Tchorski
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Les ardoisières de Maurienne (1/3)

Pour en savoir plus sur ce lieu précisément : historique, photos, renseignements techniques et géologiques, je vous conseille l'ouvrage de Robert Durand sur les mines et carrières de Savoie. Ce livre a un chapitre consacré à Montricher et Villargondran. C'est un livre que l'on peut trouver en librairie ou sur internet. Lien sur la photo.

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Cette année en Savoie, nous avions programmé un retour sur les ardoisières de Maurienne. Nous avions été en 2007 sur le site de Saint-Julien-Montdenis. Cet endroit nous avait charmé, autant par la magnificence du chemin que par cet aspect préservé, presque figé, des vestiges en galeries. Les ardoisières étaient toutefois très dégradées. Il parait d’ailleurs qu’à ce jour, ça ne s’est pas arrangé. Lors de ce voyage, nous avons eu l’occasion d’accroître les visites, en allant à trois sites de Maurienne complémentaires : Montricher, Villargondran et Saint-Colomban. Un compte-rendu détaillé est donné pour chaque lieu. Pour la prospection, nous nous sommes basés à 100% sur les conseils de Robert Durand, qui a prospecté l’ensemble des gisements.

Montricher-Albanne : Le principal site d’ardoisières se situe au hameau du Bochet, dans la Combe de l’Oula. Les ardoisières les plus basses sont celles dont nous donnons les photos (au dessus de l’altitude 841, dans le lacet). C’est un groupe de 4 ardoisières situées dans une verse de verdoux. Ces ardoisières sont assez petites et très dégradées. Pour ce qui est des 174 et 175, deux ardoisières majeures, elles se situent en falaise dans la Combe de l’Oula. Nous avons essayé d’y accéder par le lacet situé à l’altitude 1378. Il s’avère que les difficultés d’accès sont extrêmes. De ce fait, nous n’avons pas pu accéder à ces lieux, pourtant réputés très intéressants.

Villargondran : Il y existe trois principaux gisements d’ardoisières, ce sont l’Allogneraie, Menet et la Ravoire. Ces sites ont tous la particularité de se trouver dans des combes fort pentues, passablement ébouleuses et d’une accessibilité parfois compliquée. Nous avons fait l’impasse sur le gisement de Menet, étant donné que d’après le relevé de Robert Durand, ce sont des sites mineurs.

L’Allogneraie : Il s’agit de la partie la plus emblématique des ardoisières du coin. En effet, c’est une falaise schisteuse truffée d’entrées d’ardoisières. Un nombre non négligeable se situe dans une falaise à l’état dégradé. De ce fait, elles sont pour bon nombre inaccessibles. Nous avons prospecté la partie du bas, c'est-à-dire celle la moins difficile à parcourir (et c’est déjà un peu compliqué !). De ce que nous avons trouvé, ce sont de petites ardoisières dont l’état est catastrophique. Les sites aux plus grands développements (de l’ordre de 500 mètres) semblent avoir subi des effondrements massifs : ce sont l’Allogneraie 140 et 141. Cela laisse à penser qu'elles sont fracassées. Le site semble encore (et encore !) avoir souffert.

La Ravoire : C’est le gisement le plus intéressant d’après les prospections de Robert, à l’exception des 174 et 175 dont nous avons parlé. Certaines ardoisières de petit développement possèdent des gravures. D’autres sont plus grandes et comportent encore de l’outillage. Dans la pratique, nous avons buté sur de nettes difficultés. Les ardoisières se situent au sommet d’un assez gros éboulis de verdoux. Ils ne sont pas d’une difficulté insurmontable du point de vue progression. Par contre, le principal des ardoisières se trouve derrière un ressaut rocheux, dont les faces sont assez planes. Avec la pluie, tout devenant très glissant, nous avons dû renoncer.

L’ardoisière principale de la Ravoire est la 129. C’est notre objectif. Cependant, cette 129 a souffert depuis le passage de Robert. Les effondrements qu’il décrit sont devenus un apocalypse de chaos. Je n'ai pas touché le fond... Je me suis arrêté au niveau de la jonction vers le carrel supérieur. Cette visite est un gros stress et les photos en témoignent.

Pour cause de mauvais temps et de difficultés d’accès, nous abandonnons le site.

Saint-Colomban des Villards : Lors de la descente du col du Glandon, nous en profitons pour aller sur le site de Saint-Colomban, connu pour ses ardoisières, au lieu-dit Les Pierres. D’après la documentation de Robert, il y existe trois ardoisières. Le carreau (si l'on peut appeler ça ainsi) a été littéralement ravagé par une énorme coulée de boue et de gravas. Il semble s’agir d’une crue torrentielle.
L’accessibilité de ces sites n’est pas compromise pour autant, mais le paysage est d’une tristesse bien affirmée.

Les ardoisières sont toutes à peu près du même modèle, il s’agit d’un très vaste carrel plus ou moins carré, 20 mètres de long et de large pour 8 mètres de hauteur. Les sites sont très difficiles à photographier.

Montricher


Au loin, au centre de la combe, la grande falaise que l’on voit, c’est
le site des ardoisières de Saint-Julien Montdenis.


François dans la pente des verdoux.


En bas, Les Astres restent au bord de la route pour nous guider, car une fois dans la pente, on ne voit plus rien des entrées, cachées par les monts de verdoux.


Ces entrées restent parfois fameusement difficiles d’accès.


Voici un exemple d’ardoisière, des carrels dans un état assez avancé.


Les parois sont plus que friables !


François dans l’entrée d’une seconde ardoisière.


A l’intérieur, l’état n’est guère plus rassurant.


Il faut passer là dedans… On ne peut pas dire que ça soit grand bonheur.


Le banc est strié de petits carrés, c’est le litage du schiste.


C’est une ardoisière un peu plus grande que les autres.


Il faut passer dans cette chatière peu amène. Dedans, ça souffle très fort.


Dans l’ensemble, les carrels sont si pétés qu’il est dur de retrouver un témoignage des anciennes exploitations.

Villargondran


Les ardoisières sont situées dans cette falaise. Ici c’est l’Allogneraie.
Malgré que la photo soit petite, on voit un peu les trous.


Au bas des verdoux, une entrée d’une petite exploitation.


Les murs très bombés font dire que ça ne va vraiment pas tenir le coup…


Les ardoisières sont dans un état encore pire qu’au Bochet.


C’est si encombré qu’on a peine à imaginer ce que c’était.


On voit tout de même de belles stries sur les anciennes parois de l’exploitation.

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