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Tchorski
L'unité pastorale de Burdinne-Héron

 

Cette page est un inventaire campanaire de l'unité pastorale Notre-Dame aux Champs. Elle est différente de l’unité pastorale Notre-Dame « des » champs, ce qui est source de confusions. Afin de préciser le propos, l’étude porte sur ce qui s’appelle aussi parfois : l’unité pastorale de Burdinne-Héron.
Cet inventaire a été intégralement réalisé par Pascale Boudart.
Malgré un inventaire RECIB qui se complète peu à peu, il nous est souvent difficile de savoir ce qui existe réellement dans les clochers. Pascale Boudart a réalisé dans ses promenades campanaires un travail exceptionnel et de grande valeur.

L'unité pastorale dont nous évoquons ici quelques traits campanaires comprend les églises suivantes :
Commune de Burdinne : Village de Burdinne, Hannêche, Lamontzée, Marneffe, Oteppe.
Commune de Héron : Village de Héron, Couthuin, Envoz, Lavoir, Waret-l’Évêque, Surlemez.
Commune de Wasseiges : Acosse.
Les dénominations Envoz et Surlemez (aussi Sur-Le-Mez) sont des lieux-dits et ne correspondent pas à d’anciennes communes avant fusion.
Acosse fait partie de la section administrative communale de Wasseiges, mais se situe géographiquement très proche de Burdinne. Il y a donc une logique dans le groupement géographique des églises.

Étant donné qu'il s'agit d'un inventaire de campanographie, les données sont volontairement techniques. Si vous souhaitez obtenir des informations sur les fondeurs mentionnés ou effectuer un voyage campanaire plus light, je vous conseille de vous rediriger vers la racine du site.

Nous allons passer en revue le patrimoine campanaire de chacune de ces églises.


Une cloche ALJ Van Aerschodt de Burdinne.


La cloche Joseph Plumère.

** Burdinne, église Nativité de la Sainte-Vierge
Cette église comporte trois cloches : une Joseph Plumère de 1677 et deux Andreas (ALJ) Van Aerschodt de 1848.
Cloche 1 – Il s’agit d’une ALJ VAN AERSCHODT VANDEN GHEYN. Elle date du temps où le fondeur utilisait encore le préfixe Vanden Gheyn, afin d’affermir sa réputation. Elle a un diamètre de 116 cm.
Cloche 3 – Même fondeur, même date, même ensemble décoratif, pour un diamètre de 92 cm.
Cloche 2 – Il s’agit d’une cloche émanant des fondeurs Plumère / Plumerel / Plumeret, datée de 1677. Elle est signée de Johannes et Josephus PLUMERE (Jean et Joseph Plumère). Le battant a énormément de jeu et le baudrier ne dispose d’aucune pièce de cuir pour la stabilisation. Cette cloche ne semble plus être utilisée en volée. De gros éclats résultent vraisemblablement d’impact avec la chasse de la cloche voisine.

L’état du clocher, très sale, contraste radicalement avec celui de l’intérieur de l’édifice, une église bien entretenue située sur une rue principale. Le clocher a été nettoyé l’année précédente mais le grillage, insuffisamment résistant, n’a pas éloigné longtemps pigeons et choucas.

L’état de saleté des cloches, notamment des accumulations de guano, ne laisse guère la possibilité d’évaluer les décors. Concernant les Van Aerschodt, il semblerait que ce soient deux décors identiques, comportant d’assez larges frises néo-gothiques. Ce serait un travail classique concernant les ateliers Van Aerschodt. L’une des cloches possède une figure de Vierge fort saillante et très réussie. A gauche figure le mot « Burdinne ».

Les cloches de 102 cm et de 116 cm auraient été enlevées par l’occupant mais le convoi, trop peu protégé, aurait été lui-même détourné par les habitants. Ils auraient immergé les biens dans un étang tout proche jusqu’à la fin de la guerre. Elles ont été réinstallées dans le clocher par la suite.

