Tchorski
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Le fort de Cerfontaine (1/2)

Le fort de Cerfontaine est un Seré De Rivières, en forme de pentagone, situé sur la commune de Colleret et à ce jour propriété de l'ONF. Construit en 1874 à la suite de la guerre franco-prussienne, il a fait l'objet de modernisations ultérieures, notamment l'ajout d'une tourelle de 155. Les modernisations ont au final assez peu modifié la structure, ce qui fait que l'on reconnaît bien l'architecture typique des fortifications de type Seré De Rivières. Le porche en pierres bleues est le plus beau de toute la place forte de Maubeuge. De même, la cour centrale vaut largement le coup d’oeil. A noter sur le coffre, tout à fait surprenant, la présence d'un beau puits enfoui dans une jungle de végétation amazonienne !

Deux régiments occupent la fortification durant le tout début de la guerre 1914-1918. Cependant en fin août 1914, le fort reçoit un déluge de bombes de la part de l'assaillant allemand, lors du siège de Maubeuge. Le site résiste avec bravoure, malgré des effondrements majeurs. Une résistance acharnée a lieu durant 7 jours, ce qui est fort long : il faut imaginer ces pauvres soldats, recevant sur le pruneau 1 obus par minute et 150 tonnes de mitrailles au total. Des trous se forment un peu partout dans la carapace. De la sorte et fort malheureusement, un obus parvient à se faufiler dans une brèche, la coupole éclate. L'explosion provoque l'ensevelissement d'un demi régiment d'infanterie. Lors de la reddition, l'occupant allemand détruit la coupole de tir et pille assez largement le site. Les casernements sont toutefois intacts.

Le fort n'est pas remis en service durant la seconde guerre mondiale au vu de la destruction de ses pièces maîtresses. A ce jour le site n'est pas abandonné. Il est utilisé aux fins de protection des chauves-souris, aussi l'ONF y exploite du bois régulièrement. Mes félicitations à toutes les équipes de bénévoles qui régulièrement entretiennent le site. Ça se voit et ça fait chaud au coeur.


La promenade est idyllique. A gauche les veaux prennent peur et courent comme des idiots dans la pâture.


Le porche du fort, entièrement en pierre bleue.


Entrons doucement et avec respect dans ce joli site perdu dans la forêt.


L'oubli provoque une douce sensation végétale.


Des colonnades de lierre profitent des brèches, c'est splendide.


Bien des structures sont éclatées, certaines parts de la fortification sont difficilement lisibles.


Nous allons parcourir la section préservée du fort.


Le plus édifiant de cette fortification est probablement la cour centrale.


En partie intacte, elle offre un paysage que seuls de larges panoramiques permettent de rendre.


Ceci explique la déformation de la photo, au vu qu'il s'agit ici d'un 180 degrés. C'est la manière la plus honnête en vue de montrer l'aspect entier de cette cour.


Les structures essentielles du fort s'y trouvaient : casernements, magasin à poudre, magasin à munitions.


Couloir à l'arrière de la cour centrale.


On peut y apprécier une fameuse hauteur.


Le moindre couloir, le moindre croisement, fait l'objet d'un soin architectural particulier. En vue d'édifier cette fortification, deux millions de briques ont été nécessaires.


Tout est baigné d'une magnificence de lumière printanière bercée par le chant excité des fauvettes à tête noire et des bruants jaunes.


La végétation donne des halos verts aux murs.


Une des extrémités de la cour.


On y aperçoit ce que le déluge d'obus a pu percer.


Casernement sur la cour centrale.


Les dimensions sont différentes, mais tout est préservé.


Certaines parties sont ruinées, du coup de larges coulées de terres végétales ont lieu.


En route vers le coffre de tête.


Il s'agit de la voie d'accès à la coupole Mougin, d'où le changement d'aspect. Ça a été modernisé peu avant la guerre de 14.


La coupole, totalement explosée par les allemands, et ferraillée par eux-mêmes.


L'étage inférieur est fracassé et dangereux.


Cette photo est faite afin de montrer ces carrelages blancs.


C'étaient des réflecteurs, qui permettaient de diffuser de la luminosité via un puits de lumière. Il est devenu assez rare de pouvoir encore visualiser ce genre d'installation.


L'autre extrémité de la cour centrale, du côté de la rue du rempart.


Les couleurs de ce lieu sont un enchantement interminable.


Par le même chemin, nous quitterons la forêt et les pâtures.

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