Récit de randonnée ~ Pays-Bas : Amsterdam ~ La côte de la province Holland-Zuid ~ Den Haag

L'hiver dernier, j'avais parcouru la côte Belge de la frontière hollandaise à la frontière française. Il est peu dire que j'avais été emballé par cet instant de vie. C'est de la sorte que la grosse farde nommée "promenades" s'est vue remplie au fil des semaines de dizaines de parcours longeant la côte, au hasard des inspirations. Dans le même temps, une personne âgée prise en stop me racontait avoir suivi toutes les côtes de France et en avoir mis presque 20 ans. Mmmm, ça vend du rêve comme projet ! Bref sans se mettre martel en tête ni concevoir des détours dévorants d'énergie, voici la promenade suivante et elle est toute belle ! Une arrivée à Amsterdam, longer la côte de IJmuiden à Ter Heijde, puis repartir par Den Haag. Le pire, c'est que pour une fois, ce n'est même pas cinglé comme excursion (si, si, c'est possible !)

C'est à l'aube de l'aurore que je me fais la malle de Louvain-La-Neuve, en vue de prendre le tout premier train. A l'arrivée à la gare, je remercie d'emblée le guichetier d'être présent si tôt, lequel est touché par ces paroles et m'aurait bien offert du café au travers du parlophone. Il en est que, fraternisant de la sorte, je rate mon train ! Ce n'est pas grave, le suivant n'est guère plus tard. Au gré d'un parcours semi-désertique, au final je touche le début de l'heure de pointe à Bruxelles. Cependant ce n'est guère conséquent et ainsi, sans le moindre souci, je suis en route dans un de ces fameux sprinters bleu et jaune de la NS (Nederlandse Spoorwegen) qui m'avaient fait rêver de nombreuses fois. Avec autant de bonheur que la tête d'un chat dans un bol de croquettes, j'arrive à Amsterdam.

La dernière visite d'Amsterdam, c'était simplement en décembre 2002 avec Luc Herrouin. Autant le dire sans ambages, ça ne date pas d'avant-hier et les souvenirs ne sont plus de toute dernière fraîcheur - quoique, quoique... en fin de compte l'âme est restée la même. Ah, je me souviens encore de ce parcours à pied délirant vers la Amstelstation, alors qu'il neigeait et le Eurolines qui s'était perdu dans Rotterdam : je radote et deviens vieux ! D'Amsterdam, j'engageais le parcours avec une forte appréhension. Au préalable, j'avais fait quelques recherches et mes inquiétudes étaient fondées. Il suffit de mettre "overcrowding tourists" ou bien "overtourism" dans Google et au sein du palmarès ressortent Venise, Barcelone et... Amsterdam.


Paysage sonore d'Amsterdam

Dès la sortie de la gare, je me prends une claque d'envergure : on n'est plus en 2002, c'est le moins qu'on puisse dire. En pleine semaine, en pleine heure creuse, il pleuviote, la Martelaarsgracht est complètement bondée. Au pied de chaque porte, les habitants de ce lieu entendent brailler au minimum la moitié plus un tiers de tous les langages du monde. Amsterdam est une ville qui souffre. J'avais ouvertement déclarée Brugge comme étant une ville étouffée par le tourisme de masse, mais non, je n'ai rien dit, je retire, c'était une plaisanterie. Là, c'est gigantesque ; quelque part désormais je n'ose plus imaginer un samedi soir à Barcelone, mais soit passons, je n'y suis pas. En même temps, ça aurait été de jouer à l'aveugle que de se voiler la face. Le phénomène est connu.

Il en ressort que j'ai presque envie de m'excuser d'être là, touriste moi-aussi. La seule contrepartie que je trouve est de me faire discret. Reste que, après plusieurs semaine éprouvantes, je suis fatigué et je n'arrive pas à parler néerlandais, c'est un véritable massacre. En plus ils ont un accent très différent du Brabants taalvariant - j'y entendrais quasiment de l'allemand parfois - la communication en est alourdie, je suis épuisé. On fait ce qu'on peut.

Afin de débuter la visite, je me rends sur Dam, qui est la grand-place de la capitale de Hollande : 1,3 millions d'habitants pour la ville, 2,4 millions en ce qui concerne l'entité urbaine, 7,1 millions au sein de la conurbation complète qui s'appelle le Randstad. Si Rotterdam représente en quelque sorte la capitale économique du pays, Den Haag la capitale politique et judiciaire, Amsterdam représente indéniablement la capitale touristique. L'inondation est une véritable sidération.

