Tchorski
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Les catiches d'Hellemmes (1/3)

Ces pages représentent un documentaire complémentaire sur les carrières souterraines d’Hellemmes. Ces lieux sont si vastes et si compliqués à mettre en valeur, il s’avère que dans l’actuelle, plusieurs pages traitent du sujet :
- Une première page de photographies - Lien.
- Une page de recherches documentaires imbriquée dans Lezennes - Lien, car les carrières d’Hellemmes étaient profondément connectées au réseau de Lezennes.
Le document ci-dessous complète les documents précités par une promenade photographique et achève les séries de prospections sur le territoire d’Hellemmes. Nous présentons quatre sites souterrains différents et une annexe :
* La carrière du secteur Espoir.
* Les deux carrières du secteur central.
* Le bunker.
* La carrière au nord de Lezennes.

Avant de présenter les photographies de ces lieux, nous proposons une description de chaque site. Au jour d’aujourd’hui, ces sites sont distincts, séparés par des massifs non connus comme étant exploités. En contrepartie, rien ne permet de garantir que c’était le cas à l’époque. En effet, de nombreux espaces remblayés laissent du doute. Il se peut qu’à une certaine époque, tout était interconnecté. Quoi qu’il en soit, l’ensemble des sites a le même aspect, c'est-à-dire un creusement postérieur à Lezennes. Nous datons l’entièreté des carrières souterraines à une période 1800-1850. Quelques creusements tardifs sont encore réalisés jusqu’en 1890, mais ils ne constituent pas le gros de l’exploitation.

La carrière du secteur Espoir.

Cela correspond à de nombreux vides de carrières, situés dans le pourtour du bâtiment Espoir, et s’étalant jusqu’au Triolo à Villeneuve d’Ascq. Dans l’ensemble, tous ces vides de carrières sont récents (plutôt 1850-1890). De même, toutes ces galeries sont en mauvais état, de peu d’intérêt archéologique et sont séparés par d’innombrables remblaiements. Les diaclases verticales sont loin de faciliter la tâche, les blocs ayant la possibilité de se détacher facilement sans que rien ne puisse réellement le révéler. C’est donc un site assez inquiétant et un certain nombre de galeries n’ont pas été visitées à cause de cette invisible menace de mort.

Dès le départ de l’exploitation, le réseau est peu engageant. La suite de la visite révèlera un site plutôt vaste, dans un état moyen, très peu soigné. Les blocs sont jetés sur les côtés sans attention particulière. Les catiches sont dégradées et parfois à caisson bois. Les terrains de surface sont si dangereux qu’ils sont tous interdits d’accès. Mais surtout, le nombre de catiches-poubelles est affolant – et de même, révoltant. Ca grouille de déchets et… les rats sont là. Nous ne relevons pas d’inscription de carrier méritant une attention. De ce fait, nous nous bornerons à dire que cette exploitation est d’un intérêt passable.

Les deux carrières du secteur central.

Une première carrière existe à l’Est d'un secteur autoroutier, elle est de dimension réduite. Le site est assez linéaire : une longue galerie sinueuse avec quelques petits départs de chambres. Dans l’ensemble, les travaux sont soignés. Cela contraste avec l’exploitation précédente où tout semble avoir été tiré à la complète déglingue. Régulièrement, des panneaux de style 39-45 indiquent une ancienne entrée jadis utilisée par des réfugiés, bien que le réseau n’y mène absolument pas en ligne droite. Une ancienne descenderie existe, celle-ci est dans un état de comblement quasiment complet. Les galeries laissent à penser qu’une exploitation en champignonnière a eu lieu et il est à soupçonner que ce fut l’œuvre des Deroo et des Hayez.

Une seconde carrière existe dans un secteur urbain. Elle est de dimension très réduite, mais il existe un certain nombre de lieux esthétiques. Il fut localisé dedans un joli petit caillou plat gravé du nom de Jean Delobel. L’exploitation laisse encore à penser qu’il y eut une vaste mise en champignonnière. Un puits à eau en témoigne d’ailleurs. Là aussi, une ancienne descenderie existe. Elle est à ce jour en état de comblement quasiment total.

Le bunker.

