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Tchorski
Le carillon ambulant de Douai (1/3)

 

Lors d’un grand festival de carillon, appelé les Carillonnades, s’étant déroulé à Saint-Amand les Eaux en août 2012, nous avons eu l’occasion de faire une rencontre avec le carillon ambulant de Douai. En effet, ce dernier était présent, plusieurs concerts ont été donnés, dont Charles Dairay et Gilles Lerouge, deux carillonneurs de Saint-Amand les Eaux. Dans cette page, nous donnons quelques photographies de ce carillon. Elles ne sont pas d’un grand esthétisme étant donné que cette rencontre était impromptue. En contrepartie, nous en profitons pour dresser une petite fiche technique de l’instrument. Il est assez bien connu, de ce fait cette fiche n’est pas d’une grande utilité. Il s’agit donc d’une description parmi d’autres. Le carillon rénové en Petit & Fritsen nécessite une campagne photographique, avis aux amateurs.

Les carillonnades, un grand et super chouette festival, a été organisé grâce aux concours de nombreuses personnes, dont en fil directeur : la mairie de Saint-Amand les Eaux. Nous remercions vivement Charles Dairay pour son enthousiasme, Marianne Grevet et Catherine Mierral de la ville de Saint-Amand. Mes vifs remerciements vont aussi à Richard Wleklinski, gestionnaire du carillon ambulant.

En tant qu’organisateur, si vous souhaitez commander un passage du carillon ambulant de Douai, vous pouvez contacter l’Arpac.

Trouver des informations au sujet du carillon ambulant de Douai n’est pas quelque chose de très difficile. En effet, l’instrument est bien connu et richement documenté. En contrepartie, il nécessite à ce jour une campagne photographique, afin d’être mis en valeur. Si jamais cela vous intéresse, n’hésitez pas à vous mettre en contact avec l’Arpac, vous serez chaleureusement accueilli !

Pour être juste, il faudrait dire qu’il y a eu deux carillons ambulants. Un premier fut construit durant l’année 1981, avec une supervision technique et musicale de Jacques Lannoy. C’était un carillon Paccard, monté dans une remorque autonome. Ce carillon possédait 50 cloches pour un poids de 3468 kg de bronze. C’est déjà du fort conséquent pour du carillon ambulant. En 1989, il y eut l’ajout d'un bourdon de 545 kg, amenant donc l’instrument à 3468 kg. Cet instrument a été utilisé durant 23 ans. D’après le site de l’Arpac, il a servi pour 2468 représentations. C’est plus que très honorable ! Au terme de ces voyages, l’instrument se retrouve fragilisé. Une restauration majeure de la charpente métallique s'impose. Une décision est ainsi prise de réformer le carillon en grande profondeur. Les cloches seront vendues à la ville de Dordrecht où pour une triste raison non identifiée, ce carillon dort dans un coin, sans qu’aucun projet de réaffectation ne nous soit connu.

En 2004, c’est vers la firme hollandaise Petit & Fritsen que les commanditaires se tournent. Il sera constitué un carillon augmenté en poids et en nombre : 53 cloches pour 4045 kg. Fait assez original dans le tout petit univers des carillons ambulants, les trois plus grosses cloches sont actionnables en volée. Lors de cet actionnement, qui est manuel, le camion tangue un peu. De ce fait, l’actionnement n’est pas libre, mais réalisé par le gestionnaire du carillon. Le sonneur met les cloches en volée lentement. L’Arpac décrit que lors de ces mises en volée, une masse de 1320 kg est mise en oscillation. D’après nos renseignements, il n’existe pas d’autre carillon ambulant possédant cette spécificité.

La plus petite cloche pèse 4,5 kg (do8) et la plus lourde 669 kg (sol3).

Les cloches sont décorées selon la technique de la cire perdue (très classique dans l'univers campanaire). Notons que pour un carillon, il pourrait s’agir de cloches nues. Il y a donc un souci d’esthétisme. Les plus grosses cloches possèdent en plus des rinceaux, un blason de taille assez conséquente. Les décorations ont été créées par Florence Heral, artiste douaisienne, et le matriçage a été effectué par Petit & Fritsen, sur cire rouge, puis prise de négatif sur plâtre, puis positif reproduit. Les plus grosses cloches ont un décor conséquent tandis que les plus petites sont nues. Le montage est effectué dans une armature en acier peinte en bleu, laquée, et forme des vaguelettes. Ce choix esthétique a été fait afin de casser le rythme visuel et ainsi créer un instrument globalement complexe. Cela donne très bien !

D’un point de vue technique, il a été constitué le plus performant possible pour presque tout l’ensemble du carillon. Les cloches les plus grosses sont sur abrégés. En medium, les bâtons sont reliés à une tringlerie toute neuve, directement sur battant. C’est un système à battant tiré. Pour les plus petites cloches, le système est à poulie. Il a été choisi, pour des questions d’esthétisme et de bonne vision pour le public, de placer le joueur à l’arrière du véhicule. D’autres carillons voient leur clavier se trouver sur le côté de la structure. Dans un ordre d’idée relativement similaire, il a été choisi de ne pas différencier le carillon du véhicule (pas de remorque) et donc l’ensemble forme un tout indissociable. Le fait que le camion soit d’un seul tenant entraine que le carillon n’est pas ‘seul’ en concert, il y a la présence de la cabine, des roues, etc… Ce système possède tout autant ses détracteurs que ses admirateurs.

Aujourd’hui, le carillon ambulant est toujours géré par l’Arpac. La personne de contact est Richard Wleklinski.

Bibliographie
-Site internet de l'Arpac.
-Brochure de l'Arpac : carillon ambulant, Douai, Région Nord-Pas-De-Calais.


L’instrument en vue d’ensemble : le camion.


La coque contenant les cloches et un géant, une autre spécialité de Douai, à ce titre une passion
de Richard Wleklinski. Le géant s'appelle P'tit Jehan.


Une vue sur le clavier, à l’arrière du véhicule.


Le clavier. Le vert lui va très bien, ça donne une teinte chaleureuse.


Le pédalier et la tringlerie.


Une vue d’ensemble de l’escalier de cloches.


On y devine les battants tirés, avec des boules en fer forgé et des retours à ressorts.


Un tout premier rinceau végétal : gingko biloba, érable et olivier.


Les cloches sont imbriquées afin d’optimiser au mieux le placement.


Le joug d’une cloche de volée. On y voit la corde.


La décoration est nettement plus complexe, et reprend des thèmes végétaux de plantes entremêlées.


Une vue détaillée du blason.

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