Des centaines de touristes distribuent du riz et des chips à des milliers de pigeons, ce qui est bien entendu terriblement négatif en terme d'impact sur la ville. A peine plus loin, sur Oude Doelenstraat, des touristes français grillent un feu-piéton rouge et se mettent à taper la voiture tout en braillant. Il n'est plus étonnant que les Amsterdammersen viennent à détester les touristes. D'ailleurs ça se ressent. L'accueil dans les commerces est glacial, les prix sont surcotés (jusque le double que les prix pratiqués à Den Haag !), la qualité médiocre. Il ne suffit que de se promener sur les commentaires du trip advisor pour bien comprendre que ce n'est plus de la plaisanterie. Bref, je ne vais pas rester.

Amsterdam reste malgré tout immensément belle, c'est indéniable. C'est un labyrinthe ahurissant de rues très étroites, ramassées autour d'un dédale de canaux. Les rues sont pavées, propres, peu de voitures, une foule de vélos, l'esthétisme est à chaque détour. L'aspect prépondérant est le manque d'espace. La ville est complètement resserrée sur ses canaux, les voies sont exigües. Cela provoque un espace urbain terriblement dense et difficile à appréhender. D'ailleurs c'est dangereux. J'ai failli me faire renverser par une voiture (elle a pilé et m'a juste touché), les vélos ne freinent pas du tout et s'octroient une priorité totale sur tout ce qui bouge : afin de prévenir, ils actionnent leur sonnette. Il est à savoir qu'à Amsterdam, un vélo ne s'arrêtera JAMAIS ! C'est connu et reconnu et donc dangereux en cas d'inattention. Quelle jungle !

En même temps je parle de jungle, parce que quelque part c'est une forêt urbaine peuplée d'animaux nocturnes, mais l'espace est remarquablement géré. Même si ces maisons complètement de travers offrent un curieux regard, on est ici au sein d'une rigueur néerlandaise qui est frappante au regard de notre triste Wallonie baignée d'une négligence et d'un laxisme sans achèvement. Le temps est couvert mais je m'octroie une pause auprès de Het Anne Frank Huis dont la place est remplie d'une énorme file d'attente. La maison d'Annelies Frank est assez discrète, en réalité le centre touristique est un gros bunker attenant, sur la Prinsengracht. Cette démarche a permis de ne pas trop massacrer la maison.

Plus loin, c'est un peu par hasard que j'arrive dans le Red Light district, aussi appelé quartier rouge. Je n'avais guère d'objectif d'y passer (je ne savais pas où c'était en fait), mais j'y suis. Les carrées sont toutes occupées, tandis qu'à Bruxelles de jour c'est assez vide. Les filles toquent à la fenêtre afin d'attirer le regard. C'est une curieuse ambiance entre les vitrines de prostitution et les innombrables coffee shops vendant des graines ou du cannabis. Cette ambivalence est typiquement hollandaise. A savoir qu'il est absolument interdit de prendre des photos des filles. Le faire, c'est se voir aspergé d'urine par les Hells Angels, personnes discrètes qui veillent au grain, ou à défaut au minimum poussé dans un canal.

Dans le même état d'esprit curieux - mais au vu de la décadence Belge, on peut comprendre - il est absolument interdit de boire de l'alcool en rue. Pour ce faire, allez aux bars, qui sont appréciés et pleins à toute heure ! Dommage pour Marie-Claire... Si vous consommez en rue, d'une part la police versera votre alcool au sol, mais de plus vous recevrez une amende considérable !

Quittant le centre, je m'évade faire une pointe vers le quartier nord. Des navettes gratuites partent derrière Amsterdam CS. Ce sont des bacs qui travers Het Ij et qui doivent jongler avec le défilé de péniches. Un départ tous les 3 minutes environ. Simplement montez, et voilà. De l'autre côté, la pression urbaine est divisée par cinq. Tout d'un coup c'est beaucoup plus calme, plus aéré et ça se ressent. Autant se promener dans le centre est une expérience enrichissante, autant en sortir fait beaucoup de bien. Durant une petite demi-heure, je regarde avec indolence le défilé des embarcations. Puis, il est quelque part un peu temps d'engager un retour.

