Le village d'Ainielle (1/3)

Ainielle est le village le plus connu du Sobrepuerto, le village le plus connu de tous les villages abandonnés des Pyrénées espagnoles, voire éventuellement le village abandonné le plus connu de tous, à l’exception de Pripyat et Hashima. En effet, Ainielle fut le lieu pris par Julio Llamazares en 1988, afin de placer un roman. Il s’agit du récit imaginé du dernier habitant d’Ainielle, Andrès de la Casa Sosas. L’ouvrage « La lluvia amarilla », ou bien « La pluie jaune » en version francophone, eut un retentissement énorme.

La casa Sosas n’existe qu’en imagination. Par contre, de nombreux éléments du livre existent vraiment, et il est toujours possible de les voir, si ce n’est que le village est dans un état de dégradation extrêmement avancé, au même niveau que les ruines de Basarán ou Cillas. Les éléments les plus remarquables sont sans conteste l’église et le moulin. Le petit cimetière autour de l’église existe encore, il fait l’objet d’entretiens sporadiques. Le moulin est accessible par un petit chemin situé du côté d’El puerto d’Ainielle (le port d’Ainielle, où les bêtes sont emmenées en pâture). Il est bien balisé et facile. Ce moulin est à voir mais par contre attention, de nombreuses chauve-souris y nichent, il faut les laisser tranquille.

La dernière maison abandonnée d’Ainielle fut la Casa Juan, d’où partirent Angel Azón et Rosalia Azón. Cette maison se reconnait par deux grandes arches, encore visibles à ce jour (2014) mais presque méconnaissables.

Dans l’ensemble, le village d’Ainielle a extrêmement souffert des années d’abandon, il ne reste que des ruines et de nombreux bosquets d’épineux. Dans l’autel de l’église se cache un groupement de livrets, où chacun peut inscrire son témoignage.

En espagnol, le village se prononce "Anniélé", d'où la tendance à faire la faute d'orthographe Agnielle.

 
Le court film d'Eduardo De La Cruz, sur Ainielle.
Très jolie vision des lieux à l'automne, avec en prime Julio Llamazares à Ainielle.


La sente qui démarre de Berbusa est assez facile à parcourir, bien que jamais un seul témoin ne permette de savoir où l'on se trouve réellement dans le Sobrepuerto. Ce sentier est absent des cartes espagnoles.


Le Sobrepuerto c'est ça, une immensité sauvage.


Bien que nous ne soyons pas en automne, les couleurs sont déjà belles.


Les buis deviennent peu à peu tous jaunes.


Quelquefois il arrive de croiser quelques témoignages du passage des hommes.


Tandis que de nombreuses terrasses sont éventrées.


L'arrivée au village se fait discrète, il n'y a pas de signal d'ampleur qui fait dire soudainement : on y est.
Les maisons sont éparses au sein d'une végétation parfois dense.


Nous ferons notre halte de midi au pied de ce bel arbre. Il s'agit de l'ancienne école.


Malheureusement elle ne cesse de se dégrader, en un an elle a perdu plusieurs mètres de son mur du fond.


Le village est majoritairement très fortement ruiné.


Une fenêtre de végétation.


Cette maison, elle est celle des derniers d'Ainielle. Elle a perdu tout son étage en cinq ans. Les ravages sont rapides à ce stade... C'est la maison du protagoniste de La pluie jaune, bien que ça soit imaginaire. C'est la Casa Juan, c'est là où furent les Azón.


L'arche survit comme elle le peut...


Tandis que le reste s'effondre et disparaît dans les décombres.


La nature éventre tout peu à peu.


Il faut se frayer un passage dans les orties.


La rue principale du village.


Colonisation lente, patiente, mais certaine.

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