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Tchorski
Brugge Onze-Lieve-Vrouwkerk klokken (1/5)

Cette page est un documentaire sur les cloches de l’église Onze-Liewe-Vrouwkerk à Brugge (église Notre-Dame de Bruges). Merci à Tim Maertens pour l'invitation ! Avec la présence de Thierry Pauwels. Il est assez difficile d’obtenir des informations sur les cloches de cet édifice. Ainsi, le présent documentaire fait le point sur la question. C’est un ensemble campanaire qui est loin d’être dénué d’intérêt.

L’église comporte actuellement 5 cloches.
- Bonifatius. 1719. Fondeur : Antoine Bernard. Note : Si bémol (2). Poids : 4000 kg.
- Gaspar. 1912. Fondeur : Causard-Slégers. Note : Do(3). Poids 3336 kg.
- Aloysius. 1908. Fondeur : Causard-Slégers. Note : Ré(3). Poids : 2094 kg.
- Joseph. 1839. Fondeur : Guillaume Du Mery. Note : Mi bémol(3). Poids : inconnu.
- Il existe aussi une cloche médiévale, qui est rarement utilisée à ce jour. Note : Ré(4). Poids : inconnu.
Ces cinq cloches sont en lancé franc.

 
Le plenum des quatre cloches

*** Bonifatius, cloche 1
Cette cloche, du fondeur itinérant Antoine Bernard, est d’une décoration simple. Elle possède 3 cordons à la patte et 5 cordons à la fourniture. Elle ne possède aucun décor sur la robe. Au cerveau, une dédicace fort classique fait le tour de la cloche sur deux lignes. La dédicace est entourée de deux rinceaux, au dessus et en dessous. Les anses sont sans décoration.

Inscription :
* AES D.O. MAX AC STO BONIFACIO HUIUS ECCLESIE PATRONO SACRUM
ANTOINE BERNARD ET FRANCOIS BAUDSON ME FECERUNT BRUGIS ANNO DOMINI 1719

Les rinceaux représentent au sommet une frise d’angelots jouant de la harpe, en dessous une ligne de palmettes assez banale. L’exécution fait preuve de plusieurs défauts, dont des croutes de métal. Cela ne concerne qu’un aspect esthétique (légèrement passable), mais cette cloche est bonne et belle. Elle est mentionnée comme étant co-fondue avec un certain François Baudson, que nous ne connaissons pas.

Antoine Bernard est un fondeur originaire de Doncourt-Sur-Meuse dans le Bassigny lorrain. Son prénom est parfois orthographié Anthoine Bernard. La véritable orthographe semble être la version sans H. Né aux alentours de 1675, nous ne possédons pas son acte de naissance, et décédé après 1731, sans que nous ne connaissions la date exacte. Fils d’André Bernard et Jeanne Delapaix, il se marie avec Elisabeth Huin le 15 mai 1696. Floruit 1693-1731, considérant les cloches réalisées en France, la Belgique étant accessoire au sein de ses campagnes. Sa plus grande réalisation est le bourdon de la cathédrale de Tournai (1714), détruit en 1798 par les français. Il pesait 19.878 livres. Dans l’ensemble, les réalisations de ce fondeur sont simples et sans fioritures, mais restent qualitatives.

On le connait comme étant natif de Doncourt, mais ce maître-fondeur se présente quasiment exclusivement comme étant « demeurant à Neufchâteau », une ville située 30 kilomètres au nord. Bien des biographies établissent qu’il y a deux fondeurs Antoine Bernard, un de Doncourt, un autre de Neufchâteau. Cette vision est erronée. Ce fondeur a simplement déménagé aux alentours de 1707, ou si ce n’est d’ailleurs en cette date exacte, en vue d’établir une fonderie. Nous estimons que – probablement – seules les cloches de la période 1693-1707 sont originaires de Doncourt. Les suivantes ont été fondues depuis Neufchâteau, ou bien en itinérance. Dès Berthelé, les confusions existent. En effet, il est repéré un Antoine Bernard demeurant à Neufchâteau, qui n’est autre qu’un homonyme, non fondeur de cloches. Avec un nom aussi commun, ce n’est nullement étonnant. Les registres paroissiaux nous apprennent d’une part qu’il est absent de Doncourt en 1708, et présent par la suite à Neufchâteau, dont les cloches à date postérieure en portent la mention. Il a 5 enfants, dont le dernier est né en 1707 à Doncourt. Son père André Bernard est décédé entre 1707 et 1712. Nous supposons en réalité qu’il s’agit de 1707, année de transition, laquelle verra un déménagement.

En 1730, il est en campagne dans la principauté de Liège. Il se trouve par la suite en procès à l’encontre d’un apprenti fondeur, François Quentin. Dès 1731, nous perdons totalement sa trace, autant dans les registres que dans la matière campanaire. Nous pouvons supposer qu’il est décédé à l’âge de 56 ans.

*** Gaspar, cloche 2
Selon la notice d’enlèvement par les allemands, elle pèse 3391 kg. Il s’agit d’une cloche extrêmement ouvragée du point de vue de son décor, avec une dominante gothique, ce qui en fait un objet conventionnel chez les Causard, mais d’un très grand soin. La décoration au cerveau est une frise gothique très chargée. Entre chaque remplage se trouve une effigie de saint apôtre. Les anses sont décorées, dont des visages très jolis. A la pince se trouve une frise de décor de type Causard. En milieu de robe, deux rinceaux géométriques de type Causard. Le tout est complété par de nombreuses effigies de saints, un Christ en croix, un Jésus surmonté d’une grande étoile. Le tout est d’un esthétisme indiscutable. Adrien Causard démontre ici qu’il est un très grand maître fondeur.

