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Tchorski
Les cloches de Jouy (1/2)

 

Cette page est un documentaire sur la cloche de l’église de Jouy (28, Eure & Loir). Merci à Monsieur le Maire Christian Paul-Loubière pour l’autorisation d’accès au clocher. Merci aussi à Mme Flora Brière-Lecomte et M. Patrice Remy pour le suivi du dossier. L’église de Jouy comporte deux cloches, une cloche assez massive de 1811 en clocher, une petite cloche d’heure placée en toiture. Nous parlons de ‘la’ cloche de Jouy étant donné que nous n’avons pratiquement pas pu documenter la cloche d’heure, ce qui est compréhensible ! La moitié des photos a été réalisée par Nicolas Duseigne.

La cloche de Jouy se trouve au sommet d’un clocher ardoisé. La base de ce clocher est massive. Cette cloche est placée dans un beffroi campanaire qui mérite franchement le coup d’œil. En effet, l’une des poutres possède une gravure du charpentier ; quelques photos en témoigneront. Cette cloche est de très belle facture. Elle est en lancer franc. Elle sonne le Mi(1). Elle est en profil lourd, quasiment en ultra lourd. C’est une chose assez étonnante pour la région, qui est habituellement plutôt en profil moyen. Pour la note et pour un profil lourd, nous estimons que cette cloche doit avoir un poids approximatif de 1400 kg.

Cet instrument date de 1811, c’est l’œuvre d’un certain Jacques Cigvret ou Jacques Ciguret. Le V-U, identique (c'est-à-dire V) ne permet pas de différencier. La dédicace, présente au cerveau, est la suivante :

L'AN 1811 J'AI ETE BENIE PAR M VICTOR FELIX GVYOT CVRE DE IOVY ET NOMMEE PIERRE MARIE PAR MR ARMAND PIERRE /// LE NOIR DE IOVY ET PAR MADAME FRANCOISE MARIE CHARLOTTE BAILLY GRANDET DE LA VILLETTE /// MAIRE EUSTACHE QVETIN ADT IEAN BTE LAGNIER TRESORIER ALEXIS BOVCHE LAVRENT FONDEVR MGRS GVILLAVME BERTHELOT /// M IACQVES BOSSELET IEAN BLE BINVILLE CRS ///
L B IACQVES CIGVRET

Malgré des recherches assez poussées, ce fondeur nous est totalement inconnu. Nous avons cherché en Refond sur tous les Jacques et toutes les variations d’orthographe imaginables. C’est une chose étonnante pour une cloche de cette date d’avoir un fondeur non identifié. Pourtant, autant la date que le nom du fondeur sont indiscutables, le tout est parfaitement clair. De plus, la cloche a un profil concordant ainsi qu’une épigraphie représentative des travaux de l’époque… Il s’agira donc d’un étonnant mystère.

Les harmoniques de cette cloche sont les suivantes :
Analyse /// Hum : 159 Hz - Prime : 332 Hz - Tierce : 378 Hz - Quint : 493 Hz - Nominal : 630 Hz - Superquint : 953 Hz - Oct Nom : 1314 Hz.
Nb d'harmoniques détectées : 20. Note au piano : Mi.
Si l'on compare la fondamentale à l'octave nominale : E(1)+15 et E(3)-5, c'est une cloche qui possède une note assez franche. Le son est ample, riche, juste et beau. C’est un très bel instrument.

Vous pouvez écouter une mise en volée ci-dessous. C’est une volée partielle étant donné qu’elle fut manuelle. En effet, nous n’avons pas trouvé le boîtier de commande. Cela permet tout de même de prendre connaissance de la jolie sonorité.


Voici l'église de Jouy, elle a une tour massive qui ressemble à une tour bastion.


L'intérieur est tout à fait charmant.


Elle est à voute à berceau, comme bon nombre d'églises du secteur.


Vers le porche.


Nous allons grimper un escalier séculaire, en pierre de grès.


Les murs sont en silex, cette pierre qu'on trouve à foison dans les marnières de Jouy et Saint-Prest.


Ce clocher est splendide.


Il est même exceptionnel.


Durant de longues minutes, j'ai chanté : mais quelle est belle cette échelle...
Il faut dire qu'on n'a pas été très rassurés d'y être !!


Le sommet de l'échelle. Ouf !


Voici la belle cloche.


Elle possède un petit mouton pour alléger le lancé franc.


La pince est bien typique des cloches françaises, avec un angle fort marqué.


Vue d'ensemble de l'autre côté.


Bien que nécessitant un peu de lévitation pour lire... la dédicace est assez claire.


Témoin d'une certaine époque, tous les U sont des V et les J des I.


Du coup, JOUY est marqué IOVY.


La couronne et les tirants.


La pince.


La signature du fondeur : L B IACQVES CIGVRET. Il n'est pas possible de déterminer s'il s'agit de
Cigvret ou Ciguret, mais vu la région, cela serait probablement Ciguret.


Ce fondeur nous est tout à fait inconnu.


La bélière a subi d'assez lourdes modifications et un tournage avec ajout d'oméga. Le baudrier est très usagé.


Le battant, de la forme de chasse des lancés francs.


Le volant a été remplacé récemment.

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