Tchorski
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Akers Berlaimont (1/2)

Ce petit reportage photographique concerne l'ancienne usine Åkers localisée à Berlaimont, en France. L'entreprise a cessé son activité le 30 mars 2016. A ce jour, les locaux sont en démantèlement. Le documentaire a pour but de garder mémoire, autant que faire ce peut, de ce fleuron industriel. Le site était voué à la fabrication de cylindres de laminoirs et de pièces forgées, au même titre que l'implantation de Seraing et de Thionville.

Le site de Thionville
Le site de Berlaimont
Le site de Liège

Lors de la fermeture du site de Berlaimont Åkers France SA, 80 personnes ont perdu leur emploi. Dans le même temps, lors de la fermeture du site Åkers de Thionville, 165 personnes ont trouvé les portes du chômage. Le groupe suédois Åkers quant a lui a été repris par le groupe américain Ampco-Pittsburgh.

En ce qui concerne Åkers : le groupe métallurgique a été créé en 1580 et se nommait Åkers Bruk. La firme fabriquait des canons. En 1806, le premier cylindre de laminoir est produit. Reprises et fusions : en 1988 Karlskoga Stalvalsar, en 1989 Walzengiesserei Meiderich, en 1995 Åkers Stalvalsar, en 1997 Hyde Park Foundry and Machinery, en 1998 Forcast International. Cela explique pourquoi l'on retrouve un paquet de documentation Forcast dans l'usine.

En ce qui concerne Berlaimont, la date de création de l'établissement est floue. La base est la société des Cylindres et Laminoirs Marichal Ketin localisée à Liège. En 1927, Jacques Neuville repère un site adéquat à Berlaimont. Il est à penser qu'il s'agit de l'année de création de l'établissement. En 1972, revente du portefeuille majoritaire d'actions à la société allemande Gontermann Peipers. En 1974, Berlaimont compte 600 personnes et produit 1500 à 1600 tonnes de cylindres par mois.

En 1981, Marichal Ketin Berlaimont est reprise en location par Lorraine Ketin. En 1983, entrée de Lorraine Ketin dans le groupe Chavanne Delattre (filiale Usinor) et devient Chavanne Ketin : ce qu'on voit en énorme sur le fronton bleu de l'usine, à front de gare. En 1993, Chavanne Ketin et OSB se regroupent sous le nom de Forcast. En 1998, rachat de Forcast par Åkers. Effectif en 1999 : 166 personnes. Effectifs recensés au 1er janvier 2014 - Thionville 180, Berlaimont 97, Liège 43.

Le DG d'Åkers France était David SOUILAH, et par ailleurs directeur du site de Berlaimont.

La liste du personnel, de ce que j’ai pu retrouver, est la suivante (95 personnes) : ABDELLI Abdelak, AICHI Mohamed, ANDRE Benoît, AUDIN Pascal, AYEL Christophe, BAILLON Dominique, BALASSE Mickael, BASQUIN Ludovic, BASTIEN Fabrice, BEDNAREK Laetitia, BERTAUX Bernard, BERTAUX Thomas, BODART Guillaume, BORGES Abilio, BORGES José, BORGES Raphael, BOSQUETTE Dominique, BOURSE Antony, BRABANT Jean-Luc, BROUTIN Alain, CHANDELIER Alain, CHARLES Frédéric, CUISSET Philippe, CUVELIER Stéphane, DECUYPER Jean-Pierre, DEGUNST Stéphane, DEHAESE Manuel, DENDELEUF Denis, DERUEL François, DESFOSSEZ Jean-Noël, DESFOSSEZ Yannik, DESTRES Christophe, DUBOIS Romain, DUCROT Antonhy, DURIGNEUX Philippe, DURSENT Frank, DUTRIEUX Bernard, GALIAN René, GERONDAL Christophe, GOBEAU Jean-Michel, GUYONNET Thierry, HERBIN Pascal, HOEL Olivier, JARRELOT Sébastien, KASPRZYK Sébastien, KERKOUR EL MIAD Mohamed, KESTENARE Patrice, KHELFANE Eddy, LABARRIERE Jean-Cyril, LAFOREST Cédric, LAMART Jean-Michel, LAMBET Régis, LAMEIRAS José, LARA LUNA Miguel, LECLERCQ Mickael, LEFEBVRE Arnaud, LEFEBVRE Hendrick, LEFEBVRE Sandy, LEGRAND Fabrice, LENOIR Arnaud, LESSCHAEVE Jean-Claude, LIMOGE Marc, LOCQUENEUX Romain, LOISEAU Cédric, LOISEAU Dorothée, MARECHAL Daniel, MARECHAL Michel, MARION Franck, MAROSE Jacques, MEUNIER Jimmy, MOUTON Vincent, OUABEL Lory, PAQUET Bruno, PIERACHE Thierry, POTDEVIN Fabien, POULIN Ghislain, PRESEAU Grégory, RIVIERE Raphael, ROGEZ Jérome, ROMBURE Mickael, RUELLE Frédéric, RUELLE Patrick, SAXE Bruno, SEJOURNE Charles, SOUILAH David, TAVIAUX Julien, TESSIER Eric, THEILER Julien, VALERIANI Jérome, VAN CLEEMPUT Pascal, VILLALBA Cédric, WIENECKE Dany, WIPLIEZ André, WULLEMAN Ludovic, YAYHAOUI Ali. Date de collecte : février 2016. Cette valeur de 95 personnes est légèrement supérieure à celle du licenciement collectif de 2016. Je ne dispose d'aucune explication valable à cela. Il s'avère que la presse fait état généralement du licenciement de 80 personnes. Le tag sur une des portes de l'usine évoque 85 personnes. La situation restera floue.

