Tchorski
Tchorski
Le prieuré d'Amay (1/2)

Cette page est un documentaire sur le prieuré d'Amay. Il s'agit d'un ensemble immobilier désaffecté situé dans le centre de la petite ville d'Amay, en bord de Meuse. Encastré dans le bâti ancien, il est considérablement inscrit dans le tissu urbain. Il représente donc un îlot de bâti de forte importance urbanistique, du fait qu'il structure le centre, ce d'autant plus au vu de sa position dominante sur les pentes abruptes.

Comme bien souvent en bord de Meuse, les berges nord sont constituées de pentes raides. Le prieuré est bâti sur un éperon. Cette situation donne une vue extraordinaire. Autant de la place Grégoire on ne voit que lui, autant des combles de l'édifice, la vue sur Amay vaut trois fois et son contraire le détour. Le prieuré est un ensemble architectural qui possède des racines anciennes. Le parcours historique est très long. Il faut faire attention à ne pas fantasmer ce lieu. En effet au vu des innombrables restructurations, nous ne voyons aujourd'hui, en principe, que la structure d'un bâtiment désacralisé datant de 1904.

Dans les limbes du passé, le site fut occupé par un château, dont nous ne savons pour ainsi dire rien. Le pourtour dudit château et actuel parc du prieuré était vraisemblablement le vieux bourg. De tous ces éléments ne subsistent plus, a priori, d'éléments architecturaux. Les travaux de construction pourraient mettre à jour de vieilles fondations. Une vue d'Amay datant de 1738, établie par Mathieu-Antoine Xhrouet, révèle en tout état de cause que le château médiéval n'existe plus à cette date. Le site est occupé par une église perchée, prolongeant la collégiale Saint-Georges et Sainte-Ode.

A lieu alors la construction de la partie centrale de l'actuel prieuré. Il est établi qu'en 1786, Seigneur messire Louis-Charles-François Lallemant, comte de Lévignan, y loge. Sur la Ferraris en 1777, la structure à front de la rue Pascal Dubois est bâtie. La forme cartographiée est conforme à celle d'aujourd'hui, bien que quelques constructions récentes y font aujourd'hui place. Le portail classé est indiscutablement d'époque. Sur la Vandermaelen en 1850, l'auteur reste vague.

Les données restent floues sur toute la ligne en ce qui suit, probablement du fait d'une histoire paisible. Nettement plus tard donc, en 1892, les Sœurs de St-Charles s’y installent. Cela ne dure guère car trois ans plus tard, elles quittent les lieux. Deux entrepreneurs, Braibant et Gabriel prennent possession du site et y apportent des transformations profondes. En 1904, une large partie du bâtiment actuel est érigée, comme en témoigne une plaque commémorative située à l'ancienne entrée du bâtiment. Le site est sacralisé le 11 août 1904.

Jusqu'en 1927, le site est occupé par des sœurs carmélites. L'édifice religieux est nommé le Carmel de la Réparation. Ensuite désaffecté, il est repris par des moines bénédictins. Lors de l'année 1940, les occupants seront chassés par l'armée allemande, au vu que l'occupant réquisitionne le site. En 1942, des religieuses s'installent à leur tour, sous la dénomination des Messagères de la Paix.

L'établissement religieux susdit fusionne avec les Sœurs de Saint-Augustin en 1969. En cette occasion le prieuré est désacralisé. L'établissement est transformé en maison catholique de retraite et de soins. La maison dénommée Le Foyer de la Charité, créée le 28 avril 1931, installe ses bases sur un site qui est toujours appelé le prieuré dans le langage courant.

Le 27 juin 2001, un incendie se déclare dans une chambre, à la suite d'une probable négligence d'un résident. La catastrophe est évitée de peu au vu de la grande difficulté d'accès du logement (c'est toujours le cas aujourd'hui, c'est un bâti imbriqué très ancien). En 2008, alors sous gestion de l'association chrétienne des institutions sociales et de santé, un déménagement a lieu vers l'établissement Notre-Dame de Tihange. Le site du Prieuré est totalement désaffecté. En 2009, le bâti est racheté par le groupe immobilier Horizon de Visé, le destinant à la réaffectation en 44 logements de grande qualité.


La vue sur la collégiale Saint-Georges et Sainte-Ode est formidable, majestueuse avec ses trois tours fièrement campées à la base des contreforts des bords de Meuse. En bas à droite se situe le porche-colombier datant de l'époque Lévignan. C'est un élément classé. A gauche se situe un bâtiment de facture plus récente.


Le prieuré offre une architecture assez imposante, organisée autour de deux cloîtres. L'élément saillant de gauche est la chapelle Sainte-Rita. Orientée vers l'ouest, elle traverse transversalement le corps de logement.


Les encadrements en pierre bleue mosane donnent un charme certain à l'édifice.


La terrasse donne accès à une structure architecturale lisible et agréable. La plupart des locaux bénéficient d'un ensoleillement on ne peut plus agréable.


Dès lors, entrons dans ce bel édifice.


Sur l'ancienne entrée (qui du fait d'anciennes restructurations, ne l'était plus du temps de l'ACIS), figure une plaque commémorative. Il s'agit du témoignage de la sacralisation des lieux en 1904.


Les couloirs de l'établissement.


Au rez-de-chaussée comme à l'étage, ils sont tous peints en nuances de jaune, ce qui donne un aspect très chaleureux au site, même par mauvais temps.


Certaines parties souffrent d'humidité, du fait de vols de planchers.


Lumière de vitrail pour Les Astres.


Les couloirs desservent des chambrées, toutes individuelles.


Il y subsiste ça et là du mobilier datant de la maison de retraite.


Plus on monte vers les combles, plus c'est végétalisé.


Les fenêtres donnent sur une cour intérieure habitée par une vigne vierge splendide.


Le cloître, possédant une ancienne croix envahie de lierre. Le lieu respire un profond abandon du fait que la lumière y entre difficilement. C'est engoncé au coeur du bâti.


Tout cela a un charme infini bercé de douceur végétale.


Depuis le grenier.


On y aperçoit le clocheton, aujourd'hui inaccessible.


La structure rectiligne offre une masse imposante.


Derrière les barreaux, la ville se révèle. En dessous se trouve un disgracieux établissement commercial.


Les salles communes étant localisées au rez-de-chaussée, elles ont subi beaucoup de vandalisme.


Une vierge à l'enfant sans bras ni tête.


Nous allons repartir pour un défilé de couleurs.

SUITE >