La cloche Plumère possède une large effigie sur la robe, qui est une croix christique, en grande partie réalisée par un entrelacement de fruits semblables à des vignes. Si tel est le cas, ce sont surtout les raisins que l’on voit bien. Les rinceaux sommitaux semblent être : partie du bas des palmettes, assez larges et non enroulées ; partie du haut une frise de framboises en végétation ondulante, ce qui semble nettement correspondre à un classique dans l’art de ces saintiers. La robe possède le texte IOANNES ET JOSEPHUS PLUMERE ME FUDERUNT, puis cinq petites fleurs en quinconce. Notons qu’il est intéressant de signaler que le nom mentionné ici soit « Plumère » et aucune des variations orthographiques. En dédicace est mentionné le nom
« BVRDINNE ». Notons de même que la robe possède un médaillon, possédant une représentation de vierge à l’enfant. Le travail est esthétique et réussi.

La cloche Plumère est à protéger en raison de son ancienneté et de sa rareté. Elle est à inscrire à la fois sur la liste des patrimoines exceptionnels et celle des patrimoines en péril.


La cloche François Chaudoir de Hannêche.


Le rinceau supérieur est assez spécifique et permet la reconnaissance sur décor.


La petite cloche d'Hannêche. Photo : irpa.

** Hannêche, église Saint-Lambert
Cette église possède deux cloches : une Causard-Slégers de 1921 et une Chaudoir de 1780. Des escaliers de bois suivis d'une échelle mènent au clocher, qui est d'un accès assez aisé même si le plancher intermédiaire est fort léger. Et bien qu'il n'y ait pas de plancher là-haut, les poutres espacées d'environ 25 cm sont suffisamment saines pour que les déplacements s'effectuent en sécurité. Des pigeons occupent les lieux malgré les diverses protections. Le beffroi est fortement rongé par le temps.

Cloche 1 – François Chaudoir. Diamètre : 98 cm. Date : 1780. Cette cloche possède une décoration sobre. Elle est signée CHAVDOR F 1780. En dédicace : S. LAMBERTE O.P.N. Le rinceau sommital est assez typique et mérite d’être décrit, en vue de reconnaître des cloches qui ne seraient pas signées. Il s’agit d’un enlacement de deux courbes. Les vagues s’entrelacent afin de former une sinusoïde. Dans chaque creux intérieur figure une fleur. Le rinceau du bas est une palmette stricte, large et rigide. Attention, le rinceau ne doit pas être confondu avec le rinceau Plumère, qui peut être en de nombreux aspects très très similaire !!! Le point de comparaison, c'est que chez les Plumère, il n'y a pas de sinusoïde.

Cloche 2 – Causard-Slégers. Diamètre : 91 cm. Date : 1921. Le baudrier est très abîmé en janvier 2015. Cette cloche pèse environ 460 kg. L’exécution du décor ainsi que de l’épigraphie est de très grande qualité. Elle a été enlevée par les allemands en 1943, car elle possède le numéro d’enregistrement (partiel) 473 et elle est photographiée déposée par De Beer. Elle possède une ample dédicace, comme bien souvent sur les cloches Causard de cette époque. Inscription : JE M’APPELLE SOPHIE, J’AI EU POUR PARRAIN, MONSIEUR LOUIS LARUELLE, ET POUR MARRAINE, MADAME LOUIS LARUELLE, NEE SOPHIE MA(?)EE, J’AI ÉTÉ BENITE DANS L’EGLISE DE, HANNESCHE EN L’AN DE GRACE 1921, SOUS LE PASTORAT, DU REVEREND MONSIEUR OLIVIER CARROLLE, J’AI ÉTÉ FONDUE PAR SLEGERS-CAUSARD DE TELLIN. Les rinceaux sommitaux sont : olivier / chêne / olivier.

- Il existe une petite cloche (peinte en noir) de 27cm de diamètre, placée dans l'église, en assez bon état, et rafraichie à l'intérieur. Notons qu’il s’agit de l’anonyme de 1698 décrite et photographiée par l’IRPA, objet 10114361. Il est donc de très mauvaise augure que cet objet soit peint en noir. Cette cloche, plutôt esthétique en son genre, n’est pas identifiée. Elle possède un texte liturgique que nous pensons être : ORA PRO NOBIS I698 SAC(…) En frise sommitale, un décor non identifié, éventuellement de curieuses fleurs de lys. En robe, une toute petite croix en cadre carré. Il nous est impossible d'identifier le fondeur.