A ne pas faire : se mettre dans la cohue dans le bac, les gens sont très-très pressés et la densité de vélos effarante. C'est parce que je souhaitais voir ça que je me retrouve en pleine heure de pointe dans Amsterdam CS. S'il y a bien une ambiance différente de Paris, c'est qu'ici les gens ne sont pas aimables mais tout du moins prévenants. C'est propre, ordonné, respectueux, même si un chacun-pour-soi domine. Au milieu des travailleurs, je me retrouve avec une certaine joie au sein d'un train omnibus en direction de Zandvoort. Une large majorité des navetteurs descendent à Haarlem. Curieuse image que d'être heureux de se joindre dans un train bourré de monde dont deux tiers de Haarlemmer, mais là au moins, je me dis que je suis au cœur de la Hollande véritable, non plus taillée pour le tourisme. Des navetteurs confortablement installés se bougent le q afin de permettre à deux personnes âgées de s'asseoir.

En début de soirée, j'arrive à Zandvoort, une petite station balnéaire que l'on pourrait appeler Amsterdam-Sur-Mer. Il suffit de chercher des images de Zandvoort et l'on comprend immédiatement ce qu'il s'y passe en été. Il est clair que d'avoir cela à moins de 30 minutes d'une capitale, c'est un confort de vie inestimable. Parce qu'en plus... c'est beau !

Mon parcours sur la côte de Holland-Zuid est bizarre étant donné que je suis tenu par les jonctions ferroviaires. Dès lors plutôt que d'aller à mon objectif (en gros quasiment Rotterdam, que l'on appelle localement R'dam), je vais plein nord et ferai ensuite demi-tour. Cette côte n'a pas de nom et d'ailleurs, pas du tout. Du coup j'ai du mal à l'identifier dans ce compte-rendu. Amsterdamse kust n'a aucun sens, ce d'autant plus que ça pourrai confusionner avec Markermeer. Bref je la nomme du nom de sa province : Holland-Zuid, mais même eux ne le pratiquent pas. Ils l'appellent De Kust, sans autre fioriture.

Dès lors, alors que le soleil se couche et offre un spectacle de toute beauté, j'engage un parcours vers IJmuiden. Très curieusement les deux premières lettres sont en majuscule, faisant référence à la rivière Ij. C'est le troisième port de Hollande, spécialisé dans la sidérurgie. Au pas-très-loin en fait, ce sont les considérables fumées de Tata Steel, les deux haut-fourneaux (hoogovens), la cokerie. De nuit c'est impressionnant. Après un parcours de 8 kilomètres, je me pose sur la plage à proximité de Middenreep. Autant la prostitution et les drogues sont autorisées dans un certain cadre, autant de se poser avec un sac de couchage sur la plage est interdit en Hollande.

La nuit est glaciale et humide. Par excès d'optimisme, je suis un peu sous équipé. Ma tasse, laissée dehors, se remplit d'un fond d'eau. Au matin vers 5 heures, la plage est envahie de brumes rampantes, c'est féérique. Les goélands et les huîtrier-pies se battent comme quotidiennement. Le café très chaud fait du bien, même si le préparer ça fait froid aux mains. Il n'y a pas un chat. Quelle belle ambiance lorsque je démarre la promenade ! Les brumes dévorent Bloemendaal, les bâtiments émergent avec peine.

A la différence de la côte Belge, les hollandais n'ont pas massacré leur front de mer. De ce fait, les barres de béton sont inexistantes. En contrepartie et ils adorent ça, on trouve en bord de mer d'innombrables strandpaviljoens et des strandtenten. Ce sont des vastes bars sur pilotis, dont la structure est en bois. Des grandes terrasses en bois aussi permettent l'installation de vacanciers, sous des parasols. En plus d'être joli, ça offre des structures respectueuses de l'environnement. Comme les établissements sont nombreux, les prix ne sont même pas si élevés, le tout pour une qualité de vie dont la barre est placée haut. J'étais bien-sûr pétri de ces a priori comme quoi la Hollande c'est plat et il n'y a rien à voir, si ce n'est des pistes cyclables, des moulins et des tulipes. Le moins qu'on puisse dire est que le champ de tourisme possible est large, avenant et quelque peu déconcertant.

 
Paysage sonore de la côte Zuid-Holland

Bref, alors que les brumes commencent à disparaître et le soleil devenir radieux, la chaleur regagne mon corps quasiment grelottant. C'est de la sorte que je passe Zandvoort. La station balnéaire est marquée par la présence d'une haute tour, ce qui est assez fréquent en Hollande et en fin de compte, n'est pas si disgracieux que ça. En quelque sorte ça forge l'identité des lieux. Au milieu d'un habitat tout de même préservé et traditionnel, la tour marque un repère au loin.

