Tchorski
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La ferme de Spangen (1/3)

Dédié à Dany, en souvenir des moments à La Hulpe

Cette page est un documentaire sur la ferme de Spangen à Ottignies, aussi appelée la ferme du Bailly (ou du Bailli), la ferme de Franquenies et/ou le manoir de Franquenies. En 2018, des travaux ont débuté, transformant profondément les lieux. Il était important de garder une mémoire de cet endroit historique, avant la rénovation du bâti. Il est vrai que la ferme avait subi un très grand manque d'entretien durant d'entières décennies ; les lieux sont inévitablement attaqués par le temps qui passe. Un tout grand merci à Monsieur Marc Oldenhove, qui m'a soutenu lors de la réalisation de ces photos.

Le bâtiment est un fort manoir daté de 168x. Les ancres de la façade en attestent, même si le 1 est manquant, ainsi que l'année exacte puisque par remaniement dans la partie de droite, l'année finale fut retirée du bâti. Les bâtiments domestiques attenants à la ferme sont en ordre dispersé. L'habitation est un gros volume cubique, beau, construit en briques avec des contreforts en grès blanc. Contrairement aux habitudes régionales, il ne s'agit pas de grès ferrugineux de Wavre.

La façade avant a été fort remaniée. Deux étages sont présents, avec initialement au premier 5 fenêtres. La partie centrale a été murée. Au rez, la porte avec arc cintré est encore intacte, mais notons qu'une fenêtre à l'extrême droite a été murée de même. Un curieux mur coupe le jardin en deux d'une manière extrêmement disgracieuse. La vaste toiture est ornée de lucarnes à croupe, avec un étonnant et joli soubassement en larmier de pierres calcaires. Les deux cheminées couronnent le tout d'une ambiance franchement majestueuse. Les dépendances datent environ de la seconde moitié du XVIIIème siècle.

Le bâti est composé d'un soubassement en schistes noirs de Villers et de briques en corps principal. Toutes les baies d'impostes sont ceinturées de schistes, ce qui donne un aspect tout particulièrement soigné et charmant à la ferme.

Le bâtiment est accompagné d'un ancien moulin à eau posé sur le ry Angon. Cette installation date du XIXème siècle, et se situe en principe en bordure de la grange Debroux. A rue, la ferme, ceinturée de hauts murs, possède un porche colombier splendide et une chapelle. Il s'agit de la chapelle Notre-Dame des Fièvres et de Consolation. Tous ces éléments sont conservés. La chapelle est postérieure. Elle daterait de 1743.

La chapelle comporte le monogramme marial : MAR. En dessous, une pierre comporte le texte : Notre-Dame des Fièvres et de Consolation, priez pour nous. En dessous, une seconde pierre comporte le texte très lisible : ICI aVeC foI ConfIanCe et hUMILIté aCCoUrez fIeVreUX et affLIges. Nous ne déchiffrons malheureusement pas ce chronogramme : ICIVCICICVMILICCVIVVXLI.

Le tronc, qui semble fort remanié, voire même cimenté de manière maladroite, comporte le texte : Pour les pauvres - Et trespassez.

La ferme-château était le manoir occupé par la seigneurie de Spangen, qui furent les seigneurs d'Ottignies entre 1602 et 1731. L'importance locale est telle que les armes des Spangen constituent le quartier supérieur gauche du blason de la Ville d'Ottignies. Un incendie dévaste le site en 1677. La ferme est rebâtie à l'identique en 1680 ou années suivantes. Les ancres ne permettent pas de connaître la date exacte. D'après Robert Delooz : La seigneurie de Franquenies ayant la moyenne et basse justice, les caves du manoir auraient servi de prison.

Lors de la visite, les lieux n'ont subi aucun remaniement, à l'exception de ceux bien sûr réalisés par les habitants. Le bâtiment est vide. Il s'agit du dernier instant permettant de figer en photos la structure des lieux avant travaux. Quelques jours après ce passage, le chantier de rénovation et de construction a débuté.


Le mur à rue est constitué d’un volume de grange transformé en habitat dans des conditions précaire. Dans un état de dégradation avancé, ce lieu est amené à la disparition.


Le manoir est bordé de la rue de Franquenies. A l’arrière se trouve le Ry Angon. Du moulin, tout laisse à penser (selon la Vandermaelen surtout) qu'il s'agit de l'actuel établissement localisé chez Dominique Debroux. La carte mentionne 'moulin à huile'.


La chapelle, placée à droite du porche-colombier, inscrite dans le bâti sans discontinuité.


Le sommet de la chapelle, qui comporte les cartouches gravés.


Le tronc. Il était destiné à recueillir des fonds pour les pauvres : un trou permet de passer des pièces.


Dans la chapelle se trouvait une vierge XIème siècle. Cet élément a été enlevé de peur du vol. Depuis y figure une statue sans valeur.


La poignée de la porte du porche est faite avec un fer à cheval. Cela date potentiellement du manège de Tentine, qui occupa brièvement le site.


Vue globale du porche, qui désormais comporte le panneau de l’immobilière chargée de rénover le lieu.


Vue de face du porche colombier. Le document papier est l’avis d’urbanisme,
que je n’ai en aucun cas pu ôter, donc il faut faire avec !


Vue globale du site, avec à droite le manoir et à gauche en ordre dispersé, les locaux annexes. Au contraire des fermes de Chastre ou des places fortes de l’Aisne, la ferme de Spangen forme un milieu ouvert.


Les locaux annexes de la partie de gauche. Cette extension a été transformée en logement et il se trouve que c’est la moins dégradée de toutes.


La végétation a terriblement pris les devants. Ce saule les pieds dans l’eau se plaît bien.


La végétation gagne terriblement du terrain, il faut en fin de compte bien peu d’abandon.


Le manoir depuis la grange à front de rue. Le bâtiment est très harmonieux. Un mur à gauche enfoui dans la végétation, aussi étonnant qu’inutile, apporte une situation réellement disgracieuse. Etant postérieur et sans queue ni tête, ce mur est destiné à être abattu. La bâtisse initiale date des environs de 1380. Nul ne peut dire ce qu’il en reste à ce jour (potentiellement : rien, ou éventuellement seul le soubassement schisteux), au vu du terrible incendie de 1677. Le manoir a été reconstruit quelques années plus tard.


Bordé de peupliers, le terrain offre une jungle champêtre envahie de crapauds très en forme !


Vue en panoramique 180 degrés depuis le porche. Cette reconstruction photographique provoque ces déformations incurvées, désagréables à la vue. C’est la seule manière dont je dispose pour montrer tout le jardin et le site historique.


Au-dessus de la porte se trouve une baie d’imposte rectangulaire comportant un petit vitrail.


Au-dessus encore se trouvait vraisemblablement une pierre bleue sculptée aux armes des Spangen. Celle-ci a été enlevée, le trou a été cimenté sans le moindre soin.


Tout en haut, on devine en tout petit les ancres, formant les chiffres 68.


La porte d’entrée du manoir.


Le couloir d’entrée.


La pièce sud-ouest. Carrelage années 50 et vaste volume !


Malgré l’abandon indéniable, elle offre un lieu de vie chaleureux.


La cheminée a été démontée et remplacée par un poêle.


La pièce nord-ouest, aussi appelée la pièce 5h38 ! Elle est dévastée,
suite à un démontage brutal d’éléments placés au premier étage.

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