Comme enregistrements divers, signalons :
- Une cloche Causard-Slégers disparue en 1948, pour laquelle nous ne possédons aucune explication quant au fait qu’elle ne soit pas présente en clocher.

La cloche Chaudoir mériterait une inscription en raison de son ancienneté et de sa relative rareté. La petite cloche serait à restaurer.


La cloche Séverin Van Aerschodt de Lamontzée.

** Lamontzée, église Saint-Maurice
Cet édifice comporte 2 cloches : une Séverin Van Aerschodt de 1880 et une Paccard-Sergeys de 1980.
Le clocher est aisément accessible. C’est un charmant édifice, partiellement protégé des pigeons. L’intérieur de l’église est propre mais la toiture et les corniches laissent apparaître des signes réels de faiblesse. Les cloches, initialement pourvues de moteur de volée, sont désespérément immobiles et seul l’unique tinteur fonctionne encore. Elles ne bénéficient pas d’un entretien annuel. Hormis une forte usure de la cloche Van Aerschodt, les deux campanes sont en excellent état. La Van Aerschodt n'a sans doute pas été déplacée durant la guerre.

Cloche 1 – Séverin Van Aerschodt, 1880. Diamètre 95 cm. Seul le tinteur est encore utilisé. Le décor est une suite de saints apôtres, dans un large décor de guirlandes végétales, ce qu’on retrouve ‘en principe’ plus sur les cloches ALJ Van Aerschodt, bien que ça ne soit pas une exclusive.

Cloche 2 – Diamètre 79 cm. Inscription : AMOUR-PAIX-PARTAGE-SERVICE ME FIERI PER P. PACCARD DE ANNECY ELEGIT J. SERGEYS FUSOR LOVANIESIS. A° 1980. Possède un numéro de cloche 415. La chaine d’entrainement pour la volée est déconnectée du moteur. La cloche est inutilisée. Au niveau du décor, soyons clairs qu’il s’agit d’une cloche Paccard et non du talent graphique de Jacques Sergeys. Cette situation datant des années 80 est connue et il n’est pas nécessaire de revenir dessus.


La cloche Lainville de Marneffe.

** Marneffe, Eglise Immaculée Conception
Cette église comporte 2 cloches : une Frères Lainville de 1842 et une Jacques Sergeys de 1972. Le clocher est fortement rafraichi, protégé des volatiles, et d’un accès facilité par deux nouvelles échelles. Bien que les traces de souillures sur les cloches soient encore visibles, l’état du bien dans son ensemble est très correct. L’église elle-même est mise en valeur sur une petite place récemment aménagée, ce qui est fort agréable.

Cloche 1 – Louis et Nicolas Lainville. Date : 1842. Diamètre : 96 cm. L’usure est importante mais le battant vient d’être sérieusement resserré et le jeu a pratiquement disparu. Comme sur l’ensemble des cloches Lainville, l’exécution de l’épigraphie est de piètre qualité. Mais, ceci étant, ils ont déjà fait largement pire.

Cloche 2 – Jacques Sergeys. Date : 1972. Poids : 345 kg. Diamètre : 85 cm : Inscription : A LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU. Cette cloche possède en robe un tableau artistique, dont l’exécution est de très grand talent.

Signalons une cloche enlevée en 1943, laquelle n’est pas revenue en clocher. Il s’agit d’une Nicolas Gaulard qui avait été fondue en 1912.


La cloche Lainville d'Oteppe.

** Oteppe, église Saint-Michel
Cette église comporte 3 cloches : une Frères Lainville de 1827, une Constant Sergeys de 1913, Une Georges II Slégers de 1955.

Dans une bâtisse en bon état intérieur, un escalier en colimaçon de fer forgé suivi d'un escalier de bois, mènent au clocher. Le plancher y est très incertain ou percé. Du carton a été disposé au sol, probablement pour empêcher les fientes de tomber en contrebas. Il en résulte une grande difficulté à se déplacer sans risque car les trous sont masqués. Hélas, les pigeons qui devaient être absents sont de retour depuis peu. Le beffroi est incroyablement bien conservé et les boiseries sont saines. De plus, volants et marteaux tinteurs ont été récemment remplacés. Des rénovations régulières semblent être faites dans cette église.