Après Zandvoort, c'est un long périple vers Noordwijk. La particularité de cette côte est d'être absolument droite. Entre les deux villes il n'y a radicalement rien. C'est une réserve naturelle. Je ne vais pas dire que le paysage est monotone, car ce mot comporte une connotation assez négative. En réalité le paysage est pleinement invariable. A droite il y a la mer qui mer et à gauche, il y a les dunes qui dunent. A part cela, strictement rien ! Ca donne un parcours d'une extrême uniformité. Le seul aspect négatif de cela, et ce n'est pas des moindres, c'est que les hollandais aiment bien ranger. Du coup, des bulldozers, des tracteurs, des pelleteuses ordonnent la plage. En l'occurrence, ils effacent les bosses, regroupent les gigantesques quantités de coquillages (des couteaux). Ca provoque une anthropisation dense et une armée de traces de pneus dans le sable. Oui, c'est je dois le dire le seul aspect franchement négatif. Quant au reste, indéniablement c'est superbe.

Au sortir de la réserve, je fais sécher mon matériel sur des piquets, comme un baraki ! Au contraire de la côte de Zeeland, il n'y a aucun brise-lame, ni des paalhoofden. La plage est immense et nue. Une corneille voit que je mange et se met à crier à de nombreuses reprises. Je lui réponds, mais comme je lui dis : tempérament-contrefaçon-thaumaturgique, elle ne comprend pas, mais il faut dire que je ne suis pas expert en langage-corneille ! Après le repas, je reprends la marche. L'activité préférée des hollandais est de ramasser les déchets sur la plage, ils en constituent des grands sacs qui sont déposés dans des bacs en métal fait-exprès aux extrémités des stations. Merci !

Noordwijk est une station cossue, agréable mais malgré tout un peu passe-partout. Deux dames demandent ce que je fais lorsque j'enregistre la mer. Au même titre que les côtes de Zélande, les gens sont curieux. Il s'ensuit une agréable discussion et le repos aidant, je massacre un tout petit peu moins le néerlandais. Plus loin ce seront pas mal d'autres promeneurs qui viendront, curieux, m'interroger.

En direction de Katwijk, le paysage est d'une infinitude-similitude. C'est toujours-beau toujours-pareil. L'après-midi aidant, les chiens font partie du paysage, au même titre que ma ballade à Cadzand. J'aurais pu appeler ce séjour De negenendertig honden lopen ! A ce titre, un chien pisse sur mon sac à dos tandis que très évidemment, 20 secondes plus tard, le suivant en rêve ! Un autre en train de jouer-baballe me fonce littéralement dedans sans même s'excuser. Bref la promenade des 39 chiens quoi !

Katwijk est une station balnéaire tout aussi cossue. Le centre-ville est pavé, propre, avenant. C'est toujours surprenant de voir les gens en scooter sans casque. Une chose qui m'a marqué, c'est la prédominance des marques. En Hollande, il y a assez peu de petits commerces et une forte majorité d'établissements de chaînes. En fait, c'est comme s'ils avaient pris tout l'espace. Le vent se lève et la chaleur tombe. L'espace aérien est complètement déglingo à cause de Schiphol. Les pauvres gens doivent déguster. Sans rien de bien spécial, je quitte la ville. C'est près de la Strandafrit 51 que je m'installe (donc tout juste à la sortie de la ville), au Strandpaviljoen Willy Zuid. Des petites maisons alignées et vides permettent un squat merveilleux. Je prends mon repas plus tôt que la veille, au moins il fait jour.

Au loin on voit Scheveningen et du coup, je fais mes pronostics. Bon, est-ce que je passe la ville ce soir (elle est marquée par la présence d'une vaste marina), ou est-ce que je fais ça demain matin ? Un seul commentaire à ce sujet : ahahahah ! Je marche 6 kilomètres avant de me poser pour la nuit, tandis que Scheveningen reste à pas moins de 7 kilomètres ! De ma chambre, j'ai une vue magique sur la grande-roue posée sur la mer à la Pier, tandis que des bateaux sont à l'arrêt à quelques encablures, éclairés de lanternes au sein d'un ciel encore rougeoyant. C'est écrasant de beauté.

