Tchorski
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Les carrières d'Avesnes-Le-Sec

Trouver des informations sur Hordain se révèle déjà être un défi. Si la tâche est ardue, il s’avère que sur le cas d’Avesnes-Le-Sec, la situation est encore pire. Il n’existe pour ainsi dire aucune source de documentation. Cela rend la description de ce site souterrain aventureuse. La seule source fiable, c’est la série d’investigations menées par le SDICS au court des années 80, et les travaux de recherches menés par Bernard Bivert.

Les carrières d’Avesnes-Le-Sec sont contemporaines d’Hordain. Pour ainsi dire, elles sont indissociables, sauf du point de vue topographique. Leur époque, leur mode de creusement, la destination de la pierre : tout concorde au point de dire qu’il s’agit d’une entité d’exploitation. La seule différence – et elle est tout de même non négligeable – c’est qu’un vaste massif non exploité sépare Hordain d’Avesnes. Il s’agit des lieux-dits : Les cinq muids et la Sablonnière, dans lesquels aucune exploitation n’est actuellement connue.

La surface sous-minée par les carrière est actuellement évaluée à 5 hectares. Toutes ces carrières sont situées au sud du village. Au même titre qu’Hordain, les galeries ont fait l’objet d’un remblai de pied important et d’un remblayage systématique par hagues et bourrages. Il en résulte que le volume visitable est extrêmement inférieur au volume qui fut excavé. L’exploitation a concerné de la craie grise du turonien. La visite est difficile du fait des remblais.

Du point de vue de la période d’excavation par des carriers, nulle information ne viendrait contredire un début d’exploitation au XIème ou XIIème siècle, mais nous n’en disposons d’aucune preuve concrète, pas même un début de supposition. Tout au plus, nous savons qu’en 1488, le village se situe en pleine période d’exploitation. Les pierres sont exportés jusqu’à Leuven (Louvain, Belgique), dans le but de bâtir le fameux hôtel de ville, lequel est encore visible aujourd’hui. Avesnes est un village de pierres, plus qu’ailleurs. Se promener dans les rues du village est plaisant, il n’est pas rare de croiser de magnifiques rouge-barres, voire même des manoirs entièrement bâtis de pierres. L’église est à ce titre impressionnante. Elle se révèle énorme par rapport à ce petit village.

A lire le paysage souterrain, il apparaitrait qu’une assez grande partie des carrières soient contemporaines du XVIIIème siècle, tout du moins pour ce qui est visitable. Les carrières médiévales, elles, nous serions tentés d’affirmer qu’elles se trouvaient quasiment au milieu du village. C’est en tout cas ce que conforterait une carte ancienne, laquelle indique une carrière dans un lieu où à ce jour, aucune exploitation n’est visitable. Il est à penser que cette exploitation, probablement très ancienne, est à ce jour pour ainsi dire totalement effondrée.

Bernard Bivert évoque une période d'extraction quasiment ininterrompue entre 1477 au minimum et la fin du XIXème siècle. Il cite le décès d'un ouvrier carrier, Grégoire Dubois, par éboulement suite à la rupture d'un pilier. C'était dans une carrière exploitée par un certain Jacques Billet, en 1574. Bernard Bivert cite encore quatre carriers, exploitants en 1876 : Nicolas Lebecq, Henri Leblanc, Désiré Delrue, et Louis Delrue. De même, une exploitation était conduite en 1855 par Ernest Despret.


La carrière est mentionnée sur l'ancien cadastre.


Avesnes est un secteur rural entre le Valenciennois et le Cambraisis.


L'église y est monumentale.


Quant aux maisons de pierres, elles sont splendides.


C'est un magnifique petit hameau.

Le réseau actuellement connu est ridiculement petit par rapport aux vastes exploitations suspectées. Cela est dû, comme à Hordain, à une pratique du remblaiement systématique. Les galeries subsistantes sont remblayées à 95% par des rebus d’exploitation. Le calcaire glauconieux est dans un état d’altération avancé. C’est quasiment un grès vert. Dans les doigts, la pierre éclate à la moindre pression. Cela va sans dire que le site sera inévitablement injecté dans un bref avenir. Il est donc à considérer que ces quelques maigres photos ne donnent pas un aspect représentatif de ce que fut l’exploitation de la pierre à Avesnes-Le-Sec.


D'emblée, l'entrée dans le souterrain s'avère inquiétante.


La roche est fracturée de toutes parts.


On retrouve tout de même les hagues et bourrages de type Hordain et ces belles galeries en
trapèze qu'on affectionne tant...


Le site est très peu développé en longueur.


Le souterrain est inévitablement amené à disparaître.

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