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Les Petit & Fritsen, fondeurs de cloches


Une cloche Henricus Petit. Photo : Irpa.

 

* Dynastie PETIT, Dynastie FRITSEN, PETIT & FRITSEN

Les PETIT représentent une dynastie de fondeurs de cloches. En tant que telle, cette dynastie a eu une influence très faible sur le patrimoine campanaire belge. En contrepartie, il faut signaler que de cette dynastie sont issus les Petit & Fritsen, qui ont eu une grande influence en Belgique. De cette lignée est aussi issue la fonderie Petit & Gebr. Edelbrock, basée à Gescher en Westphalie. Nous allons explorer cela en détails.

La dynastie des PETIT & FRITSEN comporte :
- Jean-François PETIT, originaire de Montigny-Le-Roi.
- Jean PETIT, fils de Jean-François.
- Joseph I PETIT, fils de Jean-François.
- Alexius I PETIT, fils de Joseph.
- Joseph II PETIT, fils d'Alexius.
- Henri PETIT, fils d'Alexius.
- Everardus PETIT, fils d'Alexius.
- Alexius II PETIT, fils d'Alexius.
- Marie-Aldegonde PETIT, fille d'Alexius, mariée à Izaac FRITSEN.
- Henricus I FRITSEN, petit-fils de Izaac FRITSEN.
- Alexius I FRITSEN, fils de Henricus I.
- Everhardus FRITSEN, frère de Alexius I.
- Henricus II FRITSEN, neveu de Alexius I, fils de Everhardus.
- Hein FRITSEN, fils de Henricus II.
- Frank FRITSEN, fils de Hein.

Montigny-Le-Roi est un ancien nom de commune, n'existant plus aujourd'hui. A la révolution française, l'entité a changé de nom afin de s'appeler Montigny-Source-Meuse. En 1966, le village de Meuse est absorbé. Il y a alors à nouveau un changement, le village s'appelle : Val de Meuse. L'entité se trouve au sud de Breuvannes. Nous ne considérons pas Jean-François PETIT comme faisant partie du grand ensemble de fondeurs du Bassigny. En effet, le Bassigny a eu une influence nulle sur ses productions. Etant orphelin, il est parti très jeune de cette région.

Afin de préciser le propos, les parents de Jean-François PETIT décèdent tandis que l'enfant est encore jeune. Il a trois ans alors que son père décède, 9 ans concernant sa mère. Il est pris sous la tutelle d'Alexius JULLIEN dès 1703, qui le déménage vers la ville de Lier en Belgique. En cette époque, Jean-François apprend le néerlandais. JULLIEN s'occupe de la formation campanaire de l'enfant au cours de nombreuses campagnes partiellement itinérantes. Jean-François PETIT n'est pas connu comme ayant été fondeur en Belgique. De ce fait, sa biographie - bien que relativement connue - ne sera pas développée.

Ce s'ajoutant au déménagement forcé de Jean-François PETIT, il est envisageable de penser que la migration des PETIT, aussi bien vers les Pays-Bas et l’Allemagne, correspond aux périodes de persécution des huguenots. En 1715 et les années suivantes, les troubles religieux sont très importants, ce allié à une détérioration de l’économie.

Nous connaissons de Jean-François PETIT deux enfants fondeurs de cloches.

Jean et Joseph I PETIT, fils de Jean-François, sont initiés au métier dès leur plus jeune âge. Ils mènent des campagnes communes dans les Pays-Bas, la Rhénanie et la Westphalie. Cela se retraduit par un nombre non négligeable de fontes, dont des cloches encore existantes à ce jour. En 1743, une fonderie de cloches à poste fixe est réalisée en Allemagne.

En Belgique, les seuls fondeurs du nom de Petit à avoir été actifs sont Alexius I PETIT et Alexius II PETIT. Autrement concernant les autres fondeurs, la situation nous est moins connue : ils sont entre autres actifs aux Pays-Bas et en Allemagne. Plus loin dans l'histoire (voire dans le développement de la dynastie), Marie-Aldegonde PETIT (Aldegonda Petit) se marie en 1776 avec Izaac FRITSEN, à Eindhoven (NL). Son arrière petit fils, Henricus FRITSEN créera la fonderie PETIT & FRITSEN.