La nuit est glaciale et balayée d'un vent frigorifiant. Ah quel bonheur de prendre un café au sein de ces brumes rampantes ! C'est très heureux que je prends la marche vers Scheveningen. Il est 5 heures, il n'y a pas âme qui vive. Les immenses plages sont désertes. C'est beau. La ville de Scheveningen est en simple résumé Den-Haag-sur-Mer, puisque le lieu fait partie de La Haye. Quelle chance que cette Pier ait été restaurée. On est ici à Blankenberge (il y a à ce titre même un Sea Life), mais en version hollandaise. C'est fastueux, sans pour autant verser dans l'ostentatoire. Pour les plus téméraires, le bungy jump permet une tyrolienne de dingue tandis que pour les autres, la grande roue offre une vision magique, surtout quand au loin, le soleil se reflète dans les cabines.

Le contournement de la marina est longuet mais honnêtement il y a plus désagréable (celle de Nieuwpoort étant la pire). De plus ici le paysage n'est pas dégueulasse, bien au contraire d'ailleurs. Auprès d'une poissonnerie, un héron est posé sur un transpalette, comme ça ! Il attend sa ration ? D'ailleurs tous les lampadaires de la ville sont surmontés d'une statue dorée de héron. C'est au gré d'un soleil à nouveau radieux que j'arrive à la plage, qui simplement s'appelle Zuiderstrand. Je m'y octroie un café de vacancier. Un chien vient me voir, sauf qu'un second plus loin, crétin, saute au-dessus de mon café et asperge le tout de sable. Le premier, chtouilleux, se met à chier dans le sable et à peine quelques instants plus tard, un troisième passant par-là mange la merde. Au plus je vois les gens, au plus j'aime les chats !! Et comme le dit Nicolas mon maraîcher, je suis un punk-à-chat !

Bon allez pas grave, je rince et prépare un second café. La suite de la promenade est vers Kijkduin. Le parcours est une immense plage cette fois-ci monotone. La station balnéaire de Kijkduin est quant à elle dénuée d'intérêt. En retrait de la plage, quasiment tous les magasins sont abandonnés et une large part des bâtiments est en travaux.

La suite ne manque pas d'envergure étant donné que, de ma faute, je suis hors carte. Plus loin c'est Monster, il faut quand même le faire d'appeler une ville comme ça, et l'embouchure du fleuve de Nieuwe Maas, ouverture sur le port de Rotterdam. Je dois rechercher l'extrémité du tram 3, me permettant de rejoindre Den Haag, et donc je dois demander la rue aux gens. Oh les pauvres ! Curieusement La Haye se dit "Den Haarrhh", tout comme 'sur le pont' se dit "over de brurrhh", plutôt que de bruhg. On s'y fait, et réussite de la course d'orientation, avec des gens serviables.

Par contre, je n'ai absolument pas compris comment payer le tram. Les gens ont une carte qui permet d'ouvrir les portes et à ce titre, la carte permet de sortir (ils acquittent leur sortie). Pas de distributeur au quai et rien ne permettant de demander au conducteur, je fais le trajet jusque le centre-ville de Den Haag extrêmement tendu. Oulah, je n'aime pas ça. Je descends avant le centre-ville, à hauteur de la Elandstraat, et m'oriente ensuite sans souci. La ville est propre et remarquablement avenante en ses quartiers.

Je prends un repas à De Buurman (Torenstraat). Le cuisinier est gentil avec moi, ça change d'Amsterdam, alors que je massacre allègrement les moindres fondements du néerlandais. De ce fait je lui donne comme pourboire le prix de mon trajet de tram, c'est bien là ce que je dois à la ville car mon trajet était fort long.

Après cela, je m'enfonce dans les ruelles piétonnes de la ville. Au gré du parcours, ça devient un véritable enchantement pour une grande ville et honnêtement, je vais peu tarir d'éloges quant au tissu urbain. Amsterdam a fait d'immenses efforts quant au respect de ses habitants. Dès lors les guidages touristiques sont tous effectués avec des oreillettes, pas comme à Brugge où ça crie de partout. Les bateaux sont électriques et naviguent en silence. A Den Haag, c'est en quelque sorte la même chose, mais sans la pression touristique. Ce sont des petites rues à l'ambiance feutrée, avec pourtant une situation commerciale extrêmement dynamique. Les trams s'ensuivent à une cadence effrénée, sans pour autant martyriser la ville de sonorités assourdissantes. Mais surtout, bien au-delà de tout ça, les parcs sont nombreux.

