Cet album de Field Recordings est une collection d’enregistrements réalisés en mines souterraines. La plupart de ces lieux sont des espaces souterrains abandonnés et souvent difficile d’accès. Après un siècle d’abandon – parfois plus parfois moins – que sont devenus ces endroits ? C’est ce que nous décrivons depuis vingt ans par le biais de photographies et de textes descriptifs. Un travail de mémoire quasiment quotidien est effectué.

A ces photos sont rapidement venus se greffer les enregistrements sonores. La mine n’est pas seulement
« image ». Même si elle est morte, les fantômes de son âme continuent à errer au sein des galeries. Ainsi, ça et là au fil des multiples reportages, sont apparus de petits « players », permettant d’écouter la mine. C’était jusqu’à présent une seule et simple volonté documentaire, sans rien de plus.

En toutes ces années, les enregistrements se sont accumulés, sans jamais s’en préoccuper outre mesure. Puis voilà, présentement en 2014, il est devenu temps d’effectuer un album de Field Recordings, présentant une diversité de sonorités. Les variations sont intenses, du silence complet à la résonnance assourdissante, de la rivière lointaine pleine de réverbérations aux bruits secs d’un ventilateur. Il y a aussi, plus qu’ailleurs, le récit de nos vies en ces espaces hostiles. Bien des enregistrements témoignent de nos galères en ces endroits inaccessibles ; les recherches dans des galeries noyées, le fond du fond après des dizaines de kilomètres de marche et plusieurs jours passés sous terre, la mise en place d’équipements, le très grand bonheur (aussi) d’être infiniment loin de l’agitation du monde de la surface.

Nombreux sont les Field Recordings de la forêt ou de la mer. Ce n’est pas tant que tout le monde le fait ou que ce soit spécialement critiquable, il y a peut-être à un moment l’apparition d’un sentiment de lassitude par rapport à des sonorités qui sont semblables. La mine offre, au moins, un univers fort original, le tout lié à un formidable sentiment d’éloignement mêlé à quelque chose d’inaccessible. L’attrait pour la mine abandonnée devient vite une fascination.

Voici donc une petite heure de promenades souterraines. Les titres sont listés ci-dessous.

0:00 Mine d’Hussigny – Promenade au sein de galeries où l’on entend l’omniprésence de l’eau.
2:06 Mine des Quatre Ours – Exploration d’une galerie noyée, dans l’espoir de pouvoir rejoindre un quartier éloigné.
4:36 Mine de Mazaugues – Des spéléologues tentent de désobstruer un réseau naturel. De ce fait, ils tirent à la dynamite. (*)
9:41 Le déversoir – L’étrange résonnance d’une galerie oblongue d’un barrage (*)
10:30 Les Grands Malades – Au sein de cette carrière souterraine, l’ambiance de très grande réverbération.
17:50 Caumont – Dans cette carrière souterraine, le fond comporte la formidable galerie des échos.
20:42 Le Chevalon de Voreppe – Ambiance de galerie au sein d’une mine de ciment.
22:06 Mine d’Hettange – Dans le très grand éloignement du monde, ambiance sonore de galeries abandonnées.
24:07 Areine de Barchon – Mine d’anthracite, les lieux sont gazés, nous évoluons sous contrôle de l’oxygène.
29:23 Mine des Malines – La mine est terriblement immense, nous recherchons notre chemin. (*)
33:16 Valbonnais – La réverbération est si forte qu’on a peine à se comprendre.
35:56 Mine de Moulaine – L’abandon est palpable au sein de ces galeries désertées depuis des décennies.
37:49 Mine du Thillenberg – Un très gros ventilateur tourne naturellement avec le souffle de la mine.
39:10 Mine Paafert – Une vieille bougie traine dans une salle de compresseur. Nous l’allumons après des années d’abandon.
41:34 Mine d’Orpierre – Une galerie oblongue possède une incroyable résonnance sur une certaine note.
43:36 Mine Heidenfeildgen – Ambiance de galeries au sein d’un très grand éloignement.
45:13 Le mineur – Un ouvrier de l’ombre, Lucien, témoigne librement. (*)
48:07 Mine Heintzenberg – Au sein d’une ambiance assez stressante, nous ressortons au jour.
51:33 Mine des Quatre Ours – Une autre ambiance minière témoignant de l’abandon.
54:19 Les égouts – Il faut sortir par une plaque d’égout, sur l’artère la plus fréquentée de Bruxelles.

L’album est placé en licence Creative Commons BY-NC.
La bande sonore est hébergée sur ARTE-RADIO.
(*) Les enregistrements marqués d’une étoile sont des inédits.

 

Un second album a été réalisé, comprenant uniquement des enregistrements de mines de fer en Lorraine et Luxembourg. Ce sont des lieux extrêmement riches en ambiances. Absolument tous les enregistrements sont des inédits (*). Espaces d'enregistrements : 2014-2015.

 

0:00 - Le tuyau chanteur, version originale
3:20 - Le tuyau chanteur, des bouchons dans l'eau
6:37 - Le tuyau chanteur, des jeux avec l'eau
9:40 - L'arrivée à la salle des pompes
12:21 - Ambiance minière à la David Guetta
14:30 - Variation d'ambiances minières technoïdes
16:54 - De belles coulures au sein des galeries
18:15 - Promenade minière humide
21:07 - Exploration d'un secteur inondé
23:54 - Squat dans une galerie avec une rivière
25:01 - Le tuyau péteur
28:30 - Le tuyau fredonnant
32:07 - Pissouille minière dans une très vieille mine
34:34 - La surprenante arrivée du bateau
38:12 - Navigation au bateau dans la mine gazée
43:32 - Une ambiance au fond de la mine
44:45 - Exploration d'un secteur inondé avec un bateau
45:58 - Incursion dans un secteur de mine profondément gazé
51:30 - Pissouille minière dans la mine Magnifico
53:36 - Sous une usine, la galerie vibrante
55:27 - Promenade minière au sein d'un secteur humide
57:27 - Jolies coulures minières
58:51 - Ambiances minières et promenade
1:00:53 - Remontée de la grande descenderie
Durée totale : 74:02 mn

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