Le prénom Alexius ne provient pas spécifiquement d'une latinisation du prénom Alexis. Il s'agit visiblement de prénoms néerlandophones.

* PETIT Alexius I
Né en 1723 et décédé en 1801 d'après le DFIM, né en 1720 à Someren d'après André Lehr. Il a 14 anfants. En 1745, Alexius PETIT se joint à Jean et Joseph I en vue de la réalisation de campagnes communes, visant les Pays-Bas, essentiellement en Overijssel, la Wesphalie et la Rhénanie. La fonderie d'Aarle-Rixtel est fondée par Alexius I PETIT en 1787. Ce fondeur est connu pour ses échecs en matière de réalisation de carillons, ce qui le pousse à une terrible ruine financière. Entre 1786 et 1790, la famille s'installe à Aarle-Rixtel.

* PETIT Alexius II
Né à Someren en 1765 et décédé en 1843. Il passe une part non négligeable de son existence à Gescher, une ville de Westphalie presque frontalière avec les Pays-Bas. Après quelques campagnes itinérantes, Alexius II PETIT s’occupe essentiellement de l’actif de la fonderie de Gescher. En 1790, il est le premier fondeur à proposer une garantie de quatre ans sur ses cloches. Il s’établit définitivement au sein de cette fonderie en 1806. En décembre 1806, il se marie avec Maria-Theodora-Catharina-Agnes-Elisabeth EDELBROCK, d’où le nom actuel de la fonderie : Petit & Gebrüder Edelbrock. Quelques mois après ce mariage, de nouveaux locaux sont construits, dont un four ayant une capacité de 5 tonnes. La fonderie de Gescher devient dès lors un établissement d’importance majeure.

* PETIT & FRITSEN
Il s'agit d'une fonderie encore active à ce jour, basée à Aarle-Rixtel. Cette firme est très active en Belgique. Leur historique nous est malheureusement assez mal connu.

La fonderie revendique l'héritage de Jean-François PETIT, et mentionne dès lors que ses fondements datent de 1690. Cela en fait la troisième plus ancienne fonderie des Pays-Bas. [A ce titre, nous ne comprenons pas pourquoi la fonderie Petit & Fritsen mentionne parfois 1660]. Au niveau de la fonderie à poste fixe, Alexius I PETIT s'installe à Aarle-Rixtel en 1787 et y implante un établissement, en tous points différent de l'actuel. De ce que nous savons, ses enfants Henricus, Everardus et Alexius II prennent le relai ; Henri sera le dernier fondeur du nom de PETIT. Au décès du dernier des Petit : Henricus I FRITSEN (1784-1875) reprend l'actif de la fonderie. Lorsque la fonderie est sous sa direction, la firme change de nom et s'appelle désormais PETIT & FRITSEN.

Par la suite, l'actif de la fonderie est repris par Alexius FRITSEN (1822-1903), fils de Henricus I. Les cloches ne sont pas forcément signées du nom de la firme, mais le sont régulièrement du fondeur. Il décède sans descendance. La suite de l'actif est reprise par Henricus II FRITSEN, fils de Everhardus FRITSEN. Henricus II FRITSEN est né en 1874 et décédé en 1950. Les premières cloches fondues par ses soins datent de 1899.

Les années noires durant la première guerre mondiale sont assez chaotique, ce d'autant plus que les deux fonderies familiales sont aux Pays-Bas et en Allemagne, ce qui ne manque pas de créer des tensions. Dans la grande grise de 1929, les années sont très difficiles, c'est à la limite de la faillite en 1934. En 1952-53, après la seconde guerre mondiale, la fonderie livre des cloches en Belgique sous le nom de firme Bauwens-Goossens. Depuis 1907, la fonderie est implantée à Klokkengietersstraat n°1 à Aarle-Rixtel. Elle est actuellement dirigée par Frank FRITSEN (né en 1956). La firme PETIT & FRITSEN a livré un nombre magistral de carillons, dont nombreux en Belgique. Les travaux sont de grande qualité.

Bibliographie
- André Lehr, Register van klokkengieters.
- Dictionnaire des facteurs d'instruments de musique en Wallonie, Malou Haine, Nicolas Meeùs.
- Site internet de la fonderie Petit & Fritsen.

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