Au-dessus de ces parcs, entre les places archi-bondées aux terrasses, émergent des grandes tours. C'est un peu comme toutes ces grandes villes hollandaises, Rotterdam m'avait marqué à ce titre, les tours de bureaux dominent un habitat compact et traditionnel. D'aspect soigné, elles seraient à vrai dire comme à la côte, quasiment pas moche. D'une structure nettement plus conventionnelle que la Venise du Nord, Den Haag est d'une beauté brute, on s'en prend plein la vue à chaque détour de rue. Seul regret, celui de ne pas avoir eu assez de temps afin de faire toutes les ruelles et les détours. Il faut dire que la conurbation du Randstad est terriblement vaste et il faudrait plusieurs semaines. De la ville de la Paix et de la Justice, certes sans détour je l'ai préférée à Amsterdam. Moins connu ? Peut-être, mais surtout je dirais : plus humain. Oui quelque part c'est désormais ce qui manque à Amsterdam, mais en fin de compte, on peut comprendre.


Paysage sonore de Den Haag

La nuit est nuageuse mais moins froide. Une perturbation pointe son nez. Mon trajet de retour est rempli de nombreuses difficultés. Outre que je rate mon train (encore !) c'est un vaste contrôle antidrogue de la douane qui a lieu à Breda. De ce fait j'attrape le train avec 1h30 de retard, ce qui à ce titre me permet même d'aller voir le début de la ville, puisque le train se voit carrément supprimé. Ensuite à Bruxelles c'est une bétaillère telle que même en première, ça ne rentre plus. D'un trajet en voiture de 2 heures, d'une durée de 3h30 en train, je réussis à décrocher le palmarès d'un trajet de 6 heures. Si ce n'est pas beau ça ! En réalité ça n'a pas été pénible, c'était agréable de voir Breda et quant aux perturbations en Belgique, il faudra prévenir du moment où il n'y en a pas !

Ce voyage a été un enchantement et dès avant-avant-hier, j'ai déjà envie de prendre les côtes suivantes, des îles Frisonnes, de Groningen, de Middelburg cette dernière qui manque toujours. Sera-ce réalisable ? Quelque part j'en doute mais certainement j'en rêve.

La randonnée
- Promenade : 67,8 km sans compter les détours en villes (juste la côte).
- Les points forts : l'originalité d'Amsterdam, la facilité de rejoindre Zandvoort, les belles plages, l'aspect purement pas-compliqué (c'est tout droit !!), la beauté touchante de Den Haag.
- Les points faibles : il est interdit de dormir sur les plages, l'uniformité monolithique du parcours.

Paysage sonore - Amsterdam
Akoestisch landschap - Amsterdam
Soundscape of the Amsterdam city

Au sein de cette page et dans le compte-rendu se trouve le paysage sonore de la ville d'Amsterdam. Afin de ne pas encombrer le texte, déjà touffu, je n'ai pas disposé les titres de l'album. Pour qui souhaiterait identifier plus précisément les sonorités, les titres sont les suivants :

(FR)
0:00 - Gare d'Amsterdam Centraal. Les annonces sont faites dans le train puis nous arrivons à quai. débarquement. Beaucoup de bruit assez oppressant dans le tunnel, puis passage des portillons automatiques. Il faut acquitter la sortie de la gare avec son billet.
4:32 - Nieuwezijds Voorburgwal. La sonorité d'un feu de circulation dans un trafic routier dense. Au sein de ce bazar, les trams se frayent un passage. Le tout est baigné d'un lourd trafic aérien en provenance de Schiphol.
8:00 - Dam. Sur la place principale du centre d'Amsterdam, des touristes donnent du riz à des pigeons. Des adolescents crient dès qu'un oiseau se pose sur leur main. Le tout est accompagné des chevaux et des calèches, qui permettent une visite touristique de la ville.
14:56 - Klaverstraat. Dans l'une des principales rues commerciales d'Amsterdam, des musiciens de rue s'activent autour d'un gros harmonium automatique. Un gars essaie de détruire mon enregistrement sonore en agitant son machin juste devant les micros, par pure méchanceté. La sonorité est dégradée. J'ai trouvé important d'en parler étant donné que c'est relatif à la surfréquentation touristique d'Amsterdam.
20:08 - Het Ij, IJpromenade. Sonorité des flots de la rivière et intense trafic fluvial.
23:04 - Het Ij, Veer Buiksloterweg. Traversée de la rivière avec le bac. Une personne téléphone juste à côté, d'une voix forte.
27:36 - Reguliersdwarsstraat. Dans l'une des principales rues du centre commercial d'Amsterdam, conversations animées de touristes et de locaux.
32:00 - Zwanenburgwal. Le long d'un canal et dans une ambiance calme, deux ouettes d'Egypte sont mécontentes étant donné que je suis proche.
36:16 - Guidage touristique en russe dans le quartier rouge.
39:20 - Oude Doelen, touristes espagnols prenant un verre au bar.
42:56 - Zeedijk. Des personnes asiatiques parlent bruyamment devant un restaurant thaï, puis s'en vont comme ils sont venus.
48:08 - Damstraat. Des enfants parlent avec animation dans l'une des principales rues touristique d'Amsterdam. Je les suis en marchant rapidement.
52:40 - Het Ij, Veer centraal station. Traversée de la rivière avec le bac.
Durée complète : 57:20 mn.

