous pouvez écouter l'ardoisière ci-dessous.


La descente dans le puits de Warmifontaine. L'enregistrement n'est pas de bonne qualité parce que ça bougeait vraiment dans tous les sens, mais ça reste un son mythique, celui de la descente de la trapanelle dans le puits.
La chambre d'exploitation de Warmifontaine. Son d'assez bonne qualité, on y entend très bien les machines en train d'extraire.
Un chargement de berline dans le puits, la berline est encagée, puis remontée. L'opérateur donne des instructions. Au milieu de la pluie, les sons sont très sourds et c'est proche de la vérité. Enregistrement intéressant.
La pompe et l'exhaure. Bruit très strident peu agréable à écouter.
La machinerie du puits. Ce qu'on entend, c'est la machine de traction qui remonte une berline dans le puits.

 

Autres Ardoisières de Belgique (Hormis Martelange qui a un reportage complet).

Ardoisières de Oignies
Commune : Oignies en Thiérache
Minerai : Ardoise
Statut : Accès Libre

Ardoisière Hamériaine
Il s'agit d'une descenderie à 30 degrès rejoignant un noyage proche. La galerie est finement appareillée, elle ressemble aux gravures présentées pour illustrer les anciens réseaux de Haybes-Monthermé.

Ardoisière de Oignies
Une galerie de 120 mètres de long se terminant sur un noyage. L'exploitation devait être très grande au vu des verses. Aucun document historique.

Ardoisière de Laforet
Commune : Vresse sur Semois
Minerai : Ardoise
Statut : Accès impossible
Deux entrées pour une galerie de 100 mètres de développement, comportant une chambre. Sur la gauche, un trou rempli d'eau serait un puits à eau ou un accès vers un niveau inférieur. Cette ardoisière a été exploitée par la société ardoisière de Rebaix, jusqu'en 1885.
Cette galerie est fermée par les chauves pourris.

Ardoisières de Laviô
Commune : Rochehaut
Minerai : Ardoise
Statut : Accès impossible
L'ardoisière Laviô inférieure est assez petite, environ 30 mètres avant de déboucher sur du noyage. L'ardoisière Laviô inférieure est nettement plus grande, environ 200 mètres. Elle comporte 3 chambres assez vastes. L'exploitation aurait débuté dans les années 20 et aurait cessé en 1925.
Cette cavité est fermée par les chauves pourris.

Ardoisière de Gerardfosse
Commune : Rochehaut
Minerai : Ardoise
Statut : Accès impossible
Galerie de 100 mètres de développement, comportant deux chambres et deux puits. Elle était exploitée en 1862 par M. Hoffmann, en 1913 par M. Degrelle. Cette cavité est fermée par les chauves pourris.

Ardoisière de Nollevaux
Commune : Nollevaux
Minerai : Ardoise
Statut : Accès Libre
Egalement appelée Ardoisière de Pont le Prêtre. Galerie de 50 mètres en pente douce, ouverte en 1836.

Ardoisières de Fays les Veneurs
Commune : Fays les Veneurs, également appelées ardoisières Sainte Adèle
Minerai : Ardoise
Statut : Accès impossible
L'ardosière 1 est un couloir de 10 mètres. L'ardoisière 2 est une galerie de 60 mètres comportant une chambre. L'ardoisière 3 fait 30 mètres et débouche sur du noyage. Ces cavités sont fermées par les chauves pourris.

Ardoisières de Herbeumont
Commune : Bertrix, commercialement appelées ardoisières de herbeumont, situées sur le hameau de Linglé
Minerai : Ardoise
Statut : Accès touristique pour une, impossible pour les 3 autres.
Ce sont 4 vastes réseaux s'étalant sur pratiquement un kilomètre de galeries. Louis Soquay vous fera visiter ce lieu avec passion, c'est un ancien ouvrier ardoisier ayant travaillé à Martelange et Warmifontaine.
Linglé inférieure : La plus vaste exploitation, s'étalant sur trois galeries complexes et tortueuses. Les chambres sont nombreuses, c'est la partie la plus intéressante de la carrière. Le développement avoisine les 600 mètres.
Linglé Moyenne : Galerie de 80 mètres reliant 5 chambres.
Linglé supérieure 1 : Deux galeries totalisant un réseau de 200 mètres et 6 chambres.
Linglé supérieure 2 : Développement 120 mètres et une grande chambre d'exploitation. Linglé inférieure est visitable touristiquement, le reste est fermé par les Chauve pourris (Copier-Coller)

Ardoisière de Nieder-Emmels
Commune : Nieder-Emmels
Minerai : Ardoise
Statut : Accès impossible (grille)
C'est une belle et grande ardoisière artisanale, dont le développement avoisine les 400 mètres. Elle totalise 3 niveaux dont l'un est totalement noyé pour cause de pompage. On y trouve (trouvait ?) de belles chambres d'exploitation, des puits et un joli appareillage des voutes. Aucun renseignement historique sinon un 1886 sur la clé de voute.

N'existent plus :
-Ardoisière de L'Escaillière, commune de l'Escaillière.
-Ardoisière de Rougebau, Commune de Fays les Veneurs.
-Ardoisière Nanouette, Commune de Martelange.
-Ardoisière Régné, commune de Bihain.
-Ardoisière de Couvin, commune de Couvin.
-Ardoisière Jonet, Commune de Fays les Veneurs.

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