Tchorski
Tchorski
La mine des bubons

Cette toute petite page est un compte-rendu de visite d’une mine curieuse. En effet, ce lieu aura nécessité 3 visites afin de dominer la question (encore que, avons-nous été partout ?) mais en l’occurrence, le site est archi-totalement-méga-vide ! Il n’existe à ma connaissance qu’une seule mine permettant de rivaliser avec une sensation de vide aussi intense. Il n’y a pas un seul atelier ou vestige de chantier. Le quartier général des ouvriers est réduit à … une table !

La présence d’eau a tendance à le faire gonfler le matériau exploité. C’est pour cela que nous avons appelé cette exploitation la mine des bubons. C’est en référence à la peste bubonique, rien que ça ! En effet les lieux sont caractérisés par des gonflements au ciel prenant forme de gros bubons dégueulasses. La roche se détache par plaques, comme des pelades. Mais, aussi, d’énormes masses sont gonflées, décollées et suspendues on ne sait trop comment. Ca forme un paysage pour le moins apocalyptique, impressionnant et inévitablement dangereux. Certains secteurs ont des fontis gigantesques, d’autres sont le spectacle atroce de ce qu’est en réalité la cuve de Tihange 1.

Comme évoqué, tout voir de cette mine a demandé trois visites. Relativisons, il y eut un certain nombre d’embuches, certes de faible ampleur, mais en tout cas ayant engendré un temps disponible un peu limité. Il en ressort que cette exploitation est un gigantesque piliers tournés. Le maillage est impressionnant. C’est vaste, vaste, vaste ! Voir le plan de cette exploitation doit être fascinant pour quiconque ayant le moindre attrait dans le minier.

Par contre, l’exploitation est intensément vide du moindre vestige industriel. A l’exception d’une bande transporteuse fameusement rouillée et très belle, il ne reste plus rien, mais alors plus rien du tout. L’excavation était accessible par une entrée de roulage véhicules, et une entrée affectée à la sortie des matériaux par convoyeur.

Le réseau est entièrement placé sous les bois, à une profondeur variable mais généralement située à 80 mètres sous la surface. Aucune habitation ni secteur urbain n’est concerné par un aléa. De nombreux désordres affectent les galeries. Au vu du foisonnement, ça ne pose aucun problème vis-à-vis des terrains de surface. Considérant les décollements aux ciels, les galeries les plus anciennes sont remarquablement dangereuses, du fait de secteurs entiers tchernobylisés. Il ne doit être guère agréable de se payer une plaque de 90 kg sur le coin de la trombine. En certains secteurs, aucune photo n’a été faite, considérant que c’était un massacre de grande ampleur.

L’exploitation aurait été débutée dans la fin des années 1950 ou début 1960, sans que nous ne possédions de précision. La fin de l’activité extractive date d’il y a une quinzaine d’années. Le directeur d’exploitation est décédé en décembre 2013. Ce document est donc rédigé en sa mémoire.


L'entrée du convoyeur est le secteur le plus intéressant.


Un vieux convoyeur complètement déglingue sortait la matière au jour.


Le spectacle est dantesque au vu de l'état du bazar.


En plus il est suspendu, ce qui est assez peu fréquent.


Malheureusement la fête sera de courte durée.


Car après il n'y aura plus rien !


Ah si, ces décollements dont je parlais, dangereux comme tout. Et encore, celui là est doux dans son genre. En plus les photos témoignent mal de ces grosses poches bombées témoignant que tout va chuter à un moment ou un autre... Mais lequel ?


Le quai de chargement du convoyeur.


L'autoroute principale, traversant presque toute l'exploitation.


L'ancienne poudrière. Jean-JS avait interprété un peu à la hâte l'un des panneaux : merci de ne pas approcher avec une famme nue.


Le plus grand vestige de la mine, le QG des mineurs.


Il subsiste un sac-bandoulière d'Oldham.


Photo par Jean-JS. Probablement une fouine ou une martre. C'est glauque...


Les galeries sont très linéaires. Quand elles sont en bon état, on lit parfaitement les traces de purgeuse mécanisée.


Dans un recoin, une ancienne Ami-6, sans roues. Elle doit avoir de l'âge !


Un exemple typique de décollement par pelades.


Le reste méconnaissable d'un chargeur-transporteur.


A une des extrémités, un noyage, que l'on devine à peine.


Une piscine, quant à elle nettement plus bleue. Pour cette exploitation, c'est tout... C'est maigre mais voilà, que dire de plus que c'est fait...

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