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Tchorski
Le carillon d'Enghien (1/11)

 


L'église d'Enghien dans le passé.

Ces pages sont un documentaire sur le carillon d'Enghien. Merci à Monsieur le Bourgmestre Olivier Saint-Amand et Madame Anne Deprêter pour le suivi administratif. Grand merci à Messieurs Patrice Poliart pour l'aide à réaliser ce documentaire, Charles Ghilain pour sa précieuse documentation et Christian Haguinet pour son guidage. La moitié des photos a été réalisée par Sandy De Wilde.
Corrections au texte : Patrice Poliart.

Ce document est rédigé en mémoire de Jean Mangelinckx.-

Le carillon d'Enghien

Le carillon d’Enghien se trouve au sommet de la tour, sous la flèche et sous le clocheton. On y accède après un cheminement compliqué dans les combles de l’église.

Il n'est pas évident d'emblée de connaître la composition du carillon d'Enghien. En effet, en tant qu'instrument ancien, si ce n'est très ancien car il aurait été le premier carillon de Belgique, de nombreuses fluctuations ont existé au cours des siècles : destruction, refonte, etc. Nous abordons la question de l’ancienneté de ce carillon avec certaines précautions, vu qu’il a existé d’innombrables voorslag dans diverses parties des Pays-Bas espagnols, sans qu’il ne soit bien précisé si un clavier manuel reliait l’instrument. Notons de plus qu’une représentation médiévale d'un carillon, datant du 13ème siècle, figure un joueur tintant les cloches avec un petit marteau à main. La question reste donc largement ouverte.

La composition du carillon est telle que suivante, selon l'état des recherches actuelles et surtout des travaux bibliographiques de Charles Ghilain :

SITUATION ACTUELLE

* Peter Waghevens, 2 cloches, de 1512. Citées par erreur en diverses littératures et diverses époques comme étant de 1501, 1502, 1513 ou 1521.
* Georges Du Mery, 21 cloches, 1754 et 1756.
* Andreas Van Aerschodt, 1 cloche de 1804.

* Marcel Michiels JR, 27 cloches, 1954 et 1955.

Total : 51 cloches.

SITUATIONS PASSÉES

* Jean Zaman, 1 cloche destinée à l'église en 1456. Il s'agit en réalité de Jan Zeelstman. Disparue.
* Peter Waghevens, plusieurs cloches en 1498. Disparues.
* Peter Waghevens, 2 cloches en 1512. Ces cloches sont présentes.
* Jean Grongnart, 5 cloches (au moins) en 1592 et 1593. Disparues.
* Georges Du Mery fondit 30 cloches en 1756, dont 21 subsistent à ce jour. Trois enlevées (au moins) durant la révolution, quoique le compte juste est probablement quatre.
* Une cloche de Georges Du Mery (1756), hors carillon, est exportée à Madagascar en période moderne.
* Louis-François Regnault, 1 cloche de 1798. Disparue.
* Andreas Van Aerschodt, 1 cloche, de 1804. Cette cloche existe encore, elle est incluse dans les petites cloches du carillon.
* Séverin Van Arschodt, 1 cloche de 1854. Refondue par Michiels.
* Léopold Marqueubreucq, 1 cloche, de 1865. Refondue par Michiels.
* Marcel Michiels SR, 3 cloches, de 1925. Refondues par Marcel Michiels JR. Voir ci-après :
* En 1955, rénovation du carillon, suppression de 10 cloches : 1 cloche Marqueubreucq (1865), 3 cloches Michiels SR (1925), 4 cloches Du Mery (1756), 1 cloche Van Arschodt (1854), 1 cloche Regnault (1798). 17 (ou 19) cloches sont ajoutées par Michiels JR.

