UN VOYAGE DANS L'IDYLLIQUE
LE TOUR DE L'ÎLE DE RÉ
LE TERRITOIRE DES ENGOULEVENTS

Cette page touffue est un compte-rendu photographique et sonore d’un voyage réalisé sur l’île de Ré, durant la période de fin-mai 2018. Cette terre étant touristique dans une situation proche de l’extrême, il serait d’emblée possible de dire que tout compte-rendu est inutile. Quelque part il existe dans cet aspect une part de vérité indéniable, mais je me suis convaincu que la méthode mise en œuvre a amené quelque chose de différent. En effet ce fut mené en MUL (marche ultra-légère), en itinérance, sans logement en dur. Jusqu’à présent je n’avais croisé aucun compte-rendu de voyageurs ayant visité de la sorte – ou tout du moins c’était limité à une tournée de faible ampleur incluant Rivedoux et Sainte-Marie uniquement. Considérant ces aspects, j’ai estimé utile de rédiger des notes de voyage, en espérant que cela soit utile à d’autres. Il s’avère que cette démarche est probablement un peu limite. Il n’est pas difficile de trouver de l’information sur Ré, tout comme ma démarche MUL n’a rien eu de spectaculaire. Bref, c’est à considérer comme un petit moment de vie à partager, bien agréable en somme et en fin de compte, c’est déjà pas mal.

Le tour de l’île de Ré représente un parcours de 110 à 120 kilomètres selon les motivations de chacun. C’est donc peu. En ce qui me concerne, j’ai jugé adapté d’étendre le parcours sur la pointe d’Arçay, qui sur le continent se trouve à un jet de pierre : c’est tout juste de l’autre côté du Pertuis Breton. A mon sens un parcours sur Ré n’est absolument pas cumulable à Oléron. Le temps serait manquant, tout du moins sur une semaine. Ce n’est non plus cumulable à Noirmoutier, trop éloignée. Arçay représente un bon compromis menant à l’équilibre.

Le documentaire mis en œuvre suit une présentation désormais devenue traditionnelle, ce notamment depuis les aventures engagées dans les terres solitaires du causse Méjean. Il s’agit d’un développement sobre entièrement dévoué à la beauté des lieux. La description qui est donné est en certains aspects difficile à lire de par le développement remarquablement touffu de l’affaire. De ce fait j’agrémente la page d’un sommaire.
- Avant tout, le compte-rendu de promenade, ce qui vous permet de prendre connaissance des aspects pratiques de la randonnée, fiche de pesée de sac, beautés et difficultés rencontrées.
- Les photos du séjour. Au vu du développement anarchique, j’ai séparé en journées de parcours, de manière à ne pas noyer la lecture.
- Les plages à marée haute et basse, enregistrées durant une heure, afin de profiter d’instants de relaxation.
- Le CD d’une heure reprenant les plus belles ambiances de Ré. Il s’agit du point névralgique de ce documentaire.
- Aux fins de complétion, la carte du parcours est disponible ici (lien). L’entièreté des sonorités est disponible sur une cartographie ciblée au sein de la plateforme Aporee, ici (lien).

Le format mis en œuvre est pour le moins exigeant, au vu de la densité d’information. Deux objectifs y subsistent, même s’ils se retrouvent enfouis dans une information très dense : premièrement documenter l’aspect MUL, secondement offrir un développement poétique de la promenade. A mon sens ces deux objectifs sont atteints en totalité.

CR rando île de Ré
Le compte-rendu

Au cours de ce séjour, 705 photos ont été réalisées. Elles sont disponibles ci-dessous, où chaque petite image permet d'accéder aux lieux parcourus.

Jour 1 – 37 photos – Depuis le port de La Pallice à La Rochelle, Rivedoux, jusqu’à un espace de pâtures situé entre La Flotte et Saint-Martin.
Jour 2 – 128 photos – De Saint-Martin à Loix par la berge nord, les marais, puis fin de journée à Ars-en-Ré.
Jour 3 – 135 photos – Ars-en-Ré, les marais, Les-Portes-en-Ré, berge nord par l’immense Conche des Baleines, Saint-Clément des Baleines, puis nuit à proximité de Kora-Karola au nord-ouest d’Ars-en-Ré.
Jour 4 – 185 photos – Ars-en-Ré, toutes les plages de la berge Sud, La Couarde, Sainte-Marie-de-Ré, puis retour à La Rochelle par Rivedoux.
Jour 5 et 6 – 212 photos – La-Tranche-sur-Mer, La-Faute-sur-Mer, la pointe d’Arçay. Retour par l’Aiguillon et la Casse de la Belle Henriette.