(EN)
0:00 - Amsterdam CS station. Announcement into the train, then arriving to the Amsterdam CS station. Going out to the platform, lot of noise into the tunnel and at the end, checking out the train ticket to the gates.
4:32 - Nieuwezijds Voorburgwal. The sound of a red light into a dense traffic, tramways breaking through and planes from the Schiphol airport.
8:00 - Dam. On the central square of Amsterdam, tourists give rice to the pigeons, teenagers shouting everytime pigeons land on the hands. Horses and carriage, tourists shouting and joking.
14:56 - Klaverstraat. Into a main commercial street of Amsterdam, people playing an harmonium machine. A person seeing I'm recording is trying to destroy the sound waving his thingy, out of spice. The recording is damaged but I thought it was important to talk about it. It's relative to Amsterdam overtourism.
20:08 - Het Ij, IJpromenade. Sound of the river lapping and intensive river traffic.
23:04 - Het Ij, Veer Buiksloterweg. Crossing the river using the ferry. A person is phoning just near, with a strong voice.
27:36 - Reguliersdwarsstraat. Lively street ambiance into one of the main commercial street of the center of Amsterdam.
32:00 - Zwanenburgwal. Egyptian goose (Nijlgans in nederlands). Along a quiet canal, two geese are afraid because I'm near.
36:16 - Tourists guidance in russian into the Red Light district.
39:20 - Oude Doelen, spanish tourists drinking beer at the tap.
42:56 - Zeedijk. Asian people talking loudly into the street and quiet street ambiance on a sunny afternoon.
48:08 - Damstraat. Children talking loudly into one of the main touristic avenue of Amsterdam. I follow them walking quickly.
52:40 - Het Ij, Veer centraal station. Crossing the river using the ferry.
Total duration : 57:20 mn.

Paysage sonore - La côte de la province Holland-Zuid
Akoestisch landschap - Holland-Zuid Kust
Soundscape of the Holland-Zuid littoral, Netherlands

Afin de ne pas encombrer le texte, les titres de l'album sont suivants.

(FR)
0:00 - Zandvoort-Aan-Zee, le train omnibus, en provenance d'Amsterdam et Haarlem, rejoignant Zandvoort. A la fin et en marchant sur le quai, la sonorité de la mer monte.
11:12 - Zandvoort-Aan-Zee, la mer à Strandreservaat Noordzand.
14:44 - Noordwijk-Aan-Zee, marcher sur les coquillages. C'est une énorme accumulation de couteaux.
17:08 - Noordwijk-Aan-Zee, la mer à Strandafrit 22.
21:08 - Katwijk-Aan-Zee, un drapeau dans le vent à Katwijkse Reddingsbrigade Post Noord.
22:54 - Katwijk-Aan-Zee, Taatedam. Discussions animées aux terrasses de cafés durant une après-midi très ensoleillée, d'ailleurs une des premières de l'année.
30:54 - Scheveningen, la mer à Meijendel.
33:36 - Kijkduin, Laan van Meerdervoort, un feu rouge sur un fort large boulevard.
36:04 - Noordwijk-Aan-Zee, la mer à Kachelduin.
40:32 - Bloemendaal, marcher sur les coquillages. C'est une accumulation de couteaux. C'est la particularité des plages de la province de Zuid-Holland.
43:16 - Kijkduin, la mer à Zuiderstrand.
46:48 - Breda, doucement de retour vers la maison, des enfants en train de jouer dans un parc durant une après-midi très ensoleillée.
Durée complète : 53:40 mn.

