Tchorski
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L'aqueduc de l'Artoire (1/2)

Ce compte-rendu photographique est une recherche sur l’aqueduc de l’Artoire, situé à cheval sur les territoires des communes du Perray-en-Yvelines et des Essarts-le-Roi. Il s’agissait d’une véritable terra incognita avant ce documentaire, car si quelques bribes historiques restent de manière évidente assez facilement disponibles, un petit texte relatant la visite du tunnel se trouvait en réalité complètement absent. Dès lors, tout était possible : murage, immersion totale, absence d’intérêt, etc.

Au préalable de cette incursion dans l’ouvrage, je dois donner deux avertissements importants :
1) Les eaux ne sont pas vives. Le niveau de boue est important. En marchant dedans, il se dégage des quantités colossales de méthane. Attention, gaz explosif, visite dangereuse sans matériel atex.
2) Le tunnel abrite une colonie de chauves-souris en automne (des opportunistes) et une importante colonie en hiver (nichage). Toute visite en ces périodes est problématique, ce de surcroît qu’en région parisienne, elles n’ont nulle part ailleurs pour crécher. Embêter un gardien de faction, soit cela regarde chacun, fragiliser des chauves-souris, ça nous regarde tous.

L’aqueduc de l’Artoire est un ouvrage Vauban, émanant des vastes délires mégalomanes du roi Louis XIV. Il s’agit d’un réseau assez dense de rigoles à ciel ouvert dédiées à récolter les eaux de pluie des plateaux de Saclay et Rambouillet, en vue d’alimenter les fontaines du château de Versailles. C’est le même genre de délire qui a amené à la construction de l’aqueduc de Maintenon. Au sein d’un maillage assez complexe de rigoles dont de nombreuses sont appelées aqueduc, l’aqueduc de l’Artoire est un ouvrage souterrain permettant d’assurer le transit des eaux depuis l'étang de Saint-Hubert vers celui de Saint-Quentin-en-Yvelines. Au gré d’un parcours assez fabuleux et faramineux : l’aqueduc de Mauregard, le Lit de Rivière, les eaux prennent la direction de Versailles. L’Artoire n’est pas le seul ouvrage, mais certes, il est emblématique.

C’est un tunnel creusé dans la craie, d’une longueur de 1900 mètres. En réalité cette longueur est quelque peu difficile à estimer du fait qu’il existe quelques sinuosités, dans l’ensemble toutefois modestes. Certains auteurs évoquent 1875 mètres. On pourrait croire ce lieu abandonné, mais ce n’est certainement pas le cas. Il fut en effet entièrement rejointoyé. Chapeau aux ouvriers ayant dû travailler dans de telles conditions. La galerie est équipée d’une douzaine de regards de visite, tous anciens. Le parcours n’est pas spécialement facile, d’une part à cause des boues, d’autre part à cause des émanations gazeuses précitées.

Une toute grande spéciale dédicace aux grenouilles, qui ont toutes sauté dans l’eau en même temps sans prévenir ! Le moins qu’on puisse dire est que ça surprend !


L’entrée de l’aqueduc, côté essarts, à la simple lumière du jour.


Le moins qu’on puisse dire est que ça va révéler un programme de monotonie tout à fait virulente ! Le point blanc au fond, c’est… la sortie !


Au fil de l’avancée, la galerie est si semblable que les photos en ressortent particulièrement identiques.


En voyage dans le tunnel, sur un promontoire permettant d’être moins profond.


Le parcours est agrémenté de quelques fines sinuosités.


Et surtout, de multiples regards de visite.


Vue vers le haut d’un de ces regards. Ce sont des cheminées rectangulaires toutes identiques.


La galerie passe sous la voie ferrée Paris-Chartres à très faible profondeur. Quel potin quand un train passe !


Non loin du château de l’Artoire, longtemps abandonné et désormais rénové. Aux pieds, des poissons affolés cognent les bottes, sont présents aussi des dytiques, des écrevisses, c’est tout un petit monde.


La sortie peine à se rapprocher, mazette ! Ça va être long ! (il aura fallu deux heures).


Une libellule, cachée dans ce fond de tunnel.


Les sinuosités font rapprocher de la RN10, de laquelle d’ailleurs on ne passe pas en dessous.


Si vous avez un petit creux, voici le goûter du jour.


Les regards démontrent une profondeur qui n’est pas négligeable.


Et puis toujours cette immense monotonie dont on ne se défait pas.


Encore un repas pour les amateurs.


Passant sous le rond-point de l’Artoire, le paysage change.


Une plus faible profondeur provoque l’apparition de racines, goulues de l’humidité.

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