Si l'on considère l'ensemble des travaux, ce sont parmi les plus grands fondeurs qui sont passés à Enghien. A l'exception de Marqueubreucq, il n'y a pas de fondeur mineur. La composition actuelle du carillon est :
* Peter Waghevens, les deux plus grosses cloches, sauf la toute plus grosse qui est Du Mery. Elles sont monument historique à titre mobilier.
* Georges Du Mery, les plus petites cloches, la plus grosse, quelques moyennes. Elles sont monument historique à titre mobilier.
* Marcel Michiels JR. Il complète l'ensemble de l'instrument.
* Andreas Van Aerschodt - Van Den Gheyn, présence anecdotique d'une cloche.

La grosse cloche Du Mery

La grosse cloche Du Mery est belle, c’est un fait indéniable. Pour un poids de trois tonnes (2750 kg), elle sonne le Do. Il en ressort que c’est un profil assez lourd. Elle est d’une décoration sobre. Disons que cette décoration n’est pas limitée en quantité, il y a un assez long texte de dédicace, elle est plutôt un peu austère. En effet, il y a peu de figures ou de médaillons, seuls trois éléments de décoration existent :

- Un blason de la ville d’Enghien.
- Un blason de la famille Aremberg.
- Sur le côté et relativement peu visible, un assez petit christ en croix.

Ces deux blasons possèdent encore les hachures et points représentant les couleurs. Cela signifie donc que le travail d’épigraphie a été poussé jusque dans le moindre détail.

Le texte de dédicace est en assez grosses lettres romaines, disposées sur trois lignes. Au dessus se situe un rinceau végétal d’une qualité d’épigraphie excellente. En dessous, un décor baroque avec de la passementerie. Notons que ce dernier comporte des hachures en biais d’une grande finesse.

Fait assez particulier, aussi bien la grosse cloche Du Mery que les deux Waghevens ne possèdent plus d’anses. Ces trois cloches ont été percées au cerveau : la Du Merypossède six points d’attache, les Waghevens quatre. Ce ne sont pas des cloches à tête plate mais simplement des remaniements. Les anses ont été détruites.

Le mode de volée est en rétro-mitigé. Vu le fort équilibrage, cette cloche démarre vite et monte haut. Ca donne un assez gros volume en déplacement, c’est assez impressionnant.


La volée de la grosse cloche, messe des confirmations.

La dédicace de la grosse cloche est inévitablement la plus longue. Seules deux autres cloches ont des dédicaces à contenu variable (listé ci-dessous).

CL1 (DU MERY)
SALVOS FAC DOMINE OMNES AUDIENTES ME. CAROLUS MIHI NOMEN. PATRINUS CAROLUS DEI GRATIA DUX ARENBERGIAE S. R. I.
PRINCEPS, DUX ARSCHOT ET CROY, CIVITATIS TERRAE. AC PATRICIATUS ANGIENSIS DOMINUS, & & &. MATRINA MARIA LUDOVICA MARGARITA COMITISSA A MARCA UXOR EIUS. LUCRO SORTITIONIS HUIUS ECCLESIAE RENOVATA FUI. GEORGIUS DU MERI ME FECIT ANGIAE ANNO MDCCLIIII.

CL5 (DU MERY)
PATRINI NOBILISSIMI COMES AUGUSTINUS DE HOEFNAGHE, TOPARCHA DE SCHUTBOURG-HERLAER, GUBERNATOR CIVITATIS ET TERRAE ANGIAE ET DOMINA MARIA DE LA MARLIERE THORICOURT. LUCRO SORTITIONIS HUIUS ECCLESIAE ME FECIT BRUGIS GEORGIUS DU MERI M DCC LIV.

CL12 (DU MERY)
SUMUS NUMERO VIGINTI QUATUOR LUCRO SORTITIONIS HUIUS ECCLESIA RENOVATAE. FECIT NOS BRUGIS GEORGIUS DU MERY ANNO M DCC LVI.

La biographie de Georges DU MERY

Né à Hoves-Lez-Enghien quelques jours avant le 4 mars 1715, décédé à Bruges le 1er août 1787. Du Mery est un fondeur majeur en Belgique. Sa biographie peut être le sujet de controverses ou de difficultés.