(EN)
0:00 - Zandvoort-Aan-Zee, the train, coming from Amsterdam and Haarlem, and going to Zandvoort. At the end, we are walking on the platform, the sound of the sea is increasing.
11:12 - Zandvoort-Aan-Zee, the sea at Strandreservaat Noordzand.
14:44 - Noordwijk-Aan-Zee, walking on shells. It's an accumulation of Solen.
17:08 - Noordwijk-Aan-Zee, the sea at Strandafrit 22.
21:08 - Katwijk-Aan-Zee, a flag into the wind near the Katwijkse Reddingsbrigade Post Noord.
22:54 - Katwijk-Aan-Zee, Taatedam. Lively discussions on the terrace during a very sunny afternoon, one of the first of the year.
30:54 - Scheveningen, the sea at Meijendel.
33:36 - Kijkduin, Laan van Meerdervoort, red light on a huge boulevard.
36:04 - Noordwijk-Aan-Zee, the sea at Kachelduin.
40:32 - Bloemendaal, walking on shells. It's an accumulation of Solen. It's the particularity of the Zuid-Holland beaches.
43:16 - Kijkduin, the sea at Zuiderstrand.
46:48 - Breda, going back home, children playing in a kindergarden during a very sunny saturday afternoon.
Total duration : 53:40 mn.

Paysage sonore – La Haye, Pays-Bas
Akoestisch landschap – Den Haag, Nederlands
Soundscape of The Hague, Netherlands

Afin de ne pas encombrer le texte, les titres de l'album sont suivants.

(FR)
0:00 - Un trajet dans le tramway de La Haye, depuis la ville de Loosduinen, Avenue Van Meerdervoort, à l’arrêt Heliotrooplaan sur la ligne 3, jusqu’à Elandstraat, au centre de La Haye.
5:08 - Une longue marche dans le centre-ville de La Haye, durant une après-midi agréable et bondée d’un chaleureux samedi après-midi. En premier lieu, la calme petite rue Oude Molsstraat, ensuite Grote Halstraat et son passage de tramways, une forte réverbération dans la galerie marchande couverte nommée « Passage », puis en continuité la très commerciale artère Marktstraat. Dans cette rue, je descends dans la station souterraine appelée Spui, proche d’être une station de métro. Le défilé de tramways est intense. Allant dehors, j’utilise un escalator bruyant. Dans la Wagenstraat, des musiciens de rue actionnent un harmonium automatique. La Haye est très dynamique et plaisante.
33:24 - Grote Markt. Au cours d’un samedi après-midi très ensoleillé pour la saison, les terrasses des bars sont absolument complètement pleines ! Nombreuses personnes heureuses discutant et partageant de bons moments.
37:46 - Riviervismarkt. L’église Grote kerk, sonnant l’heure à 14 heures piles.
38:34 - Hofvijver. C’est un vaste étang rectangulaire, en plein cœur du centre ancien de la ville, bordé de longues allées en graviers. Il y a foule étant donné que c’est ensoleillé. Goëlands, mouettes rieuses, foulques macroule et poules d’eau.
42:52 - Bezuidenhoutseweg. Un signal lumineux et sonore ferme le croisement à chaque passage de tramway. Comme il y en a beaucoup, cela ferme souvent mais d’une durée brève.
46:44 - La gare de La Haye. Bon musicien au piano.
51:24 - Retour au tramway et quittons La Haye.
Durée complète : 57:01 mn.

(EN)
0:00 - Ride into the Den Haag tramway, from Loosduinen, Laan van Meerdervoort, Heliotrooplaan stop on the Line 3, to Elandstraat, Den Haag centrum.
5:08 - A long walk into the center of Den Haag, during a busy and enjoyable Saturday afternoon. In first, the very quiet Oude Molsstraat, after, Grote Halstraat with tramways, the reverb in the « Passage » tunnel, the commercial Grote Marktstraat. Into this street, I go down in the underground tramways station called Den Haag, Spui, near to be a metro station. A very intensive succession of tramway passages. Escalator doing some big noises, and going back outside. Into the Wagenstraat, some street musicians acting a automatic harmonium. Den Haag is a dynamic and pleasant city.
33:24 - Grote Markt. On a very sunny Saturday afternoon, the bar terraces are absolutely completely busy ! Happy people discussing and drinking.
37:46 - Riviervismarkt. The Grote kerk, a big church of Den Haag, ringing the hour at 2PM.
38:34 - Hofvijver. It’s a big lake in the center of Den Haag, bordered by gravel paths. Lot of people walking because it’s sunny. European Herring Gull, Black-headed Gull, Eurasian Coot and Common Moorhen.
42:52 - Bezuidenhoutseweg. A red light signal closes the crossroads when tramways passes. As there’s a lot of tramways, it’s closing a lot but shortly.
46:44 - Den Haag station. One person playing the station piano.
51:24 - Then back in the tramway, we leave Den Haag.
Total duration : 57:01 mn.

Licence CC-BY. Toutes sonorités distinctes disponibles sur Aporee aux lieux correspondants.

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