Sur un flanc des carrières existe un bunker. Ce lieu a été aménagé par la SNCF dans le but de pouvoir protéger ses ouvriers d’une attaque aérienne. A ce jour, il reste 300 mètres de galeries, affectant un territoire appartenant à la SNCF. Ces tunnels ne permettent plus de jonctionner avec les carrières. Un nombre de déchets important et des incendies ont rendu cet endroit très glauque. Les lieux sont sombres et instiguent une ambiance inquiétante.

La carrière au nord de Lezennes.

Il s’agit d’une prolongation du réseau de Lezennes, que nous avons eu la chance de pouvoir décrire précédemment. Les lieux sont très esthétiques. Par chance (encore), nous avons eu l’occasion de localiser la chambre où s’est réfugié Monsieur Puy, champignonniste perdu dans le réseau en 1848. Nous avons relevé toutes les inscriptions et nous en ferons une publication spécifique.

Nous en donnons quelques extraits, citant de cette manière le principal.
- PUY A ÉTÉE PERDU JEANVIER ET A ÉTÉE RETROUVER LE 13 DU MEME MOIS 1848. ADRIEN DEROO RETROUVER PAR PIERRE DEROO.
- DEROO PUY A DIT QU’IL AURAIT ÉTÉ 2 JOUR.
- AVOIR PASSEZ ICI 1848 CONSTANT CUVELIER ET EUGENE MONTALANT POUR CHRCEZ APRES M. PUY.
- PUY A DIT QU’IL AURAIT ENCORE EXISTÉ AU MOINS DEUX JOUR.
- PUY A PASSÉ 74 HEURS ICI PERDU TROUVÉ PAR DELEMAR 1848

Pour qui connaît l’histoire de Lezennes, Monsieur Puy fait figure d’une légende. C’est l’illustrissime ouvrier perdu 3 jours au sein des carrières, dont l’épopée fut relatée par Charles Dickens. Ce dernier, dans le style romantique de l’époque, en a rajouté des tonnes ! Puy nous intéresse au final peu. L’infortuné ne fut pas le seul à se perdre et à être retrouvé. Ce qui est passionnant, c’est que la galerie où le malheureux s’est réfugié est recouvert d’une myriade de signatures. Elles émanent des champis qui nous sont connus et nombreux sont ceux qui se sont mobilisés. Leur témoignage est émouvant.

Le réseau est en bon état, mais il forme un labyrinthe complexe qui se révèle dangereux à visiter considérant que c’est très vaste et très anarchique.

Nous allons à présent vous permettre de visiter ces lieux grâce aux photos. Au même titre que Lezennes, ne visitez pas ces lieux sans le soutien indispensable de spécialistes. Les galeries sont anarchiques, forment un maillage dense et compliqué, les risques de chute de blocs sont nombreux.


Mais où est la sortie bordel !!
Si seulement cela pouvait servir d'avertissement... Bienvenue à Hellemmes...


La signature de César Hayez en 1911.


Les volumes d'Hellemmes sont souvent vastes.


1909. Vive Blériot le grand inventeur de l'aviation.


Le 25 septembre 1911, explosion du cuirassé La Liberté où 400 personnes on perdu la vie.
(En réalité, précisons que 200 membres d'équipage sont morts et 100 personnes aux alentours).


Un dessin du
champignonniste Hayez.


Les champignonnières sont d'ailleurs bien présentes.


Cela donne des paysages souterrains splendides.


Voici la chambre de Monsieur Puy. C'est l'endroit où le champignonniste Puy, fortement perdu en 1848, a manqué de lumière. Il a attendu les secours durant 3 jours.


Josse Morelle, 1848


Voët Paul, 10-2-1924 Jeanne Voët 1924 Deroo 1848.


Sur le mur de Monsieur Puy, tout le monde a signé.


On y trouve les signatures de Alexis Gilquin et Adrien Deroo, carriers.


Puy a dit qu'il aurait encore existé au moins deux jours.


La signature de Monsieur Puy.


Puy a étée perdu jeanvier et a étée retrouver le 13 du même mois 1848 Pierre Deroo Adrien Deroo.


Deroo Puy a dit qu'il aurait été 2 jours.


Les signatures sont très nombreuses.


Celle de Pierre Deroo.


Hayez Cesar 1894 et au-dessus, Alexis Gilquin.


Souvenir des grèves de 1910. E. Vasseur, adjudant.


Emilie Pruvost, 1911 Jeanne Pruvost 1911.


Antoine Florentin Delmar.


Puy a passé 74 heurs ici perdu trouvé par Delemar.

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