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Tchorski
Les Chevresson, fondeurs de cloches
(Une biographie de Nicolas 1, Joseph et Nicolas 2 Chevresson)

 


Une cloche Chevresson. Photo : Irpa.

Il n'est pas aisé d'établir une biographie des Chevresson. Ils portent souvent les mêmes prénoms. De nombreuses confusions existent, auxquelles d'ailleurs nous aurons peine à apporter des réponses. Nous y reviendrons souvent.

Si quelques productions des Chevresson se trouvent éparses au travers de la France, une large part est réalisée en Belgique. Certains Chevresson s'y installent, ou en tout cas a priori y décèdent. Nous étudierons principalement la partie belge de leurs réalisations. Au travers de ce document, nous détaillerons les brèves biographies de Nicolas 1er Chevresson et Joseph Chevresson, tous deux frères, Nicolas II, le fils ou neveu de Joseph et un Joseph-Nicolas, inconnu au bataillon.

Nous excluons d'office Jean-Baptiste Chevresson de Blévaincourt, actuellement très peu connu en Belgique, une cloche à Anlier avec Cochois et éventuellement une à Bouillon.

En matière de confusions concernant les Chevresson : on trouve un Joseph, deux Nicolas, un Joseph-Nicolas, mentionnés comme fondeurs par Ronot. A cela s'ajoute une foule d'homonymes. Il est très malaisé de savoir à combien de fondeurs nous avons affaire. Dans bien des cas, nous devrons avouer ignorer beaucoup.

La biographie des Chevresson est très étroitement liée à celle de Claude Deforest et des frères et fils Simon. Un indispensable document complémentaire à ce sujet existe ici. Le Chevresson que nous étudions ci-dessous sont originaires du village d'Illoud, hameau du Bassigny, au même titre que les autres fondeurs que nous venons de citer. Les productions avec Deforest et Simon sont listées dans le documentaire les concernant, autrement ce serait trop redondant.

CHEVRESSON Nicolas 1
Date de naissance et décès sont inconnus.
Serait connu comme fondeur de cloches à Illoud en 1719, 1722, 1725, en collaboration avec Joseph Chevresson.

Il lui est [ serait, en fait ] connu une période où il habite à Naives-En-Blois, ce d'après Henry Ronot. La durée n'est pas précisée. Il nous semble que cela relève d'une erreur d'homonyme et nous pensons que cette localisation n'est pas fondée. En effet, il y a eu une famille complète de Chevresson au sud-ouest de Commercy, ces derniers n'auraient aucun lien avec nos fondeurs.

Le 11 janvier 1718, il se marie avec Marguerite Julliot et a une fille : Marguerite Chevresson. Cette dernière se marie le 26 janvier 1751 avec Joseph Simon. Les Julliot étaient une famille très influente à Illoud.

CHEVRESSON Joseph
Date de naissance et décès inconnus.
Le 22 novembre 1724, il se marie avec Anne Julliot et a une fille : Elisabeth Chevresson. Cette dernière serait née le 06 octobre 1733. Une seconde, homonyme, est née le 13 juillet 1735, une troisième, homonyme, est née le 2 octobre 1736. Tout ça à Illoud, hameau de 300 habitants !! Elisabeth se marie le 18 février 1760 avec Claude Deforest.

Le centre généalogique de Haute-Marne relève la naissance d'un second Joseph Chevresson le 12 septembre 1730. Cela se situe bien à Illoud mais c'est un homonyme, la date de naissance étant beaucoup trop tardive. Une seule conclusion : mais qu'est-ce qu'ils ont à tous s'appeler pareil !!!

Les deux fondeurs Joseph et Nicolas se révèlent être des itinérants. Tout laisse à penser qu'ils n'ont pas d'atelier fixe. Il est donc très difficile d'établir une démarcation quant au moment précis où ils quittent le Bassigny. Il est possible de dire que ce fut graduel et fortuit.

Leur cheminement ne suit pas le schéma habituel des fondeurs itinérants du Bassigny. Assez souvent, les fondeurs partaient en campagne, à la recherche de commandes à exécuter. Ils laissaient femme et enfant(s) sur place. De retour en Bassigny, ils étaient accueillis comme des héros. C'étaient souvent les familles les plus riches du village. En hiver, ils s'occupaient de travaux en principe plus simples : agricoles, bâtiment, etc. Comment se fait-il donc que les Chevresson s'expatrient ? Qu'est-il advenu de la famille, a-t-elle suivi ? Nous n'en avons aucune idée, ce d'autant plus que nous ne sommes même pas certains que nos fondeurs sont inhumés en Belgique. Ces données sont régulièrement annoncées en littérature, mais où et sur quelle base ?

CHEVRESSON Nicolas 2
Date de naissance et décès inconnus. Selon le centre généalogique de Haute-Marne, nous relevons un acte de naissance d'un Nicolas second, le 8 octobre 1726 et un troisième le 8 mars 1740, tout ça encore à Illoud... Cette personne serait, d'après Jean-Pierre Félix, le fils ou neveu de Joseph.
Il aurait été actif en Belgique aux alentours de 1779.