L'orthographe de son nom est variable. Il existe Du Mery, Dumery et Duméry. Ces variantes sont les plus fréquentes, sans qu'il existe réellement de dominante. Les autres variations sont : Du Meri, Du Merri, Du Merye. Il en existe encore bien d'autres, inévitablement. Ces variantes relèvent de fautes d'orthographe. Quant au prénom, on observe Georges, mais aussi la variante néerlandophone : Joris. L'ensemble de ces variantes ne provoque pas de confusions. En effet, Du Mery est un nom suffisamment rare pour que l'on ne se trompe pas avec un autre fondeur.

Certains le font naître à Anvers. C'est inexact. Cela relève de témoignages qui ne sont donnés que parce que ça arrange les gens qui le disent. Du Mery est né à Hoves-Lez-Enghien, parfois orthographié Hooft dans les anciens textes.

Il se marie avec Maria De Hondt, fille d'un fondeur de cloches originaire de 's-Hertogenbosch (Pays-Bas), parfois nommé Bois-le-Duc dans d'anciens documents. C'est probablement cette rencontre qui l'amena à devenir lui-même fondeur de cloches. Il est très probable qu'il effectua son apprentissage en ces lieux.

Par la suite, il s'installe à Anvers, sans que nous sachions à quelle date il déménage. Il habitait alors à la rue au sucre. C'est aujourd'hui Suikerrui dans le plein centre d'Antwerpen. Chose sûre, la ville était extrêmement différente en 1743 (ou approché), mais la cathédrale était déjà bel et bien là.

Le DFIM a une approche fondamentalement différente. Du Mery apprend le métier chez Alexius Jullien à Lier (Belgique). Cela se situerait en 1733. Par la suite, il reprend la fonderie de Guillaume Witlockx à Anvers en 1736. Cette reprise lui lègue le bâtiment de la Suikerrui. Bien que les deux versions puissent être complémentaires, la description du DFIM est fondée. On sait en effet que Witlockx était en ce lieu, et que Du Mery en repris la fonderie.

Il resta peu de temps en cette ville, car plusieurs facteurs réunis le firent déménager à Bruges. En 1741, un violent orage détruisit le carillon de cette ville, il fut appellé, ainsi que son oncle De Hondt, en vue de fondre un nouvel instrument. Les travaux sont conséquents, c'est pourquoi la ville lui propose gratuitement un atelier. Il s'agit aujourd'hui de Hendrik Consciencelaan, à proximité des anciens remparts.

La version du DFIM est toute différente. Il logeait vers la rue du Miroir, aujourd'hui Spiegelrei. Les versions sont peut-être complémentaires... Nous ne le savons pas.

La première fonte du carillon fut un échec, probablement du fait des impuretés ; le vieux métal avait été utilisé. La seconde fonte fut jugée bien meilleure, voire même excellente pour nombreux chroniqueurs de l'époque. C'est à ce titre que la ville de Bruges lui offrit le logement à perpétuité. A partir de ce moment là, les commandes allaient affluer.

Durant sa carrière, il réalisa 370 cloches (en tout cas celles qui nous sont connues), et non seulement des petites cloches de carillon. Certaines avaient des poids magistraux, d'autres existent encore à ce jour.

De Maria De Hondt, il a sept enfants, dont un seul devient fondeur, sans pour autant atteindre la renommée de son père. Il s'agit de Guillaume Du Mery (1745 - 1793). Lui-même aura un fils fondeur : Jacques Du Mery (1773 - 1836). Sauf inventaire complet, il ne leur est pas connu de cloches en Belgique.

D'après Fernand Donnet, il décède le 8 avril 1784 (au lieu du 1er août 1787 fréquemment annoncé).

