--------------------------------------
Tchorski
Le carillon de Verviers (1/2)


L'église des Récollets dans le passé.

Cette page est un documentaire sur le carillon de l’église des Récollets, situé à Verviers. Ces photos ont été réalisées lors des festivités du 75ème anniversaire du carillon, le 28 octobre 2012. Hormis le carillon, une assez large part de ce reportage concerne une coulée de cloche, réalisée le même jour par Thibaut Boudart. Cette cloche a été coulée au pied de l’église, comme le faisaient les fondeurs itinérants de l’époque. Un tout grand merci à Marie-Madeleine Thonard-Crickboom pour son accueil. Merci aussi à Fabrice Renard, carillonneur, et Thibaut Boudart, fondeur.
Corrections et nombreux ajouts au texte : Marie-Madeleine Thonard-Crickboom.

A l’origine, l’église des Récollets possédait un carillon de 36 cloches. Il fut fondu par le lovaniste Félix Van Aerschodt. D’installation assez tardive dans le clocher, il fut implanté en 1901. Pour ce faire, l’église a subi un certain nombre d’adaptations, dont une modification profonde de la structure de la flèche, afin de laisser place au carillon. Il n’y avait pas d’abat-son pour le premier carillon, il existe des photos de l’église avec le carillon apparent dans les ouvertures que l’on voit sur la carte postale ancienne du haut de cette page.

Très rapidement, des contestations naissent quant à la qualité de l’instrument. Malgré des cloches défectueuses remplacées en 1902, l’instrument est toujours aussi médiocre. Provoquant un certain désintérêt de la part des carillonneurs, l’instrument est quasiment relégué aux oubliettes et reste uniquement tinté sur des ritournelles automatiques. (*) Ces informations proviennent de l’article de Marie-Madeleine Thonnard-Crickboom, bulletin campanaire n°72 de l’ACW. Les informations sont en provenance de Serge Joris, sur base d’une fiche réalisée par Jef Rottiers et d’un article de la revue locale « Temps Jadis ». Cet article a été rédigé par Paulette Poumay-Barbière aussi sur base de document de la Fabrique d’Eglise.

En 1937, Marcel Michiels Jr, fondeur émérite de Tournai, refond le carillon Van Aerschodt et étend l’instrument à 40 cloches. C’est en toute fin d’année 1937 que l’instrument sera inauguré. Ce carillon possède un poids de 3077 kg de bronze, c’est un petit carillon. Il est étendu du Lab(3), Sib(3), Do(4) et chromatique jusqu’au Do#(7). Il est couplé à un clavier manuel Michiels non standardisé et à un tambour Michiels Sr. Ce tambour est assez conséquent. Il n’est plus utilisé à ce jour mais en cas de rénovation du moteur d’entrainement, il pourrait l’être car son état est bon. Une étude de sa remise en service est en cours auprès d'un spécialiste de Malmédy. Pour l’instant, les ritournelles sont sonnées sur un automatisme Clock O Matic.

Le temps passe et en 1999, l’ACW déclare l’instrument dans un état catastrophique, notamment et surtout la tringlerie, les abrégés et le clavier. Une restauration sera effectuée par des bénévoles (Thibaut Boudart et Jean-Christophe Michallek), qui en 2005 remettront l’instrument dans un état global bon, voire très bon. La tringlerie est totalement remplacée. Les ritournelles sont sonnées sur des marteaux extérieurs tandis que le clavier est relié à des battants intérieurs. De ce fait, le carillon est à battant tiré.

Aujourd’hui, la structuration du carillon est relativement peu modifiée par rapport à la situation de 1937. Les fermes sont les mêmes. Les cloches sont disposées sur 6 poutres. La disposition est : 26 cloches sur 4 poutres, 2 autres fermes portent les 4 grosses cloches et 2 poutrelles métalliques portent les 10 petites cloches. En 2010, les 10 petites cloches ont été démontées pour être traitées à l’acide citrique dilué dans de l’eau. L’ensemble du carillon se trouve au dessus de la cabine du carillonneur, occupant un vaste espace dans la flèche. Le tambour se trouve près du clavier.

Sous le clavier se trouvent quatre cloches de volée. Ce sont des Hippolyte Causard de 1867. Fait tout à fait spécifique, elles proviennent de la fonderie de Moulins. Elles sont montées en rétrograde pour certaines et en rétro-mitigé pour d’autres. Etrange… Elles sont fonctionnelles.

Marie-Madeleine Thonard-Crickboom nous ajoute : la plus petite des cloches provient de la refonte de 2 cloches plus anciennes pendues dans un clocheton au dessus de la nef. Celle-ci fut incendiée en 1861 et les cloches sont tombées. L’une provenait de l’église d’Ensival et l’autre du carillon du couvent des Croisiers à Liège. Ce carillon a été démantibulé suite à la révolution française, puis installé à l’hôtel de ville de Verviers. Il n’a jamais bien fonctionné à cet endroit, il a été démantelé et l’une de ces cloches est arrivée dans le fameux clocheton. Cette petite cloche de volée s’appelle « Augustine » parce que l’ordre religieux des Croisiers étaient des augustins, elle comporte le récit de l’incendie de 1861. L’autre cloche qui porte l’effigie de Notre-Dame des Récollets est dédié à Saint-François d’Assise, en effet les Récollets, c’est un ordre franciscain.

 
A Whiter Shade Of Pale - Procol Harum

Des concerts de carillon sont très régulièrement donnés. Les co-titulaires sont Marie-Madeleine Thonard-Crickboom et Gauthier Bernard. Fabrice Renard était un invité de marque !

D’autres vidéo de Fabrice Renard au carillon sont disponibles sur chacune des petites images.

Ainsi, je vous invite à un voyage dans le monde des cloches, un reportage assez sympathique réalisé lors de l’anniversaire du carillon. En premier lieu, nous passerons en revue la coulée de cloche par Thibaut Boudart, ensuite nous explorerons le carillon.


L'église des Récollets. Le carillon est dans la flèche.

La coulée de la cloche


Le public est bien présent.


Thibaut montre la fausse cloche à côté de la chape.


La chape.


Le lieu de coulée.


Les outils sont prêts.


Le caisson a été rempli de sable, bien damé. Cela évite que la chape ne se soulève lors de la coulée.


Le four itinérant.


La coulée de la cloche


On remet le creuset en place.


Le bassin est encore fumant.


Mais le métal a déjà fait son retrait.


Le caisson dans lequel sera coulé le battant.


Le battant après coulée.

Le carillon


Voici l'église vue depuis le jubé.


Nous montons peu à peu au carillon.


Nous y voici !

SUITE >