CHEVRESSON Joseph-Nicolas
Ber
thelé se pose la question à savoir si Joseph-Nicolas est un surnom pour Nicolas 2. Si Joseph-Nicolas Chevresson est ce même individu, il est alors actif à Illoud en 1754. Il est aussi clairement envisageable d'avancer que les documents mentionnant Joseph-Nicolas peuvent simplement nommer les deux frères Joseph et Nicolas, ce n'est rien d'évident... Pour compliquer encore, nous relevons l'acte de naissance d'un Joseph-Nicolas le 7 septembre 1735, et un Nicolas-Joseph le 6 octobre 1732. Au secours !!
Cette personne pourrait être le gendre de Jean-Baptiste Henriot, fondeur de cloches à Clinchamps.

Donc en conclusion, si vous vous y retrouvez, vous êtes très fort. Vous comprenez pourquoi les campanologues rechignent à étudier ces fondeurs !


Une vue d'Illoud. Photo : Google.

Les Chevresson ne sont pas des fondeurs majeurs mais profitent en Belgique d'une très bonne réputation. Dans les listes RECIB, certaines cloches sont identifiées (prénom), d'autres non. C'est si compliqué que nous présentons l'ensemble dans un tout.

En France, il leur est connu des cloches à : Voillecomte (1769) ; Essey-Et-Maizerais (1772) ; Nepvant (1789) ; Neuvilly En Argonne (1787) ; Varennes en Argonne (1765, 4 cloches) ; Buhl-Lorraine (1778) ; eincheville (1778) ; Niederstinzel (1778) ; Bouchain (1719) ; Bischtroff sur Sarre (1778) ; Sarrewerden (1778) ; Amagne (1766) ; La Besace (1747) ; Les Grandes Armoises (1788) ; Mairy (1758) ; Mouron (1772) ; Savigny-Sur-Aisne (1773).

En Belgique, le RECIB leur connaît des cloches à : Antoing (1718) ; Berzée (1717) ; Bonlez (1768) ; Bouffioulx (1764) ; Bouillon (1824 ??) ; Bruxelles (1744, 3 cloches) ; Charleroi (1760) ; Dadizele (1715) ; Dampremy (1798) ; Dour (1771) ; Eizeringen (1749) ; Enines (1762) ; Florennes (1765) ; Fontaine l’Evêque (1778) ; Gosselies (1777) ; Grand-Leez (1764) ; Grimbergen (1728) ; Hyon-lez-Mons (1760) ; Ittre (1764) ; Jumet (1772) ; Kerniel (1780) ; Laeken (1728) ; Lambusart (1782) ; Leuze (1743) ; Loupoigne (1753) ; Loupoigne (1766) ; Mainvault (1738) ; Mainvault (1771) ; Mévergnies (1718) ; Mons (1760) ; Mont-Sainte-Aldegonde (1779) ; Petit-Hallet (1762) ; Petit-Roeulx-lez-Braine (1789) ; Rebaix (1779) ; Saint-Ghislain (1750) ; Saint-Remy-Geest (1774) ; Sombreffe (1739) ; Tarcienne (1739) ; Thorembais-Saint-Trond (1768) ; Villers-Perwin (1753) ; Walhain-Saint-Paul (1756) ; Wisbecq (1727).

Il en ressort que les Chevresson sont des fondeurs emblématiques du 18ème siècle. C'est une période réputée catastrophique pour la qualité, pourtant leur cloches sont formidables, ce surtout vu les techniques de l'époque de coulée en plein air. Bref, il faut le faire... Ce qui n'est pas mentionné, c'est que Jean-Baptiste Chevresson (pour rappel exclu de cette étude) est majoritairement placé en début du 19ème siècle. Fidèle collaborateur de Cochois, il pourrait être le fondeur de la cloche de Bouillon, mais nous ne pouvons l'affirmer sans voir l'instrument.

Sur les cloches de Varenne-En-Argonne, il est mentionné en plus du nom Chevresson : fondeur ducal à Bourmont. Ce village est le gros bourg situé à côté d'Illoud. Il nous semble que cela mentionne le Bassigny ducal, du diocèse de Toul et du Duché de Bar. Le chef lieu de bailliage était La Mothe puis fut passé à Bourmont. Cela n'a rien à voir avec un titre de noblesse touchant les Chevresson.

Bibliographie
-Dictionnaire des facteurs d'instruments de musique en Wallonie, Malou Haine, Nicolas Meeùs.
-Dictionnaire des fondeurs de cloches du Bassigny, Henry Ronot.
-Base de données de l'IRPA reprenant le fonds De Beer.
-Cloches et carillon de l'abbaye puis paroisse St-Jacques sur Coudenberg, Jean-Pierre Félix, BC2011/3-n°67.
-Centre généalogique de la Haute-Marne.

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