Du Mery à Enghien

La grosse cloche de l'église étant usée jusqu'à la corde, les marguilliers contactèrent Du Mery afin de faire refondre ce bronze. Elle fut descendue de la tour le 14 août 1754, ce fut un travail prévu de longue date car le 2 mai 1752, les marguilliers en parlaient déjà. Il fallut du temps afin qu'elle soit refondue, probablement celui de la conception des moules. En effet, la refonte a lieu le 18 septembre à 23h00. Cette coulée eut lieu à Enghien, sur les remparts de Sambre, à hauteur de Slangenhuys. Nous n'identifions pas du tout cet endroit, peut-être est-ce à proximité de la rue de Sambre ou du rempart Saint-Joseph. Cette cloche avait un poids approximatif de 300 kg.

Cette cloche eut pour parrain le duc Charles d'Arenberg, qui lui donna le nom de Charles. Elle fut utilisée pour la première fois le 26 octobre 1754.

D'après Julienne Marie Moulinasse : La grosse cloche et une autre qui était cassée furent refondues en 1754, à Enghien même, pour en faire une seule nommée Charles. Il y aurait ainsi eu 2 cloches désaffectées.

Par la suite, Du Mery réalisa d'autres cloches, les quatre cadrans d'horloge ainsi que le tambour. Il fut occupé en diverses tâches jusqu'en 1756. Le tambour pourrait être, selon expertise à venir, une collaboration avec Pierre-Joseph Leblan. D'après Amé Wibail : ce tambour, qui est encore utilisé, est en bronze et du même modèle que celui du beffroi de Bruges, que Duméry a fourni en 1748. Il actionne 80 marteaux, encore en fonctionnement aujourd'hui - si ce n'est que les instruments campanaires (marteaux, tringleries), ont inévitablement été remplacés.

Pour l'ensemble de ces travaux, il fut payé 1000 florins, à l'exception du prix des matières, en sus. Ces travaux comprirent la réalisation de 3 grosses cloches et 27 cloches de carillon.

Le 26 octobre, deux ans pile après la première volée de cloche Du Mery, le carillon est inauguré.

Le tambour

Le tambour a été réalisé, d’après les archives, par Georges Du Mery. Il date d’une période comprise entre 1754 et 1756. Il est assez probable que cette date soit proche de 1756. Il est envisageable que ce tambour ait été conçu par Pierre-Joseph Leblan. Nous n’avons à ce stade pas encore de précisions à ce sujet. Fait assez particulier au niveau tringlerie, les plus grosses cloches sont placées au milieu du tambour et les petites sur les extrémités. Le tout est commandé par une très belle horloge monumentale, dont nous n’identifions pas l’horloger actuellement.

D'après Patrice Poliart : Pierre Joseph LEBLAN est né à Soignies (ou Hoves) en 1711, décédé à Gand en 1765 et enterré à Saint-Bavon (Sint-Baafs, Gent). D'après les archives, il aurait travaillé avec Georges Duméry à l'installation du tambour d'Enghien et au carillon de Bruges. On retrouve son nom gravé sur l'ancien clavier du carillon de Dunkerque. Il aurait aussi réalisé le carillon de l'abbaye de Ghislenghien aujourd'hui complètement disparue. Un grafiti de la main de Leblan existe encore sur un pupitre en bois en la Collégiale Saint-Vincent de Soignies où il fut chantre puis carillonneur. Il fut ensuite carillonneur pendant 2 ans à Furnes, puis à Gand où il terminera sa carrière. Il avait un frère resté à Soignies (en un lieu non connu) qui vendait ses partitions.

Les deux Waghevens

Les deux sont identiques, sauf au contenu du texte. Elles sont d'une décoration très sobre. En effet, elles ne possèdent aucun médaillon, figure, blason, etc. Pour seule décoration, elles ne possèdent qu'un rinceau sommital et un rinceau sous le texte de dédicace. Les anses sont sans cordon ou visage. Bien que de très bonne facture, il est possible de dire qu'il s'agit d'une décoration modeste, ou tout du moins austère serait un meilleur terme.