Cloche 1 - Georges II Slégers, en 1955. Diamètre: 105 cm. Possède une décoration simple.

Cloche 2 - Louis et Nicolas Lainville, en 1827. Diamètre : 90 cm. Du point de vue de l'épigraphie, le travail est d'une qualité modeste. Reste quand même qu'il faut remettre dans un certain contexte. La cloche ici présente est de loin parmi les meilleures qu'ils aient pu réaliser. Les rinceaux sont à (très simples) palmettes et à croisillons végétaux. En bas de panse, on trouve une effigie d'une vierge à l'enfant, d'une qualité passable. Autour, le fondeur a disposé deux feuilles de sauge en empreinte.

Cloche 3 - Constant Sergeys, en 1913. Diamètre : 86 cm. Elle est de décoration gothique. Elle a une architecture graphique représentative de l'art de Constant Sergeys : strict et équilibré.


Une cloche Van Aerschodt à Héron.

** Héron, église Saint-Martin
L'église comporte trois cloches : une Andreas (ALJ) Van Aerschodt de 1869 et deux Georges II Slégers de 1953.

L'édifice comporte un intérieur fraichement rénové, rehaussé de nombreux vitraux riches en couleur. Les trois cloches présentes sont restées muettes durant les deux années qu’a duré la réfection des lieux. A l’entrée de l’église, un escalier en colimaçon en fer forgé mène à un premier étage recouvert de fines plaques au sol. Un deuxième puis un troisième escalier, en bois vermoulu, conduisent à la chambre des cloches. Le sol du clocher est également recouvert de fines plaques qui ne permettent pas de sécuriser un plancher affaibli par le temps et partiellement troué ou affaissé. Malgré une protection contre les volatiles, les campanes sont fortement souillées et quelques carcasses d’oiseaux jonchent encore un sol fraichement débarrassé du plus gros des saletés.

Cloche 1 - Nommée Marie. Georges II Slégers, 1953. Diamètre : 110 cm. 760 kg. Le décor est simple.

Cloche 2 - Nommée Bernadette. Georges II Slégers, 1953. Diamètre : 99 cm. 610 kg. Le décor est identique.

Cloche 3 - Andreas (ALJ) Van Aerschodt, 1869. Diamètre : 88 cm. L'inscription possède un chronogramme. Cette cloche a été enlevée par l'occupant allemand car elle est photographiée déposée par De Beer en 1943, et possède le numéro A VIII 310. Elle possède un décor à guirlandes végétales, avec des effigies de saints apôtres au milieu. Les anses sont à bourrelets. Sur le cerveau figure un rinceau de feuille de vigne, c'est assez particulier et rare pour que ça soit signalé.

Signalons que l'IRPA mentionne une cloche ALJ Van Aerschodt datant de 1857 et enlevée par l'occupant allemand en 1943. Cette cloche avait un aspect fort différent de celle de 1869. Elle n'est pas revenue d'Hambourg.


La cloche des Frères Monaux (Givet) à Envoz.

** Héron, Couthuin, Envoz, Chapelle Saint-Pierre
La chapelle possède une cloche, une Frères Monaux de 1781.

Il s'agit d'un édifice relativement connu et fraichement restauré à l'intérieur.
L'IRPA y mentionne une cloche de Joseph Thomas Dawir, datant de 1728. Nous n'avions aucune idée quant à savoir si l'objet était encore présent ou pas, suspectant notamment un enlèvement par l'occupant allemand en 1943. Reste que bien souvent, d'une part les chapelles furent épargnées (ce sont de petites cloches, et donc le gain de métal est faible), d'autre part cette cloche ancienne fait partie des objets anciens qui en principe n'étaient pas décrochés.
La cloche de Joseph Thomas n'est pas présente dans l'édifice. Il n'est pas possible dans l'immédiat de déclarer que ça a été enlevé par l'occupant. Ne possédant aucune trace concrète, ce serait de la supputation.

Comme il s'agit d'une chapelle, l'endroit est exigu et faire des photos ne fut pas chose aisée, dans ce clocheton qui ne devait pas dépasser les 110 cm de côté.