Jour 1

Jour 2

Jour 3

Jour 4
Pointe d'Arçay
La pointe d'Arçay

J’ai accordé une très grande importance aux sonorités de l’île de Ré, au vu que je n’en ai trouvé aucun développement ailleurs, à l’exception de quelques sonorités commissionnées par le Conseil Général de Charente-Maritime, au sujet de l’écomusée du marais salant, des travaux menés par Stéphane Marin et remarquables d’ailleurs. Même la réserve naturelle de Lilleau des Niges n’est pas documentée. De ce fait j’ai axé les documentations sonores selon trois aspects tous complémentaires :
- Un CD d’ambiances poétiques. De manière induite, le CD s’axe – au contraire d’autres productions – sur un développement empreint d’une très grande lenteur. Il s’agit probablement d’une influence du caractère insulaire des lieux.
- Des ambiances de relaxation, que j’ai développées sur les ambiances différentes de marée haute et de marée basse. La plage de Kora est dynamique et aborde assez frontalement les sonorités mouvementées des roulis de galets. La plage des Baleines est en marée basse. Elle débute par des jeux bruyants, puis s’éteint de plus en plus vers un coefficient élevé de marée descendante. C’est un enregistrement qui est tout d’abord mouvementé, puis développe une ambiance de calme très relaxante.
- Une collection de sonorités non compilées, disponible sur la plateforme Aporee (voir supra). Ce développement riche et complet aborde la question sonore sans limite de format et met en œuvre dès lors 6h44 d’enregistrements. C'est en tous points considérable. L’île de Ré s’est avérée extrêmement riche en ambiances variées et apaisantes. C’est un CD rare dont je suis fier.

Les sonorités d'une heure

Plage Kora Karola ile de Ré
Plage de Kora
Plage Baleines île de Ré
Plage des Baleines
Pointe d'Arçay paysage sonore
Pointe d'Arçay

Vous pouvez écouter le très beau paysage sonore de l'île de Ré ci-dessous :

 

0:00 - Rivedoux. On accède à l'île de Ré par un pont majestueux de 3 kilomètres de longueur. Il était imposé de manière intrinsèque de débuter la promenade sonore par-là, puisque c'est notre point de départ à tous. Les vagues s'enroulent rapidement sous le pont, dans un pertuis au fort courant.
2:12 - Saint-Martin-de-Ré, le centre-village. Un dimanche matin très calme en plein centre de ce petit-village. Il s’agit d’une ambiance importante car il ne se passe strictement rien, et au sein de cette ambiance typiquement française, que c’est agréable
… On y entend les choucas, le pigeon ramier, la tourterelle des bois, les martinets déchaînés comme à leur habitude. Les cloches sonnent deux fois neuf heures. Le sentiment que donne cet enregistrement est un très grand repos.
7:20 - Saint-Martin-de-Ré. Au cours d’une marée basse calme et apaisante, dans la marina les minuscules vagues font s’entrechoquer les bateaux sur les pontons. Tout seul au soleil, très tôt le matin dans ce port désert, qu’on y est bien.
10:32 - La Couarde-sur-Mer. L’île de Ré est avant tout un territoire de vélos. Il y a plus de vélos que de voitures sur l’île, et les piétons (ou tout du moins randonneurs) y sont rares si ce n’est absents. L’enregistrement ne fait ni plus ni moins que de se poser le long d’une piste et d’écouter cela. Au loin et quasiment inaudible, le roucoulement de la tourterelle turque.
14:00 - Loix, une colonie d'étourneaux dans les marais. Alors que les brutaux étourneaux se bagarrent et jasent dans les broussailles, des dizaines de vélos passent. Beaucoup de vent au sein de cet enregistrement.
21:12 - La Flotte. Non loin du fort de La Prée, une pâture toute tranquille, des vignes en fond de toile, derrière le roulis calme d’une mer à marée basse. En cette chaude soirée de printemps, les sauterelles chantent dans les herbes.
22:56 - Ars-en-Ré. En plein cœur de la nuit, le hululement lancinant de l’engoulevent, qui ponctue sans arrêts les forêts de son cri puissant et répétitif.
24:28 - Loix. Les clapotis provoqués par le vent, sur les berges des marais salants. Au fond en toile de théâtre : les avocettes, les aigrettes-garzette, les échasses, le cisticole.
27:16 - La Couarde. Durant une marais basse, sur les roches les bigorneaux mangent. On entend leur radula frotter les rochers.
30:36 - Ars-en-Ré. Le centre-village tôt le matin, occupé par les moineaux friquets et les martinets.
35:52 - Saint-Clément des Baleines, les marais salants. Doux clapotis sur un rebord de marais abandonné.
39:56 - Les Portes-en-Ré. Le long du chenal du Vieux Port, dans le cadre de marais salants pour la plupart abandonnés, un très grand calme. Puis, étrangement un curieux grésillement apparaît. Il s’agit d’un volumineux nuage de moucherons, lesquels sont emportés à la moindre minuscule bourrasque de vent. J’ai placé les micros au cœur du nuage, ça chatouillait les mains. C’est un curieux enregistrement.
42:00 - Le Bois-Plage-en-Ré. Dans le vent, le mat d'un petit voilier claque. Ce son répétitif indiffère des plagistes, qui dorment juste en dessous.
43:36 - La Couarde, la Davière. Le petit excité que l'on entend est le chardonneret élégant. En Algérie il est souvent détenu en captivité, pour la beauté de son plumage. Que ce bienheureux rétais vive en liberté et en paix ! <3
46:32 - Sainte-Marie-en-Ré. En soirée au cœur de ce village d’un calme infini, les moineaux se sont approprié une rue complète. Seuls les martinets dominent l’affaire. Cette situation offre un cadre tellement attachant qu’on en viendrait à rester des heures, si ce n’est l’orage qui gronde au loin.
53:48 - Conche des Baleines, la mer. Que serait Ré sans la mer ? Il fallait bien que cette belle bleue prenne sa place dans ce décor sonore afin de clôturer dans l'apaisement. La voici dans ce tranquille spectacle magique qu'est la plage la plus éloignée de Ré.

Durée complète 59:40 mn.

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