Cet ensemble de cloches se rapproche en réalité plus d'un travail du 15ème siècle que du 16ème. La date de 1512 nous place évidemment un peu à la jonction. Reste que l'ensemble donne une impression d'ancienne mode. Lors de cette coulée, il est estimé que Peter Waghevens avait 42 - 45 ans. Il n'était donc pas âgé et/ou en fin de carrière. Le profil lui aussi rappelle plus du 15ème siècle que du 16ème. On se rapproche du profil gothique, mais le pain de sucre n'est franchement pas loin.

Il n'est pas déplacé de dire que les deux cloches Waghevens ne furent pas modernes pour leur époque d'installation. Elles ont de fortes consonances avec la mode de 1470 - 1499.

Côté fantaisie et richesse d'ornementation, ces deux cloches sont en deçà des travaux des contemporains, que ce soit Peter I Van Den Ghein, Willem Moer, Georges et Jacob Waghevens (un tout petit peu plus tard).

Le texte de dédicace est en textura quadrata. Cette dédicace est de très bonne facture, le soin est indéniable. Il est assez intéressant de voir que c'est en quadrata, car les Waghevens utilisaient souvent une onciale, même pour des périodes postérieures à 1500 - c'est très visible sur les travaux de Medardus Waghevens.

En 1958, une cloche fêlée est transportée en Allemagne afin d’être ressoudée. Nous n’avons pas vu le résultat de ces travaux sur place. Nous pensons qu’il s’agit de la plus petite des deux Waghevens, assez difficile à atteindre (en hauteur).

Ces deux cloches sont rares (si ce n'est très rares), en bon état de conservation et en usage. A plus d'un titre, elles méritent d'être classées monument historique mobilier.

Les textes de dédicace sont les suivants :

CL2 (WAGHEVENS)
PHILIPS ES MYNE NAME MY GHELVYT SY GODE BEQVAME ALSO VERE MEN MY HOORE SAL VVILT GOD BEVVARE OVER AL PETER VVAGHEVENS GOOT MY TE MECHELE BINNE LOF HEB GOD VVT RECHTER MINE INT JAER M CCCCC X II.

CL3 (WAGHEVENS)
JOHANES IS MY DEN NAAM GHEGEVEN ALS MEN MCCCCC VANT BESCREVEN ENDE XII JAER NAR ONS HEEREN DOOT TVVAS PETER VVAGHEVENS DIE MY TE MECHELEN GOOT GOD STHA ONS BY IN ALDER NOOT.

Evidemment, il est dommage que de la peinture ait coulé sur la panse. Elles traversent les âges jusqu'en 1980, pour finir dégradées en notre période moderne. C'est triste (de plus) de dire que c'est une atteinte récurrente en clochers...

Le carillon

Le carillon est assez difficile à atteindre, vu qu’il se situe en hauteur. Il faut passer sur de frêles échelles de meunier, puis sur des poutres. De ce fait, les photos sont inévitablement un peu incomplètes. Ce carillon comporte des cloches de fondeurs variés.

- des Marcel Michiels JR, datant de 1954 et 1955. Elles sont assez faciles à reconnaître vu qu’elles sont toutes à tête plate.

- des Georges Du Mery, datant de 1754 et 1756. Elles possèdent des anses et sont dans l’ensemble les plus petites du carillon. Elles possèdent pour certaines un décor de passementerie identique à la grosse cloche, et le texte invariable ou presque : GEORGIUS DU MERY ME FECIT BRUGIS.

- une cloche Andreas Van Aerschodt, datant de 1804. Elle est signée Van den Gheyn. Cela correspond au début de carrière d’Andreas van Aerschodt, où il signait Van Den Gheyn – Van Aerschodt afin de profiter de la notoriété de ses ancêtres.

Le carillon est équipé d’une tringlerie manuelle (reliée au clavier) et de marteaux liés au tambour, pour les ritournelles. Les marteaux sont souvent doublés, parfois triplés, afin de pouvoir jouer des notes rapprochées.