L'accès se fait par une petite trappe qui mène au dessus des plafonds voutés de la bâtisse. Une vieille échelle, trop courte, permet de se rapprocher de la cloche. Il faut encore se hisser sur le menu beffroi en vue d'analyser la campane. Peu de photos car il a fallu partager l'espace avec la roue de bois. Impossible de prendre du recul, même pour lire clairement les inscriptions. La cloche se trouve contre un des murs et la pierre côté abat-sons est taillée pour laisser balancer l'instrument, dont le battant est simplement fixé avec un anneau. La roue en bois est en fort bon état. Le tout fonctionne peu souvent d'où la faible usure.

Au niveau épigraphique, la cloche possède l'impression de plusieurs feuilles de sauge, cela donne une très jolie apparence. La date 1781 ainsi que la signature des Monaux sont clairs et d'une bonne qualité épigraphique. Signalons que les cloches des frères Monaux sont très rares.

La cloche a un diamètre de 62 cm. L'inscription, partielle, est : TEMPORE REVERENDI DOMINI MATHIAE DONNAY PASTORI (...) COUTHUEN ~ LES MONAUX FRERES DE GIVET

Cette cloche mérite une inscription à la liste du patrimoine sur lequel il faut porter attention, en raison de son ancienneté et de sa grande rareté.


La cloche Jean-François Lovinfosse à Couthuin.


La cloche François Chaudoir.

** Couthuin, église Nativité de Notre-Dame
L'église comporte deux cloches : une François Chaudoir de 1786 et une Jean-François Lovinfosse de 1819.

Il s'agit d'une jolie église, en fort bon état extérieur, et agréable dans son intérieur grâce aux pierres laissées apparentes sur une grande surface de murs. Côté clocher, ce dernier est d’accès aisé. Les deux cloches, qui étaient répertoriées comme enlevées durant la guerre, sont présentes. Il s'avère qu'elles sont totalement inutilisées. Cela vaut d’ailleurs mieux vu la vétusté du système électrique.

Cloche 1 - François Chaudoir, datée de 1786. Diamètre : 107 cm. Au niveau de son décor, cette cloche est sobre, mais conformément à l'art des Chaudoir, fondeurs à Liège, elle est d'une épigraphie soignée. Elle possède un rinceau bas de palmettes assez larges et strictes. Ces dernières ne sont pas du tout enroulées. La date 1786 est très claire. Signalons que par faute d'orthographe (illettrisme ?), la signature est CHVVDOIR F.

Cloche 2 - Jean-François Lovinfosse, datée de 1819. Diamètre : 75 cm. Inscription : NIZET VIDUA DE MELOTTE D’ENVOZ & ANTONIUS DE LEONARD. (...) ALEXI ANNO 1812. (...) J.F. LOVINFOSSE. Le décor est constitué d'un rinceau haut de taille assez restreinte et constitué d'une frise répétitive à tendance végétale.

La cloche Chaudoir mériterait une inscription en raison de son ancienneté et de sa relative rareté. La cloche Lovinfosse mérite une attention particulière du fait de sa rareté.


La cloche anonyme de Lavoir, identifiée comme étant une Joseph Plumère et Joseph Thomas.

** Lavoir, Eglise Saint-Hubert
L'église comporte deux cloches : une Joseph Plumère & Joseph Thomas de 1718 et une Georges II Slégers de 1952.

Il s'agit d'un charmant petit édifice juché sur une colline. Le bâtiment est en bon état extérieur. Les fabriciens songent à remettre en état l’intérieur du bâtiment, qui n’est plus utilisé qu’une fois l’an, lors de la Saint-Hubert. Tout juste passée la porte d’entrée, directement accrochée au mur, une solide échelle métallique à la verticale mène dans un clocher propre et bien agencé.

Cloche 1 - Du fondeur Georges II Slégers et datant de 1952. Il s'agit d'une cloche de remplacement en dommages de guerre. L'épigraphie est standardisée. Diamètre : 73 cm.

Cloche 2 - Il s'agit d'une cloche qui a été caractérisée en premier lieu comme étant anonyme. De récents travaux sur l'identification des cloches de Fize-Fontaine permettent de caractériser la cloche de Lavoir. Vu le rinceau supérieur, composé par des fruits de vigne, des feuilles, de fleurs assez larges et rondes. Vu que ce rinceau végétal comporte une tige formant une vague (mais donc attention, pas une sinusoïde). Vu l'utilisation de palmette en partie basse. Nous déduisons qu'il s'agit d'une cloche émanant des ateliers itinérants des fondeurs Plumère / Plumeret / Plumerel.