Dans l'ensemble industriel, un certain nombre de bâtiments ne sont pas Akers et assez logiquement, nous n'avons pas pu les documenter. Ils étaient fermés avec des murs en blocs. A front de rue, les maisons qui étaient les bureaux de la SGM : Société Générale de Machine-Outils. Côté est du site, le très vaste atelier des SGM, encore utilisé (lumière dans le bâtiment). Un vaste bâtiment appartenant à la communauté de commune Sambre-Avesnois a été visité, mais ne présentait pas d'intérêt architectural. L'Aciérie Haute-Sambre, le gros bâtiment bleu face à la gare, impossible à visiter car totalement clos par des murs.

L'usine Akers de Berlaimont comportait les vestiaires sanitaires, les bureaux, les zones de stockage de matières, la section traitements thermiques, la section usinage, la section maintenance. Dès lors, il est à se demander si la fonderie était à Thionville, et si Berlaimont assurait la finition. C'est une hypothèse. Les bureaux comportaient la sous-section des laboratoires.

L'usine est démantelée. Toutes les machines dans les hangars ont été vendues. Par contre, la totalité des bureaux - quoique en désordre - sont remplis de papiers. Ce sont les derniers souvenirs, c'est important, il fallait le faire, même si nous sommes trop tard.

Nous allons maintenant nous promener dans l'usine.


Le bâtiment à front de rue, face à la gare.


L'entrée loge du site.


Le vestiaire, immédiatement à droite de l'entrée.


Entrons au coeur du site industriel.


Les bâtiments ne possèdent aucun cachet architectural.


L'ancienne entrée des bureaux.


On y voit encore sur un chevalet un exemple de production.


Une petite salle qui pourrait avoir été affectée à des cours.


Une partie du laboratoire.


Bureau et photo ancienne de la production.


Le bureau des ressources humaines.


La salle de réunion.


Grand local polyvalent à côté du labo.


Tout est encore en place, pétrifié dans l'oubli.


Cela permet de garder mémoire du travail, ce que nous avons fait sur les trois sites de production.


Local informatique. Un détecteur incendie en train de mourir bipait mélancoliquement.


Absolument tout est figé, c'est saisissant.


La mort règne sur cet espace industriel.


Les lieux sont chargés de souvenirs douloureux pour les ouvriers licenciés.


Vaste local dédié aux commandes.


On retrouve des centaines de noms d'établissements industriels très connus.


Dans la cave c'est glauque et sombre. Je dis à Argo, on va finir par trouver un mort là-dedans. Et 10 mètres après, ça ne rate pas, un espèce de mannequin désarticulé au sol ressemble à un crevé. Argo évalue mal dans le noir et fait ÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅÅH crise cardiaque !


Des milliers d'échantillons prélevés sur les cylindres.

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