Forges de Clabecq - Le Laminoir

Nous voilà donc partis pour Clabecq, village historique concernant l'industrie du métal, puisque comprenant l'une des plus intéressants des hauts-fourneaux. Le trajet n'est pas sans ennuis et nous arrivons un peu en retard. Harald Finster est là, cela ne fait que quelques minutes en trop, rien de dramatique...

La conciergerie donne un bon à l'entrée et le contrôle à la sortie. Autrement dit, chaque passage dans l'enceinte de l'usine est strictement vérifié. Nous avons rendez-vous avec une personne du service environnement pour une visite des mélangeurs, du haut fourneau numéro 6 et des laminoirs. Seuls ces derniers sont en activité, le travail a cessé dans toutes les autres parts de l'usine.

Les mélangeurs sont de vastes réservoirs plutôt cylindriques, ayant pour fonction de garder de la fonte en fusion. Un diamètre d'une dizaine de mètres, les parois sont très épaisses et recouvertes de briques réfractaires. Il parait que ce genre d'appareillage n'est plus visible ailleurs en Europe. Ils sont en très bon état et sont à vendre, idéal pour décorer sa salle de bain ! Juste après cela, nous continuons la visite vers le fond de l'aciérie. Il y a là des dizaines de poches entassées, de différents types (pour la fonte, le laitier, l'acier...) Toutes sont recouvertes également couche intérieure d'une de briques réfractaires. A savoir que le terme "godets" pour désigner ces réservoirs ne relèvent que de mon imagination...

La suite de la visite est aux hauts fourneaux. Un ouvrier ayant travaillé dans cette partie de l'usine nous décrit techniquement le fonctionnement de l'appareillage. Pour nous, c'est d'une grande richesse car cela nous permet de comprendre beaucoup de détails. La partie basse du fourneau ressemble bien sûr à celle de Esch, cependant ici tout est à l'air. De ce fait, la présence des aérateurs donne un peu moins l'impression d'une machine infernale tout droit sortie de l'enfer. L'ascension du haut fourneau est passionnante. Chaque étage à son esthétisme. On y trouve tout d'abord des tuyaux fins d'aération (deux étages), des tuyaux qui injectent de l'eau (deux étages), trois niveaux successifs longeant les cloches et un niveau placé au dessus possédant toute une série de trous d'hommes. L'étage suivant est différent, Il y a tout d'abord le trou permettant le basculement des skips, afin de balancer les pellets à l'interieur (les pellets sont de petites billes de 1cm de diamètre de minerai reconstitué). Il y a aussi de plus en plus présents les tuyaux d'évacuation de gaz, car la pression dans le ventre est forte (2kg/cm²). Encore au dessus, l'architecture s'aère. On ne trouve presque plus que des tuyaux d'évacuation. La vue au sommet est extrêmement intéressante. On se trouve à 120 mètres au dessus des paquerettes, une prise de connaissance fantastique de la totalité de l'usine. On peut voir les cowpers du dessus, ce qui est rare, mais aussi l'intérieur des cheminées.

La descente se fait calmement, nous retournons alors dans la partie sur la commune de Ittre pour visiter les laminoirs en fonctionnement. Là, c'est un tout autre style, le bruit et la puissance sont omniprésents. Les brames sont écrasés pour devenir des plaques nettement plus fines. En fait, les brames en question ont une épaisseur de 20 centimètres et sont placés dans un four afin de les amener à une température élevée. Au bout d'une heure, ils sortent de la fournaise et passent dans le laminoir. Ce sont des rouleaux qui viennent écraser un peu par un peu le bloc métallique. Il existe plusieurs techniques, ici les plaques opèrent plusieurs passages en marche arrière et marche avant. Cela est réalisé dans un bruit imposant, des nuages de vapeur et une couleur rougeoyante très esthétique (voire hypnotisante).

Au passage, les brames sont passés dans des jets d'eau, cela forme de la calamine sur la surface, un espèce de dépot noir oxydé. Ces morceaux sont utilisés dans les bétons de machines à laver, afin de les alourdir. Pour nous, la visite s'arrête à cette étape. Il reste encore une aire de refroidissement et une aire de découpe, mais c'est moins intéressant. Malheureusement, Harald a perdu un ustensile de son hasselblad, ce qui est délicat (car dur à retrouver). Cela nous vaut une remontée au pas de course du haut fourneau. Euh... Franchement, faudra inscrire cette épreuve à la prochaine compétition des jeux olympiques, parce que ça vaut le coup ! Pour la petite histoire, la première fois que j'ai grimpé un haut-fourneau, c'était un mercredi. La seconde fois, c'était un quart d'heure plus tard, en courant comme un dératé ! Pas commun !

Nous n'aurons pas retrouvé la pièce manquante. Mais bon, moi je paume mes clefs dans la maison, je mets une journée à les retrouver, alors un bazar informe dans une usine... En attendant, nous avons le droit à un café, ce qui me donne l'occasion de remercier pour la visite. En effet, le personnel des forges de Clabecq nous a accueilli dans une grande gentillesse et ça mérite un chaleureux remerciement. Cette étape dans la prise de connaissance de l'industrie métallique a été essentielle, car les explications directes et parfois compliquées des techniciens permettent de mieux apprécier ce qui est abandonné quelques villes plus loin.

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