Vu la date, 1718, ce qui est tardif, nous pensons qu'il ne s'agit pas d'une cloche émanant de Joseph Plumère seul. Ce serait une collaboration de Joseph Plumère et Joseph Thomas. Tout ceci n'est que supposition car il s'agit de reconnaissance sur épigraphie. Les hypothèses nous semblent malgré tout très fiables.

Diamètre : 58 cm. Inscription : CAMPANA DECIMALIS FVSA 1718 T.R.D. MALNACHE PAST Ste PAVLE O.P.N.

Notons qu'une cloche a été enlevée par l'occupant allemand en 1943. Il s'agissait une cloche Causard-Slégers de 1931, et qui pesait 282 kg.

La cloche Plumère est à protéger en raison de son ancienneté et de sa rareté. Elle est fort heureusement placée sous le regard bienveillant et protecteur de ses gestionnaires.


Une... (cloche ?) à Waret-l'Êvèque.

** Waret-l’Évêque, église Saint-Martin
Cette église comporte deux cloches, une Chaudoir de 1789 et une Eijsbouts de 1968.

Les plafonds de cette église sont particuliers, une voute en lambris de bois sombre, peinte de divers motifs. Une fois dans le jubé, un escalier de bois vermoulu en colimaçon est recouvert de cadavres de pigeons de tous âges et d'une épaisse couche de saleté. Une fois cet élément délicat franchi, une vielle échelle mène au clocher, impossible d'estimer l'état du plancher. De nombreux pigeons volent au-dessus, sans cesser.

Il avait annoncé qu'une des cloches ne fonctionnait plus, mais après en avoir retiré des dizaines de kilos de fiente, il s'avère que le système est toujours plus ou moins en ordre de marche. Le poids excessif a sans doute empêché le bon fonctionnement du mécanisme et immobilisé la cloche. Elle a été actionnée en vue de vérifier son état, mais le contacteur est défectueux et n'accroche pas à chaque fois. Cela la rend temporairement inutilisable.

Cloche 1 - Eijsbouts. Coulée le 23 mai 1968. Diamètre : 98 cm. Inscription partielle : Parrain Joseph Ghislain Lazare / Marraine Marguerite Marie Aldegonde Ghislaine Heneffe. Elle est trop encrassée pour bien voir les détails des frises et autres décors.

Cloche 2 - François Chaudoir, 1789. Diamètre : 80 cm. Inscription partielle : Dominum Pastoris Ego Sum.
L'état de saleté est alarmant.

Ce lieu est exemplatif des clochers en état terminal, pour cause d'accumulation de guano. L'étape suivante sera l'effondrement des structures sous le poids des fientes. Quand on en arrive à ce stade, il serait préférable de vendre.

La cloche Chaudoir est à protéger en raison de son ancienneté et de sa rareté. Elle est à inscrire à la fois sur la liste des patrimoines à prendre en considération et celle des patrimoines en très grand péril.

L'IRPA mentionne pour ce lieu une cloche Chaudoir datant de 1780, et enlevée en 1943. L'information est à mettre en doute, à deux points de vue :
- Premièrement la date, car il s'agit probablement de 1789.
- Deuxièmement l'objet en tant que tel, il pourrait s'agir de la cloche examinée en clocher.
Aucune donnée concrète ne permet d'y voir plus clair, donc l'incertitude perdurera.

L'IRPA mentionne aussi pour ce lieu une cloche Causard-Slégers, datant de 1928, et enlevée par l'occupant allemand.


La cloche Joseph Barbasan de Surlemez.


Détail sur le haut de la robe.

** Surlemez, église des Anges Gardiens
Cette église comporte deux cloches : une Joseph Barbasan de 1760, une Hippolyte Causard de 1875.

Il s'agit d'un édifice en assez bon état, sauf le clocher qui est délaissé. Un long escalier, partiellement d’origine mais à présent vermoulu, mène à un court couloir étroit permettant d'arriver aux campanes. Le plancher initial a pratiquement disparu et divers éléments de récupération en piteux état recouvrent par endroit un sol incertain. Le beffroi est pourtant solide et sain et l’endroit est, depuis des années, protégé des volatiles.