Les biographies des autres fondeurs sont disponibles ci-dessous (Michiels et Waghevens). Il peut apparaître étrange de donner la biographie de Léopold Marquebreucq ici ausi-si, vu qu’aucune cloche de lui n’est présente à ce jour. En réalité, c’est un fondeur très peu prolixe et dont il ne reste plus de cloche présente à ce jour (sauf surprise d’inventaire). De ce fait, nous estimons qu’Enghien fut une pierre majeure dans sa courte carrière de fondeur.

La biographie de Marcel Michiels : Lien.
La biographie de Peter Waghevens : Lien.

La biographie de Léopold MARQUEBREUCQ

Il et un fondeur belge ayant réalisé un nombre mineur de cloches. Non fils de fondeur de cloches.
Lieu et date de naissance inconnus, décédé à Deux-Acren le 11 août 1869. Cette petite ville se situe à quelques pas au nord de Lessines. Nous pensons qu'il est né le 9 septembre 1807 à Deux-Acren, un vague acte de naissance existe, mais nous ne pouvons
affirmer que c'est bien lui car il est mentionné comme cultivateur par la suite. Malgré tout, Marquebreucq est un nom rare et Deux-Acren un petit village. Il aurait vécu 62 ans.

Il est initié à la fonte des cloches par Vital Drouot, en octobre 1849, lors de la coulée d'une cloche à Deux-Acren. Léopold se sera probablement pris de passion pour le métier. Il est présent à l'exposition de Mons en 1851.

Les cloches qui lui sont connues sont : Hoves (1856), Molenbaix (1860), Estinnes (1860), Rebaix (1862), Lens (1863), Enghien (1863), Sint-Genesius-Rode (1864), Petit-Enghien (1866), Ollignies (1867), Dour (1868), Ogy (1872), Petit-Roeulx-lez-Nivelles (1872).

Les campagnes s'étalent donc de 1856 à 1872. Vu nos connaissances très partielles de ce fondeur, il en manque probablement de nombreuses. Il a principalement rayonné dans un environnement proche, voire très proche, de chez lui. Il est quasiment exclusivement en région wallonne. Il ne lui est connu aucune cloche en France. La cloche du carillon d'Enghien a été refondue par Michiels en 1955. Elle était (aurait été) la plus facile à voir de la série de ses réalisations, c'est dommage...

Conformément à la tradition campanaire de certains des Drouot, les cloches de Marquebreucq sont toutes à tête plate. Sur les faussures, il figure une superbe estampille : Léopold Marquebreucq, fonderie de Deux-Acren, le tout dans un liseré de laurier. Ce sont des travaux soignés. Sans voir l'estampille, il existe un risque 'énorme' de confondre avec des Vital ou Charles Drouot, les rinceaux sont typiques et identiques. L'estampille semble être d'une utilisation systématique chez Marquebreucq. Assez étrangement, il semblerait qu'il figure toujours en dessous le mot "breveté". Serait-ce l'utilisation de la tête plate ? Ce serait étonnant, mais qui sait...

A son décès, son fils Gustave Marquebreucq reprend les travaux de fonderie, à laquelle il travaillera jusqu'en 1889. Nous ne lui connaissons pas de travaux.

Nous allons à présent visiter le carillon.


Voici l’église Saint-Nicolas, en plein centre du vieux Enghien.


La nef de cette église. On pourrait dire la nef principale, tant le volume est remanié à diverses reprises.
Le bâtiment est large et complexe.


Le chœur.


De belles sculptures existent au pied de la chaire de vérité.


Nous allons monter au carillon, par le biais de cet escalier en pierre. Il est très usé, c’est splendide car on
se dit que bien du monde est passé par là, dont Waghevens et Du Mery.


Par contre, il ne faut pas s’attendre à trouver le carillon immédiatement.


Car le cheminement est véritablement compliqué !


Il faut passer par un dédale de combles et d’échelles de meuniers.


Dans le comble de la nef principale.


Les charpentes sont magnifiques.


Une poutre a été recoupée afin de laisser place à un fort grand sonneur de cloches !


Allez, commençons la véritable ascension !


Les échelles se suivent et s’ensuivent.

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