Inscription :
GASPARUS DE LA TORRE PROTOROTARIUS S.R.G. PRAEPOSITUS
COLLEGIATAE ECCLES. B. MARIAE ET CIVIT BRUG AETATIS SUAE LXXXII
UNICUS FUNDATOR SEMINARII ALMAC UNIVERSITATIS DUACENSIS
ANNO MDCXXIX INTEGRAM CAMPANAM MMMDCCLIV LIBRARUM
FUNDI CURAVIT QUAM FEFUNDENDO FABRIOR HUS ECCLES AUXIT ANNO MDCLXXXI
ALEXIUS CAMBRON ME FECIT BRUGIS
CORPRACTA INTERIM REFUSA SUM ANNO MCMX ET BENEDICTA
PASTORE DECANO B.M.V. R. ADM S. HENRICO VAN DER MEERSON
A EDITUIS. PRENOB. BARONE ERNESTO VAN CALOEN PRAES
PRAENOB. LUDOVICO RYELANDT SECRET DONATO VAN CAILLIE THESAUR
LUDOVICO GROSSE OCTAVO JONNAERT EUG. STANDAERT
DESIA VAN CAILLIE FRED. VANDERGHOTE FLORIM VANNESTE
PATRINO PRAENOB. BAR ERN. VAN CALOEN
MATRINA DOMINA DONATI VAN CALLIE FAMILLE BERGLMAN
A.CAUSARD ME FUDIT TELLINI

*** Aloysius, cloche 3
La décoration au cerveau est une frise gothique très chargée. Entre chaque remplage se trouve une effigie de saint apôtre. Les anses sont décorées. A la pince se trouve une frise de décor de type Causard. Il s’agit d’une cloche d’extrême bonne facture. La décoration est tout simplement magnifique. Elle possède quelques éclats à la pince, qui sont des décollements extérieurs dus à un battement trop fort. Il s’agit d’un problème du passé, le souci étant révolu par un mode de sonnerie équilibré et esthétique.

Inscription :
+ SUM ALOYSIUS.
DEUM LAUDO, ADVOCO VIVENTES.
DEFUNCTIS REQUIEM IMPLORO.
ANNO DOMINI 1908.
CANONICUS JOANNES ALOYSIUS VAN STEENKISTE.
PASTOR DELANUS B. M. V. EMERITUS ET JUBILARIS DONO DEDIT.
PATRINUS FUIT R : ADM.D.CAN.J :A.VAN STEENKISTE.
MATRINA PRAENOBILIS DOMINA LUDOVICA WERY UXOR LUDOVICI RYELANDT.

*** Joseph, cloche 4
Il s’agit d’une cloche Guillaume Du Mery. Dans l’ensemble, ce fondeur est mal identifié, pour cause de multiples confusions le concernant. Tout du moins, nous pouvons attester qu’il est actif dans une période avoisinant les 1835-1845. Cette cloche est habituellement répertoriée comme datant de 1859. Nous pensons qu’il s’agit d’une lecture erronée. La cloche daterait de 1839. Le chiffre est effacé, donc tout n’est que supposition. Reste qu’en regardant de très près, un 5 ne peut pas se détacher de cette forme. Dans l’ensemble, cette cloche est d’une épigraphie médiocre. Elle possède un rinceau sommital d’angelots, dont l’exécution est moyenne. Ce sont des angelots et de l’acanthe. Le tout manque d’esthétisme et de finesse.

Inscription :
ME ANNO J629 FACERE … M.V. CIVIT BRUG. COMPATICA J8.9 >
SMET CAN PAST AC … CROESER C VAN CALOEN L DESCHIETERE > EODEM
A STEYAERT EJUS … IAC ROELS MATRINA PRAEN DOM JOANNA > DE LO …
VAN … PRAEN D.J. DE GHOES
G DU MERY FECIT

*** La cloche médiévale, cloche 5
Au dessus des quatre cloches de volée se trouve une cloche médiévale.
Elle possède une forme intermédiaire entre la cloche gothique du 15ème siècle et le pain de sucre du 14ème siècle. C’est une belle petite cloche. Elle ne possède aucun décor, si ce n’est une frise de médaillons à l’extrémité haute du cerveau. Ces médaillons sont quasiment illisibles étant donné que c’est vertdegrisé. Absolument aucune date ni inscription ne figure sur cet instrument. Ainsi, nous nous bornerons à dater cet instrument que sur une simple estimation, laquelle doit être bien sûr considérée avec précautions.

Nous allons à présent nous promener dans ce beau clocher.


L'église émerge majestueusement entre les feuillages du parc.


La voici superbe du côté de son entrée principale.


La flèche fait 122 mètres de hauteur.


L'édifice est d'un aspect écrasant.


L'escalier témoigne que d'énormes tirants ont dû être installés afin de stabiliser les lieux.


Grimpons, grimpons... L'ascension est longue.


Environ à la moitié de la tour.


Nous approchons peu à peu le sommet.

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Encore un peu de courage !


Et nous voici enfin dans la salle des cloches.


Tout y est superbement rénové.

La cloche 1

 
La volée de la cloche 1 en solo


Elle est au milieu du beffroi.


Elle pèse 4 tonnes.


Le mouton a été remplacé, il est neuf.


L'estampille du fondeur Antoine Bernard.


La décoration est très sobre. Cela peut se comprendre pour un fondeur essentiellement itinérant.


Le nom du fondeur Antoine Bernard dans la dédicace.


Le rinceau du bas est une pseudo-palmette banale.


En haut, ce sont des angelots jouant de la harpe.


Le décor n'est pas sans défauts. Ici, c'est une croute de bronze.


La date 1719.

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