Deux cloches s’y trouvent, fonctionnelles, mais utilisées avec parcimonie. Un système de tribolage est toujours présent sous chacune des campanes, sous forme d’une planche à bascule pour la première et en métal pour l’autre. Reliée en son temps par deux poulies jointes.

Cloche 1 - Hippolyte Causard, 1875, diamètre 108 cm. Elle est de décoration simple mais soignée.

Cloche 2 - Joseph Barbasan, 1760, 54 cm.
Les travaux du fondeur Barbasan sont extrêmement rares. C'est une découverte exceptionnelle. C'est la seule cloche connue de ce fondeur en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. Donc bref, la seule de tout partout à l'heure actuelle.

Certaines lettres de la dédicace sont à l'envers, dont notamment les N. Pourquoi les erreurs de la sorte sont si fréquentes ?

Le N à l'envers, c'est parce que les lettres en cire sont collées sur la fausse cloche. Elles peuvent se coller des deux côtés. Du coup, les fondeurs légèrement illettrés pouvaient se rater sur ce sujet. On observe ça fréquemment sur les N, régulièrement sur les S, quelquefois sur les Z. Lorsqu'on arrive dans les travaux de fondeurs médiocres, les Lainville par exemple, on peut avoir des délires complets amenant le texte à l'illisible, avec toutes sortes de lettres à l'envers, ou manquantes, ou en trop. Voire même encore pire, les lettres sont ratées sur les matrices en buis, donc les fautes se répètent inlassablement.

Pourquoi un V à la place du U ? La réponse est très simple, la lettre U est récente. Encore plus, les graphèmes ae collés (Mariae) ou oe, oei, sont très récents. En alphabet latin, les U s'écrivent V et ce sera rencontré fréquemment sur les cloches anciennes. Lorsqu'on recopie les dédicaces, on met dès lors les V. Donc : ИAMVR (sic). Le sic veut dire : recopié avec la faute. Pour les lettres à l'envers, il faut bricoler avec du copier coller et le cyrillique aide souvent.

Cette cloche est franchement originale. Déjà l'écriture est un peu fantasque pour l'époque, ce qui dénote une recherche artistique. En effet, les cloches de cette époque sont généralement médiocres. On ne sait pas exactement pourquoi, mais le savoir-faire des fondeurs flamands s'était perdu. Ici le fondeur possède quand même de la maitrise. Les lettres à l'envers ne sont pas un manque de maitrise technique, mais le signe qu'il ne savait probablement ni lire ni écrire.

En surplus, on voit que ce fondeur est sculpteur. Il ne se limite pas à de bêtes matrices standardisées. Courteaux par exemple était un bon fondeur, mais ses travaux sont d'une grande banalité. Ici le cerf est splendide. La cloche possède de ce que nous en voyons, deux très grandes effigies : un cerf en course, un évêque possédant une mitre.

Le fondeur Joseph Barbasan est originaire de Meurthe et Moselle. Il n'est pas du Bassigny. On ne sait rien à son sujet ou presque. Les archives de Meurthe-et-Moselle sont restées muettes.

La cloche Barbasan est à protéger en raison de son ancienneté et de sa très grande rareté. Elle est à inscrire sur la liste des patrimoines exceptionnels.


Vue d'un des marteaux pointus à Acosse.

** Wasseiges, Acosse, église Saint-Martin
Cette église comporte deux cloches : une Michiels Senior de 1899 et une Georges II Slégers de 1948.

Il s'agit d'un bâtiment en bon état, fraichement rénové à l'intérieur. Bien que la salle des cloches ne dispose pas d'un vrai plancher, des planches larges et épaisses sont entreposées sur le côté, prêtes à être disposées au sol.

Cloche 1 - Georges II Slégers, 1948. Diamètre : 88,5 cm.

Cloche 2 - Marcel Michiels SR, 1899. Diamètre : 73 cm.

