Tchorski
Tchorski
La base aérienne abandonnée (1/2)

 
L'enregistrement du vent au sein de la base, un vrai régal glacial à écouter auprès du feu.

Cette page est un petit récit de promenade au sein d'un aérodrome partiellement abandonné. Plus précisément il s'agit de deux pistes en cours d'utilisation, et d'un important volume de casernements qui eux sont abandonnés depuis un peu plus de 20 ans. Si le site pouvait être intéressant il y a quelques mois, il est à ce jour dans un état de vandalisme et de démolition alarmant. Ce n'est nullement étonnant puisqu'il a fait l'objet d'un récent engouement de la part du milieu urbex. Dès lors les lieux se voient soumis à un ravage total, inéluctable et rapide.

Les photos sont intéressantes à montrer car elles témoignent d'une chose : ce qu'est devenue l'urbex de nos jours. C'est soit un site inoccupé avec gardien plus en option la présence de maître-chien, d'alarmes et/ou de caméras PTZ, soit il s'agit d'un site tel que celui-ci, subissant le ravage forcené de ceux qui ne laissent que des empreintes de pas. Plus que jamais se pose la question : faut-il continuer dans cette voie ? J'avais déjà visité des trucs pourris, voir à ce titre les anciennes papeteries de Genval, mais alors là quelle misère insipide... Le lieu est destiné à être entièrement rasé dans un délai bref, en vue de laisser place à un terrain d'entrainement de la police fédérale et de la protection civile.

Par chance, j'ai l'opportunité de vous en proposer une visite poétique, puisque j'ai eu l'occasion rare et précieuse d'y enregistrer le vent (les pistes de la plaine offrent une très grande prise) et le moins qu'on puisse dire, c'est que la qualité sonore y est d'une qualité peu banale. Ca en fera une visite qui n'est pas inutile, mais ça s'est joué de peu. Je vous souhaite une bonne promenade !


Et bien… Nous voici à l’approche de ce truc pourri. Dès les premiers instants, on a compris
la haute qualité architecturale et patrimoniale de ce lieu.


Visiter ce genre d’endroit confère au masochisme, au vu des strates et sur-strates de démolitions.


En cette période automnale, en plein milieu de cette campagne à vrai dire sans réel charme, l’ambiance s’avère assez rapidement plombée.


Il ne reste plus qu’un vaste cimetière de ce qui fut auparavant un terrain militaire. Désormais c’est une friche comme tant d’autres, victime de sa fréquentation et des affres du temps qui passe.


De cette domination du vandalisme ne reste plus qu’un espace infiniment triste.


L’ancien bar, qui déjà devait être monotone à l’époque, est aujourd’hui le signe peu folichon
d’une décadence morbide.


Cette gamelle militaire offre le funeste spectacle des occupants partis sur une autre base depuis des lustres.


A chaque pas le spectacle est déplorable, mais bel et bien je peux le dire, le parcours n’est pas terminé.


Un ancien comptoir, probablement celui d’une cantine.


Car derrière se trouve un assez vaste volume de cuisine.


Les couloirs mènent sur des volumes de bâtiments interminables, tous offerts aux
vents glaciaux de cette arrière-saison morose.


Les dégradations sont légion, il faut dire qu’en cette section-là sont
cumulées 20 années d’abandon à tous les vents.


De ce fait, hormis le vandalisme, la dégradation naturelle n’est pas en reste.


Ceci est une invitation bien plaisante !


Chaque porte amenant sur un énième espace apporte son lot de questionnements : continuer ?


En réalité oui, car au bout de l’extrême décadence, il va ressortir un paysage brutal et dantesque.


Celui où plus rien ne subsiste, rongé de moisissures, dévoré par les champignons, accablé par l’humidité, défoncé par les racines.


Le vandalisme est tel que même les murs sont attaqués. Comment peut-on en arriver là ? Mais la fin de la page 2 posera des questions plus gênantes.


Invariable paysage sera, désormais, celui de traverser tous ces couloirs.


Plus rien ne reste et à vrai dire, au travers de nombreux parcours, j’avais déjà vu du béton rongé par les vandales, mais un tel acharnement, ici ça devient pathologique.


Au gré de ces espaces balayés par le mauvais temps, la végétation vient à se plaire.


Tandis que les murs deviennent d’involontaires œuvres d’art mélancoliques.

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