Il a été remarqué que les deux tinteurs sont pointus et ils creusent l'anneau de frappe des cloches. Est-ce une dégradation de la cloche ? Comme nous ne le savions pas, Philippe Slégers nous a apporté la réponse suivante, qui est riche d'enseignements :

La plupart des marteaux sont des marteaux avec électro-aimant. Ils sont généralement utilisés pour tinter les cloches lors des sonneries horaires (heures, demies, quarts), les glas ou les angélus. Dans chacun de ces cas, la cloche reste immobile et la masse du marteau vient frapper la cloche à l'extérieur, rarement à l’intérieur. Ce marteau est commandé électriquement, en général par une horloge pilote.

Rarement l'on trouve encore des horloges mécaniques en ordre de marche qui actionnent des marteaux directement. Dans ce cas les marteaux « tombent » sur la pince de la cloche de leur propre poids.

Une des pièces les plus malmenées est le ressort de rappel : certains freinent la chute, d’autres tirent le marteau en arrière. Rarement ces ressorts sont bien réglés et donc ils créent des perturbations voire des usures prématurées. C’est une des plus grandes sources d’ennuis mécaniques et de dérèglements, voire d’usure précoce de la cloche.

Parfois (souvent), c’est l’électricien du village qui est allé « arranger » les cloches, voire un mécanicien de machines agricoles parce « qu’il s’y connait ». Et là on trouve de tout. Il est fréquent de trouver des marteaux pour "horloges" qui « trainent » dans la chambre des cloches. Ils sont même parfois utilisés pour les sonneries des glas et des angelus. C’est d’autant plus regrettable que ces marteaux sont en général plus légers et parfois ils sont même montés à l’envers. Il y a des merveilles en fer forgé.

Les plus « méchants » marteaux pour les cloches sont ceux des électro-tinteurs mal réglés ou dont le ressort de rappel est mal réglé.

(...) Il faut regarder si la composition du marteau est effectivement plus tendre que le bronze. Pour rappel, c’est le marteau qui doit s’user et pas le bronze de la cloche.

Tout cela étant dit, la question posée est : « On s'interroge au sujet du fait que les marteaux sont relativement pointus. On se demande si cette situation est normale, vu que la pince se retrouve un peu creusée suite aux milliers d'impacts ». Réponse :

- Si c’est pour simplement sonner l’heure, pas de problème.
- Sont-ils montés à l’endroit ou à l’envers par le « forgeron » du coin ?
- Et le ressort de rappel, comment est-il ?
- Qui fait l’entretien systématique, donc au moins tous les ans ?

Pour rappel pour casser une cloche, je me souviens très bien qu’il y a 50 ans on utilisait à Tellin des marteaux peu pointus car contrairement à ce que l’on croit, plus la matière à « fendre » est dure plus la tête du marteau doit être aplatie. On ne casse pas une cloche avec une masse affutée comme une hache.


Le carillon d'Acosse.

** Wasseiges, Acosse, le carillon Minette

Signalons qu'il existe à Acosse un carillon, qui est resté un certain temps bien mystérieux. Il s'agit d'un carillon Jacques Sergeys, de 15 cloches, daté de 1975. Il fut installé par feu l'abbé Marcel Minette, dans le jardin de sa maison. Le carillon se trouve dans une petite propriété, à côté de l'église. C'est un fort joli ensemble et bien mis en valeur dans le jardin privé. Il s'agit de l'ancienne maison du curé, habitée à présent par un neveu.

Conclusion :

Les cloches suivantes sont à protéger pour cause d'ancienneté :
* Burdinne, cloche 2 – Jean et Joseph Plumère, 1677. Patrimoine en péril.
* Hannêche, cloche 1 – François Chaudoir, 1780.
* Hannêche, cloche anonyme, 1698. Patrimoine à restaurer.
* Chapelle d'Envoz, cloche des Frères Monaux, 1781.
* Couthuin, cloche 1 – François Chaudoir, 1786.
* Lavoir, cloche 2 – Joseph Plumère & Joseph Thomas, 1718.
* Waret-l’Évêque – cloche 2, François Chaudoir, 1789. Patrimoine en péril.
* Surlemez, cloche 2 – Joseph Barbasan, 1760. Patrimoine exceptionnel.

La cloche suivante est à protéger pour cause de rareté :
* Couthuin, cloche 2 – Jean-François